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Carrefour du savoir Telfer

Concevoir un avenir plus durable


Grand groupe d’étudiantes et étudiants, membres du corps professoral et partenaires réunis lors du Sprint d’innovation de Telfer sur l’ODD 12.

Dans les coulisses du Sprint d’Innovation de l’Académie verte de Telfer, sur la consommation et la production responsables (ODD 12) 

Dans un monde qui semble aujourd’hui souvent marqué par la fracture, des systèmes, de la confiance, des futurs communs, il existe encore des espaces où l’on choisit de ne pas céder à cette réalité, mais de continuer à construire, imaginer et faire avancer le changement. 

À la fin du Mois des ODD en mars 2026, quelque chose a changé à Desmarais. Les salles de classe ont laissé place à une autre forme d’apprentissage, une approche qui s’intéressait moins à ce que les étudiantes et étudiants savaient qu’à ce qu’ils et elles étaient prêts à questionner, démonter et reconstruire. 

Le Sprint d’Innovation de l’Académie verte sur la consommation et la production durables (ODD 12) s’est penché sur les systèmes qui sous-tendent notre quotidien, comment les produits sont conçus, utilisés et éliminés, et sur ce que cela pourrait signifier de les repenser autrement. 

Là où tout a commencé : repenser la « circularité » 

Le Sprint a débuté dans l’après-midi du 20 mars, dans la salle Camille Villeneuve. 

Public étudiant assistant et écoutant lors d’un événement sur la durabilité.

L'affirmation autochtone offerte par Greg Meekis, du Odawa Native Friendship Centre, a donné le ton comme une invitation. Se rappeler que le design n’a pas commencé avec nous.

Intervenant présentant au pupitre lors du Sprint d’innovation.

Que les systèmes régénératifs, la pensée circulaire et le respect des matériaux existent depuis longtemps, de manière organique, dans la nature et ses systèmes. Que la durabilité n’est pas une innovation, mais un retour aux sources.  

La séance s’est ouverte avec quelques mots de la professeure Daina Mazutis, directrice de la durabilité et de l’Académie verte à Telfer, qui ont ancré la conversation et posé les bases de ce qui allait suivre.    

Le panel, animé par la responsable académique Emma Segal, conceptrice et éducatrice en durabilité reconnue pour sa capacité à traduire des systèmes complexes en solutions concrètes, a remis en question l’une des idées reçues les plus tenaces chez les étudiantes et étudiants : celle que la circularité se résume au recyclage. Ce n’est pas le cas. Comme l’ont montré les échanges, la circularité appelle à quelque chose de bien plus profond : passer de la gestion des déchets à la reconfiguration des systèmes, concevoir non seulement des produits, mais aussi les conditions qui les entourent, des comportements aux infrastructures, en passant par les politiques et la culture.

« Tout le monde est designer », nous rappelle-t-elle. Chaque choix , ce que nous achetons, comment nous utilisons, ce que nous jetons, participe à un système. Et les systèmes, contrairement aux objets, ne changent pas facilement. 

Les panélistes Valérie Leloup (EnviroCentre et fondatrice de NuGrocery), Caitlin Perry (Circular Innovation Council), Kwaku Kusi-Appiah (géographe humain et éducateur), and Chantal Trudel (designer et praticienne/éducatrice interdisciplinaire) ont parlé avec franchise des réalités et des possibilités du design durable, non pas comme un ensemble d’idéaux, mais comme une pratique faite de décisions réfléchies, prises dans des contextes réels et contraints.  

Ils ont exploré ce qui se produit lorsqu’un produit qui semble durable en théorie se confronte au monde réel, où les infrastructures sont imparfaites, les systèmes fragmentés et les comportements humains ne suivent pas toujours les intentions. La commodité, le coût et les habitudes, ont-ils souligné, prennent souvent le dessus, même face aux solutions les mieux intentionnées. 

Intervenantes et intervenants en discussion lors du lancement du Sprint d’innovation, assis sur scène devant les visuels des ODD.

Valérie Leloup a partagé des exemples tirés de son travail en réduction des déchets et en systèmes d’emballage, illustrant à quel point des idées « simples » de zéro déchet deviennent rapidement complexes en pratique. Dans un cas, elle a évoqué des tentatives d’éliminer complètement les emballages, confrontées à des défis inattendus liés à la sécurité alimentaire, au transport et aux habitudes des usagers. Ce qui semble être une solution parfaite sur papier, a-t-elle souligné avec un sourire, peut se déconstruire dès qu’elle rencontre des personnes réelles, dans des contextes réels, où la logistique, la sécurité et les comportements redéfinissent ce qui est réellement possible. 

