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Carrefour du savoir Telfer

Trouver l’équilibre entre algorithmes et relations humaines : rencontre avec Simon Altmejd, nouveau professeur à Telfer


groupe de personne travaille ensemble

Simon Altmejd a été embauché cet été à titre de professeur adjoint en gestion à Telfer. Ses travaux de recherche portent sur la manière dont les algorithmes et l’intelligence artificielle influencent les relations organisationnelles, les connaissances et les mécanismes de contrôle. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur ses champs de recherche. 

Pourquoi avez-vous choisi d’étudier les enjeux de gestion? Quelles ont été vos motivations personnelles?  

Avant de me lancer dans une carrière universitaire, j’ai travaillé dans le domaine de l’innovation technologique comme ingénieur et consultant. Même si j’appréciais le dynamisme et la créativité qu’offrait ce parcours, je m’interrogeais sur l’effet des innovations numériques sur les relations au sein des organisations. Aujourd’hui, je cherche à comprendre comment les technologies émergentes peuvent soutenir les organisations tout en préservant la qualité des relations humaines. Au fond, il s’agit d’une question de gestion. 

En quoi vos études doctorales vous ont-elles préparé à vos recherches actuelles?  

Pendant mon doctorat, j’ai mené des recherches dans une grande entreprise de camionnage présente dans les régions rurales de l’Ontario et du Québec. Sous la pression du virage numérique, l’organisation cherchait également à préserver ses liens avec les collectivités locales, qui constituaient son principal avantage concurrentiel. En travaillant comme manutentionnaire et en côtoyant au quotidien des camionneurs, des répartitrices et des gestionnaires, j’ai vu de près comment la technologie peut engendrer des formes de contrôle dystopiques, comme celles parfois observées dans les entrepôts d’Amazon. J’ai également vu comment elle peut être conçue pour rapprocher les gens et contribuer à la cohésion des collectivités. 

Quels sont les projets qui vous enthousiasment le plus en ce moment? 

Mes prochains projets porteront sur la manière dont les professionnelles et professionnels de la santé et les scientifiques de l’IA collaborent à la production de connaissances, ainsi que sur le rôle que peuvent jouer les algorithmes pour améliorer les services de soins à domicile au Canada.  

En somme, je m’intéresse particulièrement aux relations entre les différents acteurs et à la manière dont les technologies émergentes modifient ces relations, avec des répercussions sur le travail, la production des connaissances et le sens que nous donnons à nos activités.  

À l’ère des agents d’IA, ces questions sont plus importantes que jamais. Je m’intéresse donc également aux méthodes qualitatives qui permettent d’observer la collaboration entre les agents d’IA et les humains dans des environnements de travail complexes.  

Quelle est l’incidence de vos recherches sur les milieux d’affaires au Canada?  

Mes travaux peuvent aider les gestionnaires, les responsables communautaires et les organismes de proximité à mieux comprendre comment les technologies numériques transforment les relations entre différents groupes, et comment les concevoir et les encadrer de manière à renforcer ces relations plutôt qu’à les fragiliser.  

Par exemple, dans l’entreprise de camionnage que j’ai étudiée, j’ai observé de fréquentes collaborations entre le personnel des quais de chargement et le personnel administratif. Bien que ces personnes aient des parcours différents et ne soient pas nécessairement du même âge, du même genre ou de la même culture, ces collaborations renforçaient souvent les relations humaines tout en créant de la valeur pour l’organisation. Selon mes observations, ces résultats positifs reposaient sur un sentiment partagé de responsabilité et d’interdépendance, ce que l’on pourrait appeler une « communauté morale » (moral commonwealth).   

Ces constats sont particulièrement pertinents pour les collectivités rurales, les services de santé et les organismes sans but lucratif du Canada, qui sont parmi les plus vulnérables aux perturbations numériques. 

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