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Carrefour du savoir Telfer

Le mois des ODD 2026 : Un type d’espoir que l'on construis


Un grand groupe d’étudiants se tient sur scène en tenant des cubes colorés des Objectifs de développement durable lors d’un événement « Team Feud », posant ensemble devant un écran.

Il y a, dans une année, des moments où un campus change de rythme. Pas nécessairement plus bruyant, ni plus occupé, mais simplement plus vivant. Le mois de mars a été de ceux-là cette année.

Pour la première fois, le Réseau de Solutions pour le Développement Durable (SDSN) a élargi la Semaine des ODD pour en faire un Mois des ODD à l’échelle des collèges et universités canadiennes. À l’Université d’Ottawa, cette évolution s’est traduite par plus de 30 événements, ateliers et expériences.

Quatre mois ont été nécessaires pour le construire. Des centaines de personnes ont contribué à le porter. Et au final, plus de 1 000 participants y ont pris part, générant plus de 2 000 interactions sur le campus, ainsi qu’une communauté numérique en pleine croissance avec plus de 73 000 vues en seulement 30 jours via @TelferSustainability.

Cette année a également marqué le lancement des badges LinkedIn du Mois des ODD, une initiative qui reconnaît l’engagement étudiant non seulement par la présence, mais par l’action. Plus de 300 étudiant.e.s ont reçu un certificat de participation. Plus de 40 ont été reconnus comme leaders en durabilité. Et plus de 12 se sont distingués comme véritables catalyseurs de changement des ODD, en allant bien au-delà de la simple participation pour s’investir pleinement dans l’expérience.

Mais les chiffres ne racontent pas toute l’histoire. Ce qui s’est passé en mars dépasse largement les données.

Voir le monde, avec une touche d’art

Des étudiant.e.s visitent une exposition artistique sur le campus, observant des portraits illustrés et des panneaux de photographies, dans un espace intérieur de type galerie.

Tout au long du mois, des étudiant.e.s ont franchi les portes de l’exposition artistique À travers mes Yeux de l’EUMC , présentée au salon étudiant Jock Turcot. Ils y ont découvert le monde à travers les expériences vécues d’artistes du Canada, du Ghana et du Malawi des récits de déplacement, de résilience, d’identité et d’espoir. À travers les 17 Objectifs de développement durable, l’exposition a offert quelque chose de rare dans un contexte universitaire : l’occasion de ralentir, de ressentir, et d’accueillir la complexité.

Et ce ton à la fois réfléchi, profondément humain et ancré dans le réel a imprégné tout ce qui a suivi.

Repenser une carrière, le sens et l’avenir

Le 11 mars, plus de 100 étudiant.e.s ont pris part à une discussion en ligne sur les carrières durables avec Mike Gerbis, animée par Carla de Ciccio. Ancien fondateur et PDG du Delphi Group, aujourd’hui coach exécutif chez The Executive Committee (TEC Canada), Gerbis cumule plus de 30 ans d’expérience en conseil en durabilité et en développement du leadership. Mais au-delà de son parcours, c’est sa franchise qui a marqué les esprits. Que signifie réellement bâtir une carrière en durabilité ? Quelles compétences sont essentielles ? Quels compromis faut-il accepter ? Et à quoi ressemble la résilience dans un monde incertain? Carla de Ciccio, diplômée de Telfer et directrice marketing chez Growcer, a ancré la discussion dans le concret. En reliant les apprentissages académiques aux réalités du terrain, elle a permis de rapprocher ces réflexions du quotidien des étudiant.e.s, leur offrant une vision claire, tangible et accessible des carrières en durabilité.

Regarder la conversation ici

Un campus transformé en laboratoire vivant

Deux étudiantes sourient en tenant un grand cercle des Objectifs de développement durable (ODD), devant des cubes colorés illustrant des objectifs comme l’éducation de qualité, l’égalité des genres et les villes durables.