Kwaku Kusi-Appiah a ramené la discussion à quelque chose de plus personnel. Tenant du beurre de karité issu de sa propre communauté, il a parlé de sa grand-mère, des savoirs transmis de génération en génération, et des matériaux qui existent dans des systèmes de soin, de culture et de réutilisation bien avant d’être marchandisés. L’objet lui-même devenait un rappel discret : tout n’a pas besoin d’être repensé ou reconditionné pour avoir de la valeur. Certains systèmes fonctionnent déjà, si l’on choisit d’y prêter attention. 

Chantal Trudel a poussé la réflexion encore plus loin, soulignant que le défi le plus difficile n’est souvent pas le produit lui-même, mais les comportements et les mentalités qui l’entourent. Concevoir pour la durabilité, a-t-elle suggéré, c’est concevoir pour les personnes, leurs habitudes, leurs résistances, leurs réalités. 

À travers toute la discussion, une idée persistait : une solution parfaite que personne n’utilise n’est pas une solution. 

 Le Choixpeau et les autopsies de produits  

Si la première journée invitait les étudiantes et étudiants à penser autrement, la seconde leur demandait de le vivre. Tout a commencé, de manière inattendue, avec un Choixpeau, un moment qui ressemblait presque à une scène tout droit sortie de Harry Potter. 

Une par une, les équipes envoyaient un·e représentant·e tirer un numéro. Chaque numéro correspondait à une boîte scellée, alignée à l’avant de la salle. À l’intérieur : un objet du quotidien. Ordinaire. Familier. Et soudain… le leur. 

D’abord, des rires. De la curiosité. Un peu de suspense. Quelques regards nerveux. Puis, à mesure que les boîtes s’ouvraient, quelque chose a changé. Peu importe l’objet tiré, il fallait maintenant faire avec. Le démonter. Le comprendre. Le questionner. Puis le repenser. 
Visionnez les moments forts du Choixpeau  

Quelques minutes plus tard, la bibliothèque de Telfer s’est transformée. 

Étudiants démontant un outil coiffant à l’aide d’outils lors d’un atelier.

Habituellement calme et propice à la réflexion, elle s’est animée du bruit des outils, des matériaux que l’on déchire, des questions formulées à voix haute. Les étudiantes et étudiants se sont lancés dans ce que l’on pourrait décrire comme de véritables autopsies de produits. Ils ont disséqué. Cartographié. Questionné : pourquoi cet objet a-t-il été conçu ainsi, au départ ? 

Pour les accompagner dans ce processus, Maximillian Benda, fondateur du Club de Surcyclage et ancien participant des sprints d’Innovation, était présent, apportant à la fois son expertise technique et son expérience vécue. 

Une équipe a découvert un ventilateur complètement scellé, conçu non pas pour être réparé, mais pour être remplacé. Une métaphore presque parfaite de systèmes aujourd’hui fondés sur le jetable. 

Schéma d’une veste matelassée avec les matériaux et composantes identifiés lors d’une autopsie de produit.

Autour d’eux, des mentors issus de la communauté, couvrant différents aspects de la conception de produits (textiles, chimie, impact social, gestion des matières résiduelles, recherche scientifique, ingénierie, politiques climatiques, etc.), circulaient de table en table, posant des questions qui poussaient la réflexion plus loin. 

J’ai eu l’occasion d’échanger avec plusieurs mentors, qui ont chacun partagé ce que cette expérience représentait pour eux.

Kwaku Kusi-Appiah m’a confié : « Je me suis toujours intéressé à la circularité, comment ne pas l’être ? Tout, sur Terre et en nous, est circulaire. Nous naissons, puis nous retournons à la terre. La consommation elle-même est circulaire. Mais combien de temps pouvons-nous continuer à consommer sans pratiques réellement durables ? » 

À proximité, Yasmin Anderson, ingénieure en structures chez WSP et étudiante au MBA à l’École de gestion Telfer, a encouragé les étudiantes et étudiants à aller au-delà de l’objet devant eux. 

« C’est une occasion vraiment intéressante », a-t-elle partagé, « surtout pour comprendre l’ensemble du cycle de vie d’un produit. Je viens d’un parcours en ingénierie, et maintenant, en tant qu’étudiante en gestion, on se rend compte que certain·e·s ne mesurent pas toujours l’énergie et les efforts nécessaires à la création d’un produit. » 

Des matériaux aux fournisseurs, en passant par les décisions de conception, elle a insisté sur l’importance de comprendre l’ensemble du système, car ce sont ces étudiantes et étudiants qui, très bientôt, prendront ces décisions dans leur vie professionnelle. Et ces choix façonneront l’avenir. 

