Dans un monde de plus en plus incertain, marqué par les changements climatiques, l’instabilité géopolitique et d’autres bouleversements, il devient beaucoup plus difficile pour les organisations et les gouvernements de prendre des décisions efficaces à long terme. Lorsqu’on réfléchit collectivement à différents avenirs possibles, des biais cognitifs peuvent influencer l’interprétation de l’information, l’évaluation des risques et l’élaboration de scénarios.
Maryam Mahmoudi Mesineh, étudiante au doctorat en gestion à l’École de gestion Telfer, analyse l’influence de ces biais sur l’élaboration collective de scénarios ainsi que les moyens de les atténuer. À l’aide du traitement automatique des langues – une forme d’intelligence artificielle qui permet aux ordinateurs d’analyser le langage humain –, elle cherche plus précisément à déterminer leur incidence sur les résultats des démarches collectives de prospective. Imaginons, par exemple, un groupe de fonctionnaires qui élabore des scénarios sur les transformations que l’IA pourrait entraîner sur le marché du travail canadien dans les 20 prochaines années. Au cours de leurs discussions, les fonctionnaires pourraient se concentrer principalement sur les possibilités économiques associées à l’IA, comme les gains de productivité et la croissance, au détriment d’enjeux potentiels, comme les pertes d’emplois, l’accentuation des inégalités ou la requalification de la main-d’œuvre.
Les travaux de Maryam Mahmoudi Mesineh sont susceptibles de favoriser des approches plus inclusives et fiables pour aider les organisations et les gouvernements à prendre des décisions à long terme face à des défis complexes.
Ses recherches lui ont valu la prestigieuse Bourse d’études supérieures en recherche du Canada au niveau du doctorat du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH). Elle est la première étudiante internationale de l’École de gestion Telfer à obtenir cette distinction.
L’obtention de cette bourse revêt une importance toute particulière pour la doctorante spécialisée en stratégie et organisation, qui a entrepris son doctorat en gestion à Telfer en 2023 comme étudiante internationale. Elle a d’abord hésité à présenter sa candidature en raison de la forte concurrence. « L’obtention de cette bourse a donc été une très heureuse surprise », confie-t-elle.
Les encouragements de la professeure Daina Mazutis et du professeur Jose-Carlos Marques, qui dirigent ses travaux, de même que ceux de la communauté de Telfer l’ont aidée à prendre confiance en elle et à bonifier son dossier de candidature. Elle remercie particulièrement Shirin Biglari, doctorante à Telfer, qui lui a fait part de son expérience et lui a donné des commentaires sur sa proposition lors d’un atelier offert par le Bureau de la recherche.
De cette expérience, la doctorante retient avant tout qu’il ne faut pas présumer d’emblée qu’une possibilité est hors de portée sous prétexte qu’elle est très convoitée. Elle encourage les étudiantes et étudiants, y compris ceux de l’étranger, à ne pas se laisser décourager par une forte concurrence : on a parfois plus de chances qu’on ne le croit!
La doctorante recommande de commencer tôt, de solliciter des commentaires, d’utiliser les ressources disponibles et de ne pas hésiter à retravailler son dossier. Surtout, elle les encourage à se donner la chance de poser leur candidature.

