Diplômé de Telfer en finance et gardien de but des Gee-Gees, Franky Lapenna (B.Com. 2026) a porté les couleurs de l’équipe masculine de hockey de l’Université d’Ottawa au cours des trois dernières saisons. À l’approche de la collation des grades, en juin, il réfléchit aux apprentissages qui ont façonné son parcours, tant comme étudiant-athlète que comme futur entrepreneur.
Le calme au cœur de la tempête
Franky Lapenna a découvert le hockey à l’âge de cinq ans. Un jour, alors que le gardien de son équipe était absent, il s’est porté volontaire pour prendre sa place. Dès cet instant, il a su qu’il avait trouvé sa position. D’un naturel calme, il possède une qualité essentielle pour évoluer devant le filet : la capacité de garder son sang-froid.
« Imaginez qu’au travail, chaque fois que vous commettez une erreur à l’ordinateur, une alarme retentit, des projecteurs se braquent sur vous et tout le monde se met à crier. C’est ça, la vie d’un gardien de but », explique l’athlète. « Rien ne passe jamais inaperçu. »

Même si le rôle de gardien s’accompagne d’une pression immense, Franky Lapenna estime avoir ce qu’il faut pour y faire face : la capacité de prendre des décisions en une fraction de seconde, une grande maîtrise de ses émotions et une imperméabilité au regard des autres.
Ces aptitudes lui seront tout aussi utiles dans un autre domaine qui l’intéresse depuis longtemps : l’entrepreneuriat. À terme, il espère mettre ses compétences au service de l’entreprise familiale.
Un legs familial comme source d’inspiration
Franky a grandi dans un environnement où l’entrepreneuriat faisait partie du quotidien. Fondée en 1951 par son grand-père, puis développée par son père et son oncle, l’entreprise familiale, L.M.L. Paysagiste et Frères inc., est aujourd’hui un chef de file dans l’installation de terrains sportifs synthétiques pour de grands stades de la LCF, de la FIFA, de la MLS et du milieu universitaire.
Cette immersion précoce dans le monde des affaires a fortement influencé son parcours universitaire. Lorsqu’il est arrivé à l’École de gestion Telfer en 2023, il envisageait d’abord d’étudier en gestion. Il a toutefois rapidement réalisé qu’il disposait déjà d’une grande partie de ces connaissances nécessaires grâce à l’expérience acquise auprès de son père.
La finance lui offrait l’occasion d’acquérir une expertise complémentaire. En développant sa maîtrise des outils d’analyse et de la modélisation financière, il pourrait contribuer à l’entreprise familiale d’une manière plus stratégique.
Quand le sport et les études forgent la discipline
Au cours des trois dernières années, Franky a dû concilier le hockey universitaire, des études à temps plein, un emploi étudiant à temps partiel et diverses activités bénévoles. Après avoir évolué dans le hockey junior, où ses cours au choix étaient offerts sous forme de modules en ligne flexibles, il ne s’attendait pas à ce que la structure plus rigoureuse de ses études universitaires lui apporte des outils qui amélioreraient également sa performance sportive.
« Tout est une question d’équilibre, et mon expérience à Telfer m’a appris à mieux le gérer », explique-t-il.