À la mi-mars, le pavillons Desmarais ne se limitait plus à accueillir des étudiant.e.s pressés entre deux cours, il devenait un espace où l’on choisissait de s’arrêter. De rester. De s’engager. Des kiosques bordaient les corridors, mais ce qui marquait vraiment, ce n’était pas l’installation, c’était l’énergie. Des groupes se formaient autour des cubes des ODD, des conversations prenaient vie, des idées se confrontaient. On posait des questions auxquelles on n’avait jamais pensé auparavant.

Les Objectifs de développement durable, souvent perçus comme lointains ou abstraits, prenaient une toute autre dimension : concrète, accessible, ancrée dans les choix du quotidien.

À travers le campus, le Carrefour de l’Entreprenariat lançait sa Chasse au trésor en durabilité, un défi interactif d’une semaine invitant les étudiant.e.s à explorer les ODD à travers leur propre environnement. À mi-chemin entre curiosité, découverte et réflexion, l’initiative transformait le campus en une cartographie vivante de systèmes cachés, d’espaces négligés et de nouvelles façons de voir.

Des étudiants échangent à une table d’information sur le campus, consultent des documents et posent des questions pendant qu’un membre du personnel les accompagne, avec du matériel lié aux ODD visible.

Au kiosque des ODD du gouvernement du Canada, animé par des représentants de l’Emploi et développement social Canada, ces échanges prenaient encore plus d’ampleur. La curiosité laissait place à la compréhension, en reliant des cadres politiques globaux, comme le Programme 2030, à des initiatives concrètes qui façonnent les communautés à travers le pays.

Puis, place aux compétitions.

Apprendre en faisant (et en redonnant)

Cinq ateliers sous forme de défis ont invité les étudiant.e.s à s’attaquer à des enjeux réels, des politiques de transport à la conception circulaire. Mais cette année, gagner signifiait davantage.

Chaque équipe gagnante a reçu un prix en argent, jumelé à un don versé à un organisme de leur choix. Parce que l’impact, ici, n’a jamais été conçu pour s’arrêter aux portes de la salle de classe. Gagner ensemble. Redonner ensemble.

Imaginer ce qui n’existe pas encore

Lors de la journée Imaginons, le 16 mars, le professeur Mathieu Bouchard a posé une question simple aux étudiant.e.s : et si la mobilité était différente ?

Ce qui a suivi était à la fois concret, ambitieux et profondément ancré dans une logique de pensée systémique. Les étudiant.e.s ont dépassé les comportements individuels pour réfléchir aux infrastructures, à l’accessibilité et au rôle des communautés. Le transport n’était plus perçu comme un système figé, mais comme quelque chose que l’on peut activement repenser et transformer.

Un groupe d’étudiants présente sur scène, avec une étudiante parlant au micro tandis que les autres se tiennent à côté d’un panneau d’affichage, devant de grands cubes des ODD illustrant des objectifs comme l’éducation de qualité et l’égalité des genres.

Parmi les idées proposées, l’une s’est démarquée en remportant la compétition : la Bibliothèque de vélos d’Ottawa, un espace communautaire dédié à la location de vélos, aux réparations, aux ateliers et aux partenariats locaux. Bien plus qu’un simple service, cette initiative proposait une nouvelle façon d’accéder à la mobilité et de s’y relier : plus inclusive, plus accessible, et pleinement intégrée au quotidien.

Pour Hadeel Youssef, membre de l’équipe gagnante, l’expérience allait bien au-delà de l’idée elle-même :

« En tant qu’étudiant.e.s, nous avons une voix puissante et des idées fortes. Un événement comme celui-ci peut sembler pas grand chose, mais ce sont ces conversations et ces expériences qui nous donnent la confiance, les connaissances et les connexions nécessaires pour réellement passer à l’action. »

Ce n’était pas seulement un concept solide. C’était un aperçu de ce qui devient possible lorsque les étudiant.e.s réalisent que leurs idées ne se limitent pas à la salle de classe, elles peuvent façonner le monde au-delà.

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Faire face à la complexité, sans détour

Lors de la journée Repensons, le 17 mars, les étudiant.e.s ont été plongés au cœur de l’une des transitions les plus complexes de notre époque : l’électrification du système de transport au Canada.