Groupe d’étudiants découpant un ballon de soccer pour analyser ses matériaux et sa structure.

Pour Julia Hunter, directrice générale d’EcoEquitable, la discussion s’étendait à la fois aux dimensions environnementales et sociales.

« Chez EcoEquitable, nous travaillons sur les déchets textiles, mais aussi sur l’autonomisation des femmes en leur apprenant à coudre de manière professionnelle », a-t-elle expliqué. « Nous réunissons ces deux aspects à travers la conception de produits sur mesure. » 

Pour elle, le Sprint représentait une occasion d’explorer une approche globale de la durabilité, de la conception jusqu’à la fin de vie des produits, tout en intégrant les réalités humaines, communautaires et inclusives.

« Comment faire cela de manière à la fois écologiquement durable et socialement porteuse ? », a-t-elle posé. 

Et pour ancrer l’expérience dans sa portée plus large, Carlos Zapata, spécialiste des partenariats et de l’engagement communautaire dans les programmes d’apprentissage par le service communautaire (ASC) à l’Université d’Ottawa et co-créateur du Sprint avec l’Académie verte, a rappelé l’essentiel. 

Étudiantes examinant et ouvrant un vêtement lors d’une autopsie de produit.

« La priorité, c’est de traduire les connaissances académiques en actions concrètes au sein des communautés, et de le faire de manière intentionnelle », a-t-il expliqué. Cela commence par l’écoute. Par la compréhension des besoins des partenaires communautaires. Par la création de ponts entre ce qui se vit à l’université et ce qui est nécessaire au-delà de ses murs. « Il s’agit d’ouvrir des espaces où les étudiantes et étudiants peuvent s’engager de façon significative dans la vie publique et communautaire », a-t-il ajouté. « C’est là que se construit, ensemble, la réalité dans laquelle nous vivons. » 

Curieux.ses de savoir qui accompagnait les équipes ? Parcourez notre livret des expert.e.s 

Une salle remplie de possibilités 

D’ici le dimanche, les étudiantes et étudiants avaient changé. Dix équipes interdisciplinaires se sont succédé pour présenter ce qu’elles avaient exploré, remis en question et réinventé au cours du week-end, devant le jury Chantal Trudel, designer industrielle et praticienne interdisciplinaire, Jim Delaney, leader axé sur les systèmes à l’intersection de l’environnement et du changement social, et Hassan Ebrahimi, stratège, chercheur et professeur à Telfer, ainsi que devant leurs pairs. 
Chaque projet portait une approche distincte. Certains se sont concentrés sur les matériaux, repensant la manière dont les produits peuvent être approvisionnés, réutilisés ou décomposés de façon plus responsable. D’autres ont pris du recul, s’intéressant aux systèmes : les flux de déchets, les chaînes d’approvisionnement et les infrastructures souvent invisibles qui façonnent la circulation des produits dans le monde. 

Étudiante présentant des idées à l’avant de la salle pendant le Sprint.

Tous étaient créatifs. Tous étaient réfléchis. Et chacun, à sa manière, révélait la complexité de concevoir autrement, tout en réussissant, en un temps très limité, à faire émerger des idées pertinentes, nuancées et porteuses. 

Chaque équipe disposait de quelques minutes pour présenter son travail et répondre aux questions du jury, des questions réfléchies, souvent exigeantes, qui les poussaient à clarifier leur démarche, défendre leurs choix et envisager les implications plus larges de leurs propositions. Mais deux projets se sont particulièrement démarqués par leur clarté, leur profondeur et leur potentiel à dépasser le cadre de la salle de classe. 

Le Prix de développement de l’innovation (1 500 $) a été décerné par le jury à l’équipe derrière Another Step, une solution ancrée dans la communauté qui repense la chaussure non pas comme un produit jetable, mais comme un service et un savoir-faire. 

Équipe étudiante posant avec l’ODD 12 (Consommation et production responsables) à Telfer.

Ils ont fait ce que peu ont osé faire : dépasser l’objet pour s’attaquer aux comportements et aux systèmes, en déplaçant le regard, de la simple refonte des produits vers une remise en question de la manière dont, et des raisons pour lesquelles, nous les utilisons. Car parfois, l’intervention la plus radicale ne consiste pas à redessiner l’objet, mais à nous redéfinir nous-mêmes. 

Leur modèle reposait sur l’allongement de la durée de vie des chaussures grâce à des écosystèmes locaux de réparation : ateliers éphémères, partenariats avec des cordonniers, et espaces communautaires où les personnes pouvaient apporter leurs chaussures usées pour les réparer, les transformer ou leur redonner vie. Mais l’idée allait encore plus loin. 

