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Carrefour du savoir Telfer

Des technologies de la santé adaptées aux réalités du terrain : rencontre avec la nouvelle professeure Marta Kersten-Oertel


un médecin utilisant un appareil doté d'intelligence artificielle pour opérer un patient

Marta Kersten-Oertel s’est jointe cet été à l’École de gestion Telfer à titre de professeure agrégée en analytique d’affaires et systèmes d’information. Ses travaux portent sur l’intelligence artificielle, la réalité étendue et les technologies de la santé qui facilitent la prise de décision clinique et les soins à la patientèle. Nous nous sommes entretenus avec elle pour en apprendre davantage sur ses intérêts de recherche et sur le rôle que peut jouer l’innovation numérique dans l’avenir des soins de santé.

Pourquoi avez-vous choisi d’étudier l’analytique de gestion et les systèmes
Marta Kersten-Oertel
d’information? Votre intérêt professionnel cache-t-il un intérêt personnel pour ce domaine?

J’ai une formation en informatique et en génie biomédical, mais je m’intéresse depuis toujours à ce qui se passe quand la technologie est confrontée aux réalités du terrain. En travaillant avec des cliniciennes et cliniciens, j’ai voulu mieux comprendre pourquoi certaines technologies prometteuses finissent par être utilisées dans les milieux de soin, alors que d’autres n’y arrivent jamais. C’est ce qui m’a amenée à m’intéresser aux interactions avec l’IA et les technologies de santé numérique, et aux moyens de véritablement mettre l’innovation au service des patientes, des patients et des prestataires de soins.

En quoi vos études doctorales vous ont-elles préparée à vos recherches actuelles?

Ma thèse de doctorat portait sur le développement de technologies de réalité augmentée en neurochirurgie. Mon travail aux côtés de neurochirurgiennes et neurochirurgiens m’a fait comprendre qu’aussi perfectionné soit-il, un système n’aura de véritable utilité que s’il répond aux besoins des personnes qui l’utilisent et qu’il s’intègre aux réalités de la pratique clinique. Cette expérience continue d’influencer mes recherches, qu’il s’agisse de la mise au point de nouvelles technologies d’IA et de santé numérique ou des moyens de les intégrer efficacement à la pratique.

Quels nouveaux faits saillants de vos recherches aimeriez-vous nous présenter? Y a-t-il de nouveaux projets qui vous enthousiasment particulièrement?

Je suis particulièrement enthousiaste à l’idée de développer des technologies de santé numérique accessibles qui permettront d’offrir des soins de pointe ailleurs que dans des hôpitaux spécialisés, par exemple au chevet des personnes, dans les régions éloignées ou dans les milieux où les ressources sont limitées. L’un de nos projets en cours combine la réalité augmentée sur des appareils mobiles d’usage courant et des appareils d’échographie portatifs abordables pour guider la pose d’un cathéter cérébral pouvant sauver des vies. De façon plus générale, nous étudions comment les technologies émergentes peuvent améliorer l’accès aux soins de pointe, tout en étant pratiques, abordables et faciles à intégrer à la pratique clinique.

Quelle est l’incidence de vos recherches sur les milieux d’affaires au Canada?

Le Canada excelle en recherche dans les domaines de la santé et de l’IA, mais il demeure difficile de transformer des technologies prometteuses en solutions largement adoptées. Mes travaux portent sur cet écart entre la recherche et la pratique : je cherche à comprendre comment concevoir des technologies qui répondent aux besoins des personnes qui les utilisent et quels facteurs favorisent leur adoption. Les résultats de mes travaux peuvent aider les entreprises de technologies de la santé, les organismes de santé ainsi que les milieux cliniques et de l’innovation à mettre au point des solutions faciles à utiliser, déployables à grande échelle et porteuses de retombées concrètes.

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