Des étudiants sont assis autour de tables rondes et écoutent un intervenant au pupitre lors d’un événement sur le campus, avec de grands cubes des Objectifs de développement durable (ODD) en arrière-plan.

La séance s’est ouverte avec un mot du doyen de Telfer, Stéphane Brutus, dont la présence a donné le ton à la fois chaleureuse et intentionnelle.

Guidés par Raymond Leury, président-directeur général du Conseil des véhicules électriques d’Ottawa, et la professeure Sharon O'Sullivan, les étudiant.e.s ont été invités à relever un défi que les décideurs publics et les leaders de l’industrie peinent encore à résoudre : concevoir un ensemble cohérent de politiques publiques capables d’accélérer l’adoption des véhicules électriques, tout en protégeant les emplois au Canada et en renforçant les chaînes d’approvisionnement nationales.

Ils ont dû penser en systèmes, fabrication, minéraux critiques, infrastructures de recharge, incitatifs aux consommateurs, commerce, transition de la main-d’œuvre, accessibilité.

Et ils ont relevé le défi.

Parmi les équipes, l’une s’est distinguée par sa capacité à embrasser cette complexité plutôt que de la simplifier. Le groupe 11, composé de Justin Lazare, Tony Villiatchko, Shanvir Betchoo, Shuao Su, Nudish Radhoa, Jimmy Côté, Jacob Boyer et Felix Cuillerier Charbonneau, a élaboré une proposition alliant ambition et réalisme économique, en abordant les contraintes d’approvisionnement tout en projetant le Canada vers l’avant.

Ce qui a rendu l’expérience particulièrement marquante ne résidait pas uniquement dans le résultat, mais dans les échanges entre celles et ceux qui façonnent l’avenir et celles et ceux qui s’apprêtent à en hériter.

Une étudiante parle au micro derrière un pupitre lors d’un événement sur le campus, tandis que ses coéquipiers se tiennent à ses côtés devant de grands cubes des Objectifs de développement durable (ODD).

« C’est exactement pour cela que ces espaces sont essentiels », a souligné Leury. « Quand on invite les étudiant.e.s à prendre part à ces conversations, on ne se contente pas de leur enseigner, on apprend avec eux, comme membres d’une même communauté. Certaines de ces idées méritent d’aller plus loin, et plusieurs le feront. J’ai bien l’intention de les intégrer à de véritables discussions politiques. »

Pour la professeure O’Sullivan, cette séance révélait quelque chose de plus fondamental sur le rôle de l’éducation aujourd’hui :

« Nous avons la responsabilité de créer des environnements d’apprentissage qui permettent aux étudiant.e.s de naviguer dans la complexité, de questionner ce qu’ils entendent et de développer la confiance nécessaire pour construire leur propre réflexion éclairée. C’est ainsi que l’on passe de la prise de conscience à l’action.»

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Quand l’apprentissage devient concret

Un large public d’étudiants est assis autour de tables rondes dans une salle, écoutant un intervenant sur scène devant un grand écran lors d’un événement sur le campus.

Le 18 mars, lors de la journée Créons, le Mois des ODD a pris une forme tangible. En partenariat avec le Club de surcyclage, les étudiant.e.s se sont réunis pour un atelier pratique : Construisez votre propre nichoir. Ce qui devait être une activité bien fréquentée s’est rapidement transformé en tout autre chose. La salle était comble. Pas seulement pleine, débordante. L’une des plus grandes salles du campus, la salle Huguette Labelle à Tabaret, s’est remplie d’étudiant.e.s prêts à tenter quelque chose que beaucoup n’avaient jamais fait auparavant.

Un groupe d’étudiants est assis autour d’une table, souriant et travaillant avec des matériaux en bois lors d’un atelier pratique, avec des outils et des pièces de bois disposés devant eux.

Des marteaux. Des vis. Du bois récupéré. Au début, l’hésitation était palpable.  « Attends… on coupe vraiment ça ? »  Ou encore : « Je n’ai jamais utilisé d’outils… »

Des regards incertains. Des rires nerveux. Une question silencieuse flottait dans l’air : est-ce que je suis capable de faire ça ?