Il ne s’agissait pas seulement de réparer des chaussures, mais de recréer du savoir et du lien. Transmettre des compétences de réparation. Générer de l’emploi local. Préserver un métier en déclin. Réduire les déchets envoyés à l’enfouissement en repensant la relation que nous entretenons avec un produit. 

Structuré en phases, des ateliers pilotes à Ottawa jusqu’à la mise en place de pôles de réparation à plus long terme, le projet démontrait comment les impacts environnementaux et sociaux peuvent être conçus ensemble, de manière intentionnelle. 

Groupe d'étudiants qui présentent

Pour l’équipe, l’impact du Sprint a largement dépassé le cadre du week-end.

Comme l’a souligné Hawa Souleyman, l’expérience a « remis en question [ses] hypothèses initiales » et a révélé que la durabilité ne se limite pas à concevoir de meilleurs produits, mais consiste à « repenser l’ensemble des détails qui permettent aux individus, aux communautés et aux industries de créer un changement porteur de sens ». 

Sa coéquipière, Sara Yao, a fait écho à cette transformation, décrivant le Sprint comme une expérience « transformative » qui, au-delà de valider leur approche par cette victoire, a aussi redéfini sa vision de l’avenir : « Je m’intéresse particulièrement à l’investissement responsable et aux modèles d’affaires durables… et je souhaite contribuer à des initiatives qui génèrent un impact social et environnemental positif. » 

Le Prix du public (500 $), attribué à la suite d’un vote des étudiantes et étudiants pour l’équipe qu’ils et elles estimaient mériter la victoire, a été remis à Loop Denim

Leur concept repensait le denim à la source : coton 100 % biologique, teintures naturelles et conception entièrement démontable, grâce à des fils solubles et des composantes amovibles permettant une réparation, une remise à neuf ou un recyclage facilités. 

Deux étudiants tenant un cube de l’ODD 12 pendant le Sprint d’innovation.

Au cœur de leur proposition se trouvait un passeport numérique du produit, offrant aux consommatrices et consommateurs une visibilité sur le cycle de vie de leur jean, de la production à la fin de vie, tout en encourageant des usages plus responsables et le retour des produits. 

Le projet abordait non seulement les enjeux environnementaux, réduction de l’utilisation de pesticides, diminution des déchets textiles, mais aussi la sensibilisation des consommateurs et la responsabilité des entreprises, en comblant le fossé entre la manière dont les produits sont fabriqués et celle dont ils sont utilisés. 

Pour Josh Bowry, de l’équipe Loop Denim, l’expérience a été façonnée autant par les personnes que par le résultat : « C’était les gens », a-t-il confié. « La diversité des perspectives, c’est ce qui a rendu cette expérience différente de toutes les autres pour moi. » 

Cette diversité est devenue un véritable moteur de compréhension. À travers un travail concret, allant jusqu’à démonter une paire de jeans pour en comprendre les systèmes sous-jacents, Josh a commencé à voir la durabilité au-delà des choix de surface. Comme il l’a partagé, le Sprint a « remis en question [ses] hypothèses initiales » et mis en lumière les impacts souvent invisibles des matériaux, des procédés et des chaînes d’approvisionnement. 

Son équipe, composée de moins de membres que prévu, a su s’adapter rapidement, en combinant différentes compétences pour développer une solution à la fois technique et accessible..” 

Deux étudiantes qui présentent

Ce sentiment a également été partagé par une autre participante du Sprint, Kate Zelenski, étudiante en sciences biomédicales, qui a souligné la valeur du travail interdisciplinaire : 

« Travailler avec des étudiantes et étudiants provenant de différentes facultés m’a permis de mieux comprendre l’importance de la collaboration interdisciplinaire. Chacun apportait des connaissances, des perspectives et des façons de penser différentes, ce qui a renforcé nos idées. Certain·e·s se concentraient davantage sur les aspects techniques, tandis que d’autres contribuaient à la conception de notre produit. Cette diversité nous a permis d’aborder le problème sous plusieurs angles. » 

Pour elle, l’apprentissage allait bien au-delà du Sprint lui-même : « Cela m’a montré que des enjeux complexes comme la durabilité ne peuvent être abordés à partir d’un seul point de vue, ils nécessitent une collaboration entre différents domaines de connaissance. » 

Découvrez de plus près les idées issues du Sprint et les équipes qui les ont portées. 

