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Carrefour du savoir Telfer

Quand les risques environnementaux influencent les décisions financières, avec la nouvelle professeure Sijia Fan


marée noire

Sijia Fan a intégré l’École Telfer en 2026 à titre de professeure adjointe en comptabilité et en gestion. Ses recherches portent sur les façons dont les investisseurs et les entreprises répondent aux nouveaux risques environnementaux et sur l’incidence de ces réponses sur les décisions financières et les effets du marché. Nous nous sommes entretenus avec elle pour en apprendre davantage sur ses intérêts de recherche.

Pourquoi avez-vous choisi d’étudier en comptabilité et en finance? Votre intérêt professionnel cache-t-il un intérêt personnel pour ce domaine?

Très tôt, je me suis intéressée à la façon dont les décisions économiques influencent le monde qui nous entoure. Pendant mes études universitaires, le déversement de pétrole de BP m’a inspiré une thèse de premier cycle sur les répercussions des catastrophes environnementales sur les entreprises et les marchés financiers. Les effets durables que peuvent avoir les grands événements perturbateurs sur les entreprises et les investisseurs ont alors commencé à me fasciner, et cette expérience m’a donné envie d’étudier les réponses de ces derniers aux risques environnementaux.

En quoi vos études doctorales vous ont-elles préparé à vos recherches actuelles?

Pendant mon doctorat, je me suis intéressée de plus en plus aux raisons pour lesquelles un même événement perturbateur peut avoir des répercussions très différentes d’une entreprise à l’autre. Au fil de mes recherches, j’ai appris à combiner des données financières avec des renseignements sur les régions où les entreprises exercent leurs activités, sur leur couverture d’assurance et sur l’information qu’elles communiquent aux investisseurs, notamment dans le cadre de mes travaux portant sur des entreprises qui se remettaient de grandes inondations. C’est ce qui a orienté mes recherches : je veux comprendre non seulement ce qui se passe sur les marchés financiers, mais aussi ce que ces changements signifient pour les entreprises et les collectivités.

Avez-vous de nouveaux résultats à nous présenter? Y a-t-il des publications à venir ou de nouveaux projets qui vous enthousiasment particulièrement?

Un projet qui m’enthousiasme particulièrement en ce moment porte[ÉL1.1] sur la façon dont les entreprises communiquent aux investisseurs les risques liés à la biodiversité. Nous faisons une distinction entre les entreprises qui reconnaissent explicitement ces risques et celles qui les reconnaissent de façon implicite dans leurs états financiers. Nos travaux montrent que les investisseurs réagissent davantage à l’information sur les risques qui ressort indirectement des états financiers, car elle peut constituer un signe précurseur de problèmes émergents. Les entreprises ont toutefois tendance à parler ouvertement de ces risques seulement lorsqu’ils deviennent plus évidents. Ces résultats montrent que le moment choisi pour communiquer l’information et la manière de le faire influencent l’interprétation que les marchés font des risques liés à la biodiversité.

Quelle est l’incidence de vos recherches sur les milieux d’affaires au Canada?

Mes recherches peuvent aider les entreprises canadiennes à mieux comprendre les nouveaux risques environnementaux et à s’y préparer. En examinant comment les entreprises se relèvent de catastrophes, divulguent l’information sur les risques environnementaux et répondent aux attentes des investisseurs, j’espère dégager des pistes de réflexion utiles pour les chefs d’entreprise, les investisseurs et les décisionnaires. Ces pistes peuvent éclairer les décisions liées à la gestion des risques, à la communication de l’information et aux investissements, tout en aidant les entreprises à renforcer leur résilience dans un monde où les risques environnementaux occupent une place de plus en plus importante dans les orientations financières et opérationnelles.

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