Les technologies de l’information (TI) transforment notre façon de travailler et de faire des affaires. Si de plus en plus d’organisations se tournent vers des outils numériques pour gagner en productivité et devenir plus concurrentielles, la transformation numérique peut être coûteuse, tant en ressources financières et humaines qu’en perte de productivité. L’accès aux capitaux, la gestion des risques, l’adaptabilité de la main-d’œuvre et la réglementation sectorielle comptent parmi les nombreux facteurs qui influencent la décision d’une entreprise d’adopter de nouvelles TI. Or, qu’en est-il des politiques d’immigration? C’est justement ce que cherche à déterminer la professeure TieMei Li.
Grâce au programme de subventions de recherche de l’École de gestion, la professeure Li a reçu une subvention de développement de la recherche pour son projet intitulé « Do Immigration Policies Affect Information Technology Adoption? ».
Le projet propose de comparer le programme canadien de résidence permanente au programme américain de visas H-1B pour les travailleuses et travailleurs temporaires afin de déterminer si les politiques d’immigration des deux pays ont une incidence sur l’adoption de TI par les entreprises. Le programme canadien a toujours été relativement ouvert et accessible, alors que celui des États-Unis est nettement plus restrictif; il en résulte une offre de main-d’œuvre différente dans chaque pays.
Par exemple, le programme H-1B cible des spécialistes dans des domaines précis, notamment les TI. Au Canada, les politiques d’immigration permettent plutôt aux entreprises, en particulier aux petites et moyennes entreprises, de puiser dans un bassin de main-d’œuvre plus vaste. Un article de The Economist, qui aborde entre autres les politiques d’immigration sous le gouvernement de Justin Trudeau, fait écho à cette idée. Dans ce contexte, les entreprises sont-elles plus ou moins enclines à adopter de nouvelles technologies?
La réponse de la professeure Li à cette question permettra de mieux comprendre comment les effets de l’immigration sur l’offre de main-d’œuvre influencent l’adoption des technologies, en particulier dans les petites et moyennes entreprises, qui occupent une place importante dans l’économie canadienne. Selon elle, le Canada demeure aux prises avec une faible productivité et un manque d’investissement dans les technologies. Or, puisque l’investissement technologique est essentiel aux gains de productivité, il importe de déterminer si l’accès à une main-d’œuvre abondante grâce aux politiques d’immigration plus ouvertes incite les entreprises à privilégier la main-d’œuvre au détriment des investissements dans leur transformation numérique.
Les résultats de ses travaux intéresseront certainement les décisionnaires des gouvernements fédéral et provinciaux, les organismes de développement économique et d’innovation ainsi que les chercheuses et les chercheurs en économie, en politiques publiques, en gestion et en études sur le travail.