L’écosystème derrière l’expérience 

Ce Sprint a été rendu possible grâce à un réseau de collaborateurs, de leaders académiques, de partenaires communautaires, de mentors et d’organisations qui partagent une même conviction : la durabilité ne se construit pas seul, mais collectivement. 

Une mention spéciale revient au Bureau du développement durable, dont la Gratuiterie a fourni une grande partie des matériaux utilisés par les étudiantes et étudiants tout au long du week-end. Ancré dans une idée à la fois simple et puissante, que rien n’a besoin d’être neuf pour avoir de la valeur, la gratuiterie a permis de rendre la circularité concrète et tangible. En retour, les équipes ont été encouragées à redonner, renforçant ainsi les systèmes mêmes qu’elles étaient invitées à repenser. 

La durabilité était également intégrée dans le fonctionnement même du Sprint. Grâce à un partenariat avec Framie, les participantes et participants ont utilisé des contenants, tasses et vaisselle réutilisables tout au long de l’événement, réduisant les déchets tout en expérimentant concrètement ce que peut être un système circulaire en pratique. 

L’expérience a également été enrichie par l’expertise et l’engagement d’un large éventail de partenaires et de collaborateurs, notamment le Circular Innovation Council, WSP, EcoEquitable, Export Development Canada (EDC), Food Cycle Science (FoodCycler), CAFES Ottawa, Eco Safe Sense, Le Club de Surcyclage , Nu Grocery, and Amano Gardens, ainsi que des partenaires mobilisés dans le cadre de l’apprentissage par le service communautaire (ASC), à l’Université d’Ottawa, avec le soutien généreux, en partie, de BHER. 

Chacun apportait une perspective différente, politiques, design, ingénierie, économie circulaire, impact communautaire, expériences vécues, assurant que les échanges et les solutions développées au cours du week-end soient non seulement innovants, mais ancrés dans la complexité du réel. 

Et peut-être est-ce cela qui m’est resté le plus : derrière chaque idée, chaque prototype, chaque échange, il y avait un effort collectif pour construire quelque chose de mieux, ensemble. 

Grand nombre d'étudiants

Être dans cet espace rendait difficile de ne pas réfléchir à ce qui se passait au-delà. 
Nous traversons sans aucun doute une période d’incertitude profonde, un moment où les tensions s’intensifient, où la possibilité de conflits à grande échelle ne semble plus lointaine, et où de nombreux acquis sociaux et environnementaux des dernières décennies paraissent de plus en plus fragiles. 

Et pourtant, au cœur de cette réalité, alors que le monde à l’extérieur semblait instable, à l’intérieur de ce Sprint, j’ai eu le sentiment privilégié d’assister au premier rang à quelque chose de différent : des étudiantes et étudiants, issus de parcours, de disciplines et d’expériences variés, réunis non pas pour débattre de ce qui ne fonctionne pas dans le monde, mais pour concevoir activement ce qui pourrait aller mieux. 

J’y ai vu la curiosité plutôt que le cynisme. La collaboration plutôt que la division. L’action plutôt que l’immobilisme. Pendant un instant, nous ne réagissions pas au monde, nous le façonnions. 

Et c’est peut-être là que réside la force discrète de ces espaces. Non pas qu’ils règlent tout.  Mais qu’ils nous rappellent, clairement, sans équivoque, qu’une autre voie reste possible. 

Vers l’avenir  

Le Sprint d’Innovation s’est peut-être terminé ce dimanche après-midi, mais pour certaines équipes, il se poursuit à travers des cours autodirigés. Pour d’autres, il continuera de vivre dans leur manière de penser, de concevoir et de décider. 

Car le véritable résultat de ce Sprint ne réside pas dans les prototypes. Il réside dans le changement. Un changement qui amène à voir des systèmes plutôt que des objets. À concevoir avec les personnes, et non seulement pour elles. 

Et, peu importe la complexité du monde qui nous entoure, nous avons toujours un choix : participer aux systèmes existants, ou construire ceux qui devraient exister. 

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Takwa Youssef

Cet article fut rédigé par Takwa Youssef, coordonnatrice de l'Académie verte à Telfer.

En tant que coordonnatrice de l'Académie verte, Takwa joue un rôle clé dans le soutien à la mise en œuvre des programmes interdisciplinaires de l’académie. Elle supervise la logistique, la coordination des événements et la gestion des ressources, assurant l'exécution réussie des cours, ateliers, formations et recherches. Takwa établit des ponts entre les facultés, les services et les partenaires externes, cultivant la collaboration pour enrichir l'impact du programme. Elle gère la communication, les finances et l’administration, tout en contribuant à la vision à long terme de l’académie en renforçant les liens entre les disciplines et en soutenant sa croissance continue.

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