La série Les humains du Laboratoire Triple I met en lumière les étudiants aux cycles supérieurs et au premier cycle qui mènent des recherches au sein du laboratoire Triple I. Rencontrez Manal, doctorante en comportement organisationnel en gestion des ressources humaines, passionnée par la mise au jour des schémas du comportement humain, notamment en lien avec la personnalité. Les travaux de Manal au sein du Labo Triple I visent à remettre en question les stéréotypes associés aux traits de personnalité « sombres » et à déconstruire les récits entourant leurs comportements. Plus précisément, ses recherches cherchent à déterminer si les personnes présentant des traits de personnalité sombres élevés peuvent adopter des comportements prosociaux, et dans quels contextes. Manal s’intéresse également à l’impact de l’intelligence artificielle et à la manière dont celle-ci influencera les comportements des individus lors de transitions professionnelles et de processus de requalification.
Pourquoi avez-vous décidé de poursuivre un doctorat ?
En fait, j’ai découvert une véritable passion pour la recherche. À l’origine, je souhaitais uniquement entreprendre une maîtrise en psychologie, mais au cours de la rédaction de mon mémoire, j’ai réalisé que je voulais faire de la recherche toute ma vie. J’adorais cela. Cela me semblait être une véritable vocation. Les sujets qui m’intéressent ont une pertinence pratique, notamment en ce qui concerne la manière dont les organisations peuvent gérer leurs stratégies, en particulier lorsqu’il s’agit de gérer des personnalités difficiles (p. ex. développement du leadership, pratiques en ressources humaines), tout en permettant de découvrir des informations nouvelles qui enrichissent la théorie et le savoir.
Sur quoi portent vos recherches ?
Je m’intéresse à plusieurs axes de recherche différents, donc pour répondre à cette question, je vais me concentrer sur le sujet de ma thèse. Il s’agit du trait de personnalité machiavélique. Le machiavélisme se caractérise par une vision cynique du monde, où la fin justifie les moyens, amenant les individus à recourir à la manipulation et à des tactiques malhonnêtes pour atteindre leurs objectifs. Bien que l’amoralité fasse partie intégrante du machiavélisme, je cherche à comprendre comment le machiavélisme et l’identité morale sont liés. Plus précisément, je souhaite déterminer si les comportements prosociaux des individus machiavéliques (c’est-à-dire les comportements considérés comme « bons ») en milieu organisationnel sont moins authentiques et davantage stratégiques, et s’ils peuvent tout simplement adopter de tels comportements. Dans ce cas, quand ?

Quel type d’impact vos résultats de recherche auront-ils ?
Mes travaux contribueront à enrichir nos connaissances sur le machiavélisme et à mieux comprendre les facteurs contextuels qui favorisent les comportements prosociaux chez les individus machiavéliques. Certains chercheurs soutiennent que les comportements des individus présentant des traits sombres devraient être étudiés et même imité, suggérant que l’on devrait former les leaders à se comporter comme ceux présentant un haut niveau de machiavélisme, puisqu’ils atteignent souvent leurs objectifs et accèdent à des postes de leadership. J’aimerais enrichir cette réflexion, mais plutôt que de me concentrer sur la manière de former les individus à exploiter des traits sombres, je souhaite plutôt apprendre aux personnes présentant ces traits à adopter des comportements plus aidants au sein des organisations. D’un point de vue pratique, j’espère que mes recherches pourront être transposées dans un cadre plus pragmatique, permettant aux organisations de promouvoir une culture éthique qui encourage les individus machiavéliques à aider leurs collègues, partager leurs connaissances et à faire preuve d’honnêteté.
Qu’est-ce qui vous a amenée à choisir Telfer / l’Université d’Ottawa ?
En bref : Jane O’Reilly et AJ Corner. J’étais très intéressée par les domaines de recherche dans lesquels ils ont travaillé.
Qu’aimez-vous le plus dans le fait d’être doctorante ?
Oh, ça a été un parcours formidable. Même les moments difficiles. Mais ce que j’ai préféré, surtout après y être entrée avec mes années d’expérience professionnelle, c’est la liberté de lire, d’apprendre et, surtout, d’investiguer. Je peux satisfaire ma curiosité.
Quels conseils donneriez-vous à ceux qui envisagent une maîtrise ou un doctorat à Telfer ?
Pour ceux qui entreprennent une maîtrise, il est important de bien comprendre les raisons qui les motivent. Si l’objectif est de poursuivre vers un doctorat, il est préférable d’opter pour l’option avec mémoire et de commencer tôt à contribuer à des projets de recherche avec des professeurs. Cela facilitera grandement la transition. Pour ceux qui souhaitent faire un doctorat, il est essentiel d’être passionné par son sujet de recherche et d’être en adéquation avec son directeur ou sa directrice de thèse.
Quel est votre endroit ou votre équipement préféré au Labo Triple I, et pourquoi ?
J'utilise FaceReader et cela m'a été très utile. FaceReader détecte les émotions et fournit une feuille de résultats (Excel) qui indique l'intensité des émotions, et bien plus encore. FaceReader a apporté une grande valeur ajoutée à mon travail. Je ne suis donc pas tout à fait objective, mais c'est mon outil préféré. Je pourrais en parler pendant des heures. J'aime aussi beaucoup Tobii, même si je ne l'utilise pas. Je l'apprécie parce que je le trouve fascinant : il suit les mouvements des yeux à l'écran et je peux imaginer de nombreuses façons de l'utiliser dans différents projets.