Puis, doucement mais sûrement, quelque chose a changé. Les gestes se sont affirmés. Les échanges se sont multipliés. Des inconnus sont devenus coéquipiers.

Deux étudiantes portant des lunettes de sécurité et des gants utilisent une scie électrique pour couper du bois lors d’un atelier pratique, tandis que d’autres participants travaillent en arrière-plan.

Ce qui avait commencé dans le doute s’est transformé en concentration, puis en confiance. Les étudiant.e.s ne suivaient plus simplement des instructions, ils construisaient. Ils créaient. Ils expérimentaient.

Les nichoirs ont commencé à prendre forme, chacun différent, chacun imparfait, chacun bien réel. Des morceaux de bois destinés à être jetés ont été transformés en objets porteurs de sens, grâce à l’effort, à la collaboration et à la volonté d’essayer. 
À mi-parcours, une phrase s’est fait entendre : « Attends… je suis vraiment bon là-dedans. »

Ce qui s’est joué dans cette salle dépassait largement le cadre d’un atelier.

C’était la circularité, entre leurs mains. C’était l’apprentissage expérientiel dans sa forme la plus authentique. C’était des étudiant.e.s qui sortaient de leur zone de confort et qui découvraient qu’ils étaient capables de bien plus qu’ils ne l’imaginaient.

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Joie, compétition et énergie collective

Un grand groupe d’étudiants remplit une salle majestueuse, assis autour de tables rondes lors d’un événement sur le campus, certains écoutant attentivement tandis que d’autres prennent des notes ou utilisent leur ordinateur portable.

Plus tard cette même journée, le 18 mars, l’énergie ne s’est pas essoufflée, elle s’est amplifiée. En partenariat avec le Comité de Compétition de Telfer (TCCT), le Mois des ODD a pris un virage inattendu. Un virage que personne n’avait vraiment anticipé : Showdown de Durabilité Zéro-Déchet.

Inspirée du célèbre jeu Family Feud, mais repensée à travers une lentille durable, la compétition a réuni 17 équipes, chacune représentant l’un des 17 Objectifs de développement durable. 
Et la salle ? pleine à craquer. Des étudiant.e.s debout le long des murs, assis par terre, penchés pour apercevoir ne serait-ce qu’un instant de ce qui se passait. Une énergie impossible à scénariser.

Un groupe d’étudiants se tient sur scène lors d’un événement sur la durabilité, participant à un quiz interactif pendant qu’une animatrice parle au pupitre et qu’un grand écran affiche une question sur le don d’articles non alimentaires.

La séance s’est ouverte avec une intervention d’Angela Plant, de la Ville d’Ottawa, qui a ancré le moment dans le réel en partageant comment les initiatives zéro déchet transforment concrètement la ville.

Puis, place au jeu.

Des buzzers. Des éclats de rire. Des retournements de situation à la dernière seconde. Des équipes qui remontent au score sans prévenir. À chaque manche, la dynamique changeait. 
Les étudiant.e.s apprenaient sans même s’en rendre compte. Ils débattaient des habitudes. Remettaient en question leurs réflexes. Découvraient à quoi ressemble réellement le zéro déchet, dans la pratique, et non seulement en théorie.

Trois étudiants posent sur scène en tenant un grand cube de l’ODD 15 « Vie terrestre » après un événement sur la durabilité, avec un écran derrière eux affichant « Thank You » et des codes QR.

Au final, l’équipe représentant la vie terrestre (ODD 15) a remporté la victoire, choisissant de diriger son don jumelé vers Équiterre. 
Mais à ce stade, le résultat importait presque peu.Parce que quelque chose de plus grand s’était déjà installé. La durabilité devenait engageante. Et, osons le dire… amusante. Et dans une salle où l’on restait bien après avoir trouvé une place, simplement pour faire partie de l’expérience, c’est peut-être là l’un des résultats les plus puissants de tous.

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Du campus à la communauté

Le 19 mars, lors de la journée Rassemblons-nous, l’attention s’est déplacée une fois de plus, loin des formats structurés, vers ces espaces du quotidien que l’on traverse sans vraiment y penser.