Pour performer comme il se doit sur la glace, Franky devait planifier chacun de ses trimestres, respecter ses échéances et terminer ses travaux importants avant les fins de semaine de compétition. Cette discipline lui permettait d’arriver aux entraînements et aux matchs l’esprit libre.
Et il y a une autre leçon qu’il ne s’attendait pas à tirer : « Aussi comique que ça puisse paraître, il m’arrive de prévoir de ne rien faire du tout certaines journées. Ça me laisse le champ libre pour décrocher et faire les autres choses que j’aime. »
L’esprit Telfer : soutenir les ambitions étudiantes par tous les moyens
Heureusement, Franky a pu compter sur le soutien de la communauté de Telfer tout au long de son parcours. Un professeur a particulièrement marqué son expérience : Shantanu Dutta, qui enseignait la modélisation financière. Franky a dû s’absenter pendant trois semaines pour participer aux Jeux mondiaux universitaires d’hiver de la FISU en janvier, puis pendant trois autres pour la Coupe universitaire U SPORTS en mars. Malgré ces longues absences, il n’a jamais pris de retard dans ses études.
Le professeur Dutta est l’enseignant qui l’a le plus soutenu. Pendant ses déplacements, il a organisé des séances d’apprentissage à distance, l’a aidé à se préparer pour ses examens en pleine période de championnat et s’est assuré qu’il puisse poursuivre ses études tout en visant les plus grands honneurs sur la glace.
« Il m’a demandé si c’était l’un de mes rêves, se souvient le gardien. Je lui ai répondu que oui. Il m’a alors dit : “Dans ce cas, je vais t’aider à y arriver.” »
L’équipe qui a tout changé
Lorsqu’il repense à son passage chez les Gee-Gees, un souvenir s’impose naturellement : la conquête du premier championnat national de hockey masculin de l’histoire du programme, remporté face aux Stingers de Concordia lors de la finale de la Coupe universitaire BioSteel des U SPORTS 2025.
« C’est ce jour-là que je me suis vraiment considéré comme un gagnant », affirme-t-il.
Mais au-delà des trophées et des victoires, ce sont surtout les personnes qui ont marqué son parcours. Vivre avec ses coéquipiers, partager les mêmes défis et bâtir une communauté qui ressemblait davantage à une famille qu’à une simple équipe a rendu son expérience à Telfer inoubliable.

« Je recommande à tous les athlètes universitaires de vivre avec d’autres membres de leur équipe. C’est une excellente façon de créer des liens, de développer des amitiés durables et de bénéficier d’un solide réseau de soutien. »
Le hockey lui a également permis de redonner à sa communauté. À titre d’ambassadeur de l’équipe masculine pour l’initiative Mise au jeu pour le sang, il a organisé des collectes de sang aux côtés de Charley Healey, ambassadrice de l’équipe féminine, mobilisant des joueuses et joueurs des deux programmes autour de cette cause. Ironiquement, Franky a une peur bleue des aiguilles. Cela ne l’a toutefois jamais empêché de retrousser ses manches, même s’il lui arrivait parfois de perdre connaissance dans le fauteuil, puisqu’il refusait de demander aux autres de faire quelque chose qu’il n’était pas prêt à faire lui-même.
Les conseils de Franky aux étudiantes et étudiants
Maintenant diplômé, Franky prend un moment pour réfléchir aux leçons qu’il retient de son passage à l’École de gestion Telfer et chez les Gee-Gees.
Son premier conseil aux étudiantes et étudiants, surtout s’ils pratiquent un sport de haut niveau : s’organiser dès le départ.
Selon lui, il est essentiel de consulter les plans de cours en amont, de rencontrer ses professeures et professeurs rapidement et de leur expliquer les réalités liées à la conciliation des études et du sport. Ces échanges permettent d’établir une relation de confiance et ouvrent souvent la porte à un soutien plus important que l’on pourrait imaginer.
La clé du succès réside ensuite dans la planification. Franky recommande de dresser d’entrée de jeu un portrait complet du trimestre comprenant les matchs, entraînements, examens, travaux et autres échéances. En gardant une longueur d’avance de quelques semaines, il devenait plus facile de se consacrer pleinement au hockey pendant les périodes de compétition et de se concentrer entièrement sur les études lorsqu’il était en classe.

Cette approche ne s’applique d’ailleurs pas qu’au sport. Que l’on jongle avec un emploi, des responsabilités personnelles ou d’autres engagements, l’important est de trouver une routine adaptée à sa réalité et de se laisser suffisamment d’espace pour évoluer, apprendre et profiter pleinement de l’expérience universitaire.
Et maintenant?
Diplôme en poche, Franky entend poursuivre sur sa lancée. Au cours de la prochaine année, il prévoit d'entreprendre son parcours vers le titre d’analyste financier agréé (CFA) tout en poursuivant sa carrière au hockey professionnel.
Il abordera cette nouvelle étape avec la même discipline et la même détermination qui ont marqué son parcours à l’Université d’Ottawa, guidé par une philosophie qu’il garde toujours en tête : « La façon dont on fait une chose est souvent révélatrice de la façon dont on fait tout le reste. »

Cet article a été rédigé par Zain Ibrahim.
Zain Ibrahim en est à sa troisième année en marketing à l’École de gestion Telfer. Dans le cadre du régime coop, elle travaille comme adjointe aux communications et aux projets spéciaux au sein des équipes responsables de l’engagement et du développement à Telfer.

