MBA pour cadres : le projet qui a changé le cours d’une carrière
En s’inscrivant au MBA pour cadres de l’École de gestion Telfer à l’Université d’Ottawa, Louis Gagnon était loin d’imaginer que l’un des six projets de consultation du programme transformerait sa carrière.
Après neuf ans à la Banque Royale, Louis Gagnon avait intégré le cabinet de courtage en assurance de son beau-père. C’était une période particulièrement chargée, tant sur le plan personnel que professionnel : en plus de devoir s’initier à un tout nouveau secteur d’activités, il avait décidé d’entreprendre un MBA pour cadres et venait d’avoir son premier enfant, un fils. « Je n’avais pas le temps de m’ennuyer », se rappelle-t-il en riant.
Ce n’était toutefois pas le diplôme lui-même qui l’intéressait. Issu d’une famille de pédagogues, il avait toujours aimé apprendre et rêvait d’étudier au doctorat pour devenir professeur. Il possédait déjà une solide expertise en finance, mais souhaitait élargir ses connaissances en gestion dans un contexte universitaire. Il ne se doutait pas que sa décision donnerait naissance à un projet qui allait changer sa vie.
La solution à un défi bien réel
Au début des années 1990, le secteur de l’assurance était en pleine restructuration. Les cabinets de courtage rachetaient leurs concurrents, et l’entreprise familiale où Louis Gagnon travaillait ne faisait pas exception. Pour son projet individuel de consultation dans le cadre du MBA, il s’est attaqué à une question qui revenait au travail : comment établir la valeur d’un cabinet de courtage en assurance?
Il a donc élaboré un modèle d’évaluation financière reposant sur des variables clés, suffisamment pratique pour que les décisionnaires veuillent l’utiliser. Le projet a obtenu une excellente note, mais il n’avait pas l’intention d’en rester là. « Je voulais savoir ce que d’autres compagnies d’assurance en pensaient », explique-t-il. Il a donc envoyé sa dissertation aux têtes dirigeantes de trois grandes compagnies d’assurance canadiennes pour obtenir leur avis.
Un coup de téléphone déterminant
Deux compagnies ne lui ont jamais répondu. La troisième, ING, ne s’est pas donné la peine d’envoyer de lettre; le chef de la direction a plutôt appelé Louis Gagnon directement pour fixer une rencontre. Le projet avait retenu son attention, et il souhaitait en savoir plus. L’échange a marqué le début d’une longue relation professionnelle, qui a notamment fourni à l’homme les fonds nécessaires pour acquérir d’autres cabinets et faire prospérer son entreprise. Quatorze ans plus tard, le téléphone sonnait à nouveau. Cette fois, il n’était plus question de son projet : ING lui offrait un emploi.
Louis GagnonD’entrepreneur à chef de file
Après 14 ans comme courtier d’assurance, Louis Gagnon a décidé de vendre son entreprise pour étudier au doctorat en comportement organisationnel. Au même moment, ING lui proposait un poste de haute direction; une occasion qu’il ne pouvait laisser passer. Il a donc finalisé la vente de son entreprise, a mis de côté son projet de doctorat et s’est joint à ING, où il a intégré la petite équipe de direction chargée d’assurer la transition vers l’actuelle Intact Assurance. « C’était une expérience unique, qui m’a permis de mettre en pratique bien des connaissances acquises durant le MBA pour cadres », se remémore-t-il.
Mais il ne s’est pas arrêté là. Après avoir été premier vice-président pour le Québec, il est devenu président d’Intact Assurance et a commencé à superviser le réseau de courtage, lequel représentait alors près de 80 % des activités de la compagnie. Après l’acquisition de RSA par Intact en 2020, Louis Gagnon a été nommé chef de la direction des opérations canadiennes.
Aujourd’hui, il estime que tout a commencé avec son projet de MBA pour cadres.
Au-delà de la finance
Mais le projet lui a offert bien plus que des occasions de carrière, croit Louis Gagnon. Son professeur de stratégie, entre autres, invitait sa classe à débattre de questions d’affaires complexes. « Ces échanges étaient particulièrement révélateurs, et j’en garde un excellent souvenir. On sortait toujours de classe avec l’impression de mieux comprendre le monde, de mieux saisir toute la complexité du processus décisionnel et de la réflexion stratégique. »
Il estime également que le cours sur les comportements organisationnels a changé sa vision du leadership. Sa formation en finance l’avait peu formé sur le sujet; le cours lui a appris l’importance d’affecter les bonnes personnes aux bons postes et de tirer parti de la diversité des personnalités et des perspectives.
Son équipe de MBA pour cadres reflétait d’ailleurs une belle diversité : les membres venaient de la fonction publique, des forces aériennes, du secteur privé et d’autres milieux, ce qui lui a fait découvrir des façons de penser auxquelles il n’aurait probablement jamais été exposé autrement. « Ça m’a fait comprendre la valeur des points de vue divergents », observe-t-il.
Un projet qui perdure
Fait singulier, le projet de MBA pour cadres de Louis Gagnon n’a jamais vraiment pris fin. « Ma carrière comme chef de la direction d’Intact Assurance est née de ma dissertation écrite des années auparavant. C’est ce projet qui m’a mis en contact avec les chefs de direction de compagnies d’assurance, et qui m’a amené à tisser une relation avec ING, devenue Intact Assurance. Et vous savez quoi? Encore aujourd’hui, l’entreprise utilise mon modèle pour évaluer les cabinets de courtage. »
Et qu’est-il advenu de son rêve de décrocher un doctorat? Il s’avère qu’en juin 2026, l’Université d’Ottawa a décerné à Louis Gagnon un doctorat honorifique en reconnaissance de ses réalisations, de son apport au milieu des affaires et de son rôle de modèle pour la relève. On ne pourrait rêver d’une meilleure conclusion!
Au sujet de l'autrice ou de l'auteur — Jennifer Hyland
Jennifer est chargée d’établir et d’entretenir le lien entre le programme de MBA pour cadres et ses diplômées et diplômés de multiples façons : création de possibilités de réseautage, aide à la recherche d’emploi, promotion de la participation, mise à jour de la base de données, communications et aide à la planification et au déroulement des activités destinées à la communauté diplômée. Elle travaille également avec la direction sur des projets spéciaux, en plus d’organiser la collation des grades et de gérer le programme de recommandation du MBA pour cadres de Telfer. Diplômée de l’Université d’Ottawa, elle détient un baccalauréat ès arts spécialisé en English avec une mineure en théâtre ainsi qu’un baccalauréat en éducation.
Argiro Kliaminakis, professeure à Telfer, obtient une subvention pour étudier la perception qu’a le public des entreprises qui utilisent la publicité générée par l’IA.
Partout au Canada, des organismes sportifs servent de piliers à la vie communautaire. Ils gèrent des ligues de hockey, des programmes de natation et des initiatives visant à promouvoir l’activité physique chez les jeunes, et permettent ainsi à des millions de personnes de rester actives et de tisser des liens entre elles.