Mais ce jour-là, ces espaces racontaient une autre histoire. Dans le hall Desmarais, la Gratuiterie éphémère du bureau de développement durable a attiré un flux continu d’étudiant.e.s. .

Des tables remplies de vêtements, de livres et d’objets du quotidien circulaient d’une personne à l’autre. Ce qui aurait pu être jeté trouvait une nouvelle utilité, une nouvelle valeur, une nouvelle vie.

Une démonstration discrète, mais puissante : la circularité ne repose pas toujours sur l’innovation. Elle commence souvent par la redistribution, par le soin, par le sens de la communauté. Au même moment, ailleurs sur le campus, une autre expérience prenait forme.

Un grand groupe d’étudiants pose ensemble dans un atrium du campus devant un mur végétal vertical orné d’un motif floral blanc.

Guidés par Jonathan Rausseo et le bureau de développement durable, les étudiant.e.s ont participé à la visite sur Campus Zéro Déchets. Une immersion rare dans les coulisses de ce qui se passe après que l’on jette quelque chose. Flux de déchets. Systèmes de tri. Décisions opérationnelles. Toute une infrastructure qui soutient, ou met à l’épreuve,nos efforts en matière de durabilité.

Ce qui est habituellement invisible devenait visible. Et avec cette visibilité est venue autre chose : une forme de responsabilité. Les étudiant.e.s ont commencé à relier leurs gestes du quotidien à des systèmes plus vastes, à comprendre que le gaspillage n’est pas seulement une question individuelle, mais un enjeu collectif, profondément structurel.

La chasse au trésor du Carrefour de l’Entreprenariat : la durabilité dans le quotidien

Deux participantes sourient en tenant une grande roue colorée des Objectifs de développement durable sur scène, avec des cubes des ODD en arrière-plan.

Jerusha Tan, participante gagnante de la Chasse au trésor, n’est pas partie d’un grand système.

Elle est partie de quelque chose de petit. Presque invisible. Un porte-revues abandonné à la station Dominion. Mais ce qu’elle a mis en lumière dépassait largement la question des infrastructures. C’était une question de normalisation.  
« Sa présence, bien qu’inaperçue dans l’agitation de la ville, témoigne d’une inaction troublante… Comme si l’on ignorait cette négligence, parce qu’on nous amène à croire qu’elle est normale. » 
À travers ce défi, ce qui semblait ordinaire est devenu une interrogation.  Est-ce vraiment ainsi que les espaces publics devraient être vécus ?  Et sinon, pourquoi l’avons-nous accepté ?

Sa réflexion ne proposait pas de solution complexe. Elle faisait quelque chose de plus essentiel. Elle rendait visible l’invisible. Elle rappelait que la durabilité ne commence pas toujours par l’innovation. Parfois, elle commence par un inconfort. Par l’observation. Par le refus d’accepter ce qui ne fait plus sens.

Bien sûr, ce qui est présenté ici n’est qu’un aperçu. Tout au long du mois, des dizaines de moments ont pris vie, certains structurés, d’autres plus spontanés, mais tous porteurs de sens. Des conversations de la Série de Cercle, à l’atelier Climate Fresk de l’Institut de l’Environment, qui a rendu la pensée systémique tangible, jusqu’au défi Equi-T du Laboratoire de recherche et d’apprentissage en Finance explorant les liens entre finance et durabilité, chaque expérience a ajouté une nouvelle dimension à ce qu’est devenu le Mois des ODD.

Journée Célébration: souligner ce qui a changé

Le 20 mars, plus de 500 étudiant.e.s, membres du corps professoral, partenaires et membres de la communauté se sont réunis à Desmarais pour la célébration de clôture. Un moment pour s’arrêter. Pour reconnaître ce qui s’était passé au cours des dernières semaines. Ce qui avait évolué. Il y a même eu de la musique. Les étudiantes violoncellistes Elisheva Schwartz et Kelly Cooper, de l’École de musique, ont rempli l’espace d’une performance naviguant entre pièces classiques et contemporaines, à la fois porteuse d’espoir, introspective et profondément ressentie.

Deux musiciennes jouent du violoncelle sur scène lors d’un événement sur la durabilité, avec des cubes des Objectifs de développement durable en arrière-plan.

Pendant un instant, tout a ralenti. Les conversations se sont tues. Les regards se sont levés. On écoutait.

Un groupe d’étudiants se tient sur scène aux côtés de deux organisateurs, tenant un grand chèque remis à une équipe gagnante lors d’un événement sur la durabilité, avec des cubes des ODD en arrière-plan.

Daina Mazutis, professeure à Telfer, directrice de la durabilité, co-directrice du Centre pour l’Impact Durable et directrice de l'Académie Verte a pris la parole pour reconnaître ce qui avait été construit.

Des idées devenues prototypes. Des étudiant.e.s sortis de leur zone de confort. Des équipes formées à travers les facultés, les disciplines et les perspectives et transformées par l’expérience. Il ne s’agissait pas seulement de résultats. Il s’agissait de transformation.

Un groupe d’intervenants et d’organisateurs se tient ensemble sur scène lors d’un événement sur la durabilité, avec des cubes des Objectifs de développement durable en arrière-plan.

La célébration a ensuite mené à l’un de ses moments les plus marquants : une conférence de David Geselbracht, diplômé de l’Université d’Ottawa, avocat et défenseur de l’action climatique, venu spécialement de la Colombie-Britannique. Avec l’appui de collaborateurs clés, Heather McLeod-Kilmurray (Faculté de droit), Geoff McCarney (Institut de l’environnement) et Giuliano Reis (Faculté d’éducation), la séance est devenue un véritable moment interfacultaire, réunissant les perspectives du droit, de l’environnement, de l’éducation et de la gestion. 
Geselbracht n’a pas proposé de réponses simples. Il a partagé des histoires réelles, ancrées, parfois difficiles, d’actions climatiques à travers différentes communautés. Des récits qui ne minimisent pas le poids du moment, mais qui refusent de s’y arrêter. Parce que, même dans un contexte d’éco-anxiété, les histoires d’action comptent toujours.

Et plutôt que de s’arrêter là, la journée a ouvert sur la suite.

Un panel d’intervenants est assis sur scène lors d’une discussion sur la durabilité, avec des cubes des Objectifs de développement durable en arrière-plan, tandis qu’une intervenante prend la parole.

Car le 20 mars ne marquait pas seulement la fin du Mois des ODD. C’était aussi le point de départ du Sprint d’Innovation. Une expérience immersive de fin de semaine, centrée sur l’ODD 12: consommation et production responsables. Si le mois avait invité les étudiant.e.s à questionner les systèmes, c’est ici qu’ils ont commencé à les redéfinir. Le sprint s’est ouvert avec un panel, brillamment animé par Emma Segal, réunissant des intervenants issus du design, de l’économie circulaire, de la durabilité et du changement systémique. Valérie Leloup, responsable stratégique des déchets et de l’économie circulaire à EnviroCentre et fondatrice de Nu Grocery, a partagé son expertise en réduction des déchets et pratiques circulaires. Caitlin Perry, diplômée de Telfer et professionnelle en durabilité et communication, et membre du Circular Innovation Council a mis en lumière le rôle de l’éducation et de la mobilisation des parties prenantes. Kwaku Kusi-Appiah, géographe humain et doctorant, a apporté une perspective ancrée dans l’écologie politique, l’accès à l’eau et les inégalités globales. Et la professeure Chantal Trudel, dont le travail traverse le design industriel, l’architecture et les environnements de santé, a offert une vision façonnée par des années de pratique interdisciplinaire.

Des étudiants collaborent lors d’un atelier pratique, utilisant des outils pour démonter un objet du quotidien dans le cadre d’une activité liée à la durabilité et au design.

Ensemble, ils ont montré que la durabilité est partout. Dans le design. Dans les infrastructures. Dans la justice. Dans les politiques. Dans les systèmes. Dans l’environnement bâti. Dans ce que l’on jette, ce que l’on garde, ce que l’on normalise et ce que l’on choisit de transformer. Cette conversation a donné le ton pour les jours qui ont suivi.

Un schéma détaillé d’une doudoune avec ses différentes composantes disposées et annotées, incluant le tissu, la fermeture éclair, l’isolation et les étiquettes, dans le cadre d’un exercice d’analyse de produit lié à la durabilité.

Au fil du sprint, les étudiant.e.s ont entrepris ce que l’on pourrait presque qualifier d’autopsie des objets du quotidien. Ils ne se sont pas contentés d’y réfléchir. Ils les ont ouverts, au sens propre comme au figuré. Ils ont analysé les matériaux, les systèmes, les usages, les comportements. Ils ont exploré comment concevoir des produits et des services non seulement pour réduire les impacts en fin de vie, mais pour prévenir les déchets et la pollution dès le départ, en intégrant valeur, régénération et responsabilité dès la conception.

Parmi les idées proposées, deux se sont particulièrement démarquées.

L’équipe Another Step, Kenza Habbak, Sara Soulati, Puneet Perhar, Sara Yao et Hawa Souleyman, a imaginé un modèle de cordonnerie communautaire, repensant la culture de la réparation. Leur proposition visait non seulement à réduire les déchets, mais aussi à préserver les savoir-faire, recréer du lien local et redonner de la valeur à ce que l’on jette trop facilement.

L’équipe Loop Denim, Josh Bowry et Nikita Irakize, a remporté le prix du public avec une proposition visant à repenser le denim à travers une approche de cycle de vie, intégrant des matériaux circulaires et des passeports numériques pour prolonger l’usage et réduire l’impact environnemental.

Et pour les équipes gagnantes, l’histoire ne s’arrête pas là. Les deux projets ont reçu un financement de démarrage afin de poursuivre leur développement dans le cadre de cours Cours et projets de groupe autodirigés.

Ce que nous avons construit, ensemble

Le Mois des ODD 2026 n’a jamais été le fruit d’une seule équipe. Il a été façonné par des professeurs, des partenaires, des mentors et des collaborateurs issus de disciplines et d’institutions diverses. Des professeurs comme Éric Nelson, Mathieu Bouchard et Sharon O'Sullivan, qui ont intégré l’apprentissage expérientiel dans leurs cours, aux partenaires des milieux gouvernementaux, industriels et communautaires, ce mois est devenu ce qu’il est parce que des personnes ont choisi de le construire ensemble.

Mais ce qui m’a le plus marquée, ce sont les étudiant.e.s. Je pense notamment à Karine Brault, que j’ai rencontrée au début du mois. Elle m’a confié qu’elle ne connaissait pas vraiment les Objectifs de développement durable et qu’elle ne savait pas trop à quoi s’attendre. Comme beaucoup, elle est arrivée avec curiosité, mais sans vraiment savoir où elle se situait. Et puis, elle est restée. Elle a participé aux ateliers. Elle a posé des questions. Elle s’est engagée dans des espaces qui lui étaient inconnus. Elle s’est même inscrite, à la dernière minute, à l’Innovation Sprint sur l’ODD 12. À la fin du mois, quelque chose avait changé. Elle ne faisait plus que participer. Elle pensait différemment. Elle s’exprimait différemment. Elle voyait des systèmes là où auparavant il n’y avait que des gestes du quotidien. Elle est même devenue l’une des leaders en durabilité du Mois des ODD. Et son histoire m’est restée, non pas parce qu’elle était exceptionnelle, mais parce qu’elle ne l’était pas. Elle faisait partie de nombreuses autres. Et c’est précisément là l’essentiel.

Rien de tout cela n’est possible sans accès. Sans des professeurs qui ouvrent leurs salles de classe. 
Sans des espaces qui invitent les étudiant.e.s à s’engager, même avant de se sentir prêts. Et rien de tout cela n’aurait véritablement été possible sans les 17 étudiant.e.s bénévoles en coulisses. Ce sont eux qui ont assuré le bon déroulement. Qui ont guidé les participants. Répondu aux questions. Géré les salles, les transitions, l’énergie, souvent sans pause. Toujours avec attention.

Perspectives d’avenir

L’année prochaine marquera les cinq ans du Mois des ODD à l’Université d’Ottawa. Un jalon important, mais aussi une occasion de se demander : jusqu’où pouvons-nous aller ? Les bases sont déjà en place : des façons plus simples et significatives de reconnaître l’engagement, de nouvelles expériences comme un Passeport ODD, et des occasions élargies pour permettre aux étudiant.e.s de s’impliquer à travers le campus, les disciplines, et au-delà des murs de l’université. L’élan est là. La suite nous appartient.

Mais il est difficile de parler de l’avenir sans reconnaître le monde au-delà du campus.Et si vous m’avez suivie jusqu’ici, merci. Ce récit dépasse sans doute la longueur habituelle. Certains passages sont plus difficiles à écrire que d’autres. Celui-ci en fait partie. Alors, avant de conclure, permettez-moi une note plus personnelle. Pour beaucoup d’entre nous, cette dernière année a été lourde. Personnellement, en tant que personne multicuturelle, avec une famille vivant encore des réalités de conflit, le poids des événements mondiaux n’est pas abstrait, il est immédiat.

Une étudiante sourit en tenant un petit nichoir en bois fait à la main, peint avec les mots « Sustainable Dev Goals », lors d’un atelier, avec d’autres participants en arrière-plan.

Et parfois, il rend l’avenir incertain. Et pourtant. Ce mois m’a rappelé que, si les récits de division, de peur et de repli sont bruyants, ils ne sont pas les seuls à exister. Dans les salles de classe, dans les ateliers, dans les échanges entre étudiant.e.s qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant, issus de milieux, de cultures et de parcours différents, une autre histoire s’écrivait. Une histoire de collaboration. Une histoire d’action. Pendant un moment, nous ne nous sommes pas contentés de parler du futur que nous souhaitons. Nous l’avons pratiqué. Et c’est peut-être là le plus grand apport du Mois des ODD cette année. Pas seulement une prise de conscience. Mais quelque chose dont nous avons profondément besoin aujourd’hui.

De l’espoir.

Alors à chaque étudiant.e qui a répondu présent. À chaque professeur qui a ouvert sa classe. À chaque partenaire, intervenant et collaborateur qui a donné de son temps. À chaque membre du personnel et à chaque bénévole qui ont porté ce mois…

Merci. Merci de m’avoir offert, à moi comme à tant d’autres, ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui.À un moment où tant de forces cherchent à l’éteindre : un espoir que nous pouvons construire.

Merci à Sustainable Development Solutions Network Canada (SDSN Canada), the Government of Canada's SDG Booth, Bureau de Développement Durablethe Electric Vehicle Council of Ottawa et PDG Raymond Leury, The Telfer Competitions CommitteeThe Upcycling ClubThe Entrepreneurship Hub, CDEL et le Coin carrièreLa Ville d’OttawaThe World University Service of Canada, The Institute of the Environment, La Faculté d’ÉducationLa Faculté de Droit, Alumnus David Geselbracht, Professeur Mathieu BoouchardProfoundry PDG Mike Gerbis, Professeur Éric Nelson, Professeure Sharon O'Sullivan, Emma SegalChef Ric's and the Ottawa MissionFriendlier, Nu GroceryFoodCyclerEco Safe SenseCafés OttawaExport Development CanadaAmano Garden CareEco Equitablethe Circular Innovation Councilthe Inter-American Institute for Cooperation (IICA)WSP in Canada

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Takwa Youssef

Cet article fut rédigé par Takwa Youssef, coordonnatrice de l'Académie verte à Telfer.

En tant que coordonnatrice de l'Académie verte, Takwa joue un rôle clé dans le soutien à la mise en œuvre des programmes interdisciplinaires de l’académie. Elle supervise la logistique, la coordination des événements et la gestion des ressources, assurant l'exécution réussie des cours, ateliers, formations et recherches. Takwa établit des ponts entre les facultés, les services et les partenaires externes, cultivant la collaboration pour enrichir l'impact du programme. Elle gère la communication, les finances et l’administration, tout en contribuant à la vision à long terme de l’académie en renforçant les liens entre les disciplines et en soutenant sa croissance continue.

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