L’émergence de nouveaux secteurs d’activité et de nouvelles technologies comme l’IA et les technologies financières s’accompagne généralement d’un contrôle gouvernemental, par exemple sous forme de politiques ou de réglementation sur la sécurité de l’IA, de la cryptomonnaie et des systèmes bancaires ouverts.
Ce contrôle exige des gouvernements qu’ils interagissent avec les grandes entreprises, qui ont la mainmise sur le marché. Étant donné l’importance des enjeux stratégiques et les rapports de force en jeu, ces interactions peuvent avoir un effet émotionnellement drainant sur les personnes qui y prennent part, ce qui risque d’avoir une influence sur leurs décisions.
C’est pourquoi Saouré Kouamé, professeur à l’École Telfer, a reçu une subvention Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines pour son projet intitulé « Stakeholder emotions and market power regulation ». Dans ses travaux, il s’interrogera sur la façon dont les dynamiques émotionnelles entre les organismes de réglementation et les entreprises réglementées influencent les processus de réglementation du pouvoir de marché et les résultats qui en découlent.
Comprendre les émotions derrière la réglementation du marché
Dans un domaine où la plupart des travaux de recherche et des articles s’attardent à l’application des lois antitrust et aux aspects financiers et économiques de la réglementation des monopoles, le professeur Kouamé aborde le sujet sous l’angle de la réglementation du marché en tant que processus interorganisationnel.

Selon lui, les interactions sociales entre les différents groupes en cause (p. ex., les décisionnaires, la classe politique, les gens d’affaires et les personnalités qui exercent une influence sociale) déterminent l’issue des processus.
Le développement des capacités émotionnelles de mise en contexte organisationnel – par exemple, un mécanisme émotionnel en lien avec l’organisation qui donnerait aux gestionnaires et aux décisionnaires les moyens de surmonter ces défis – pourrait s’avérer essentiel.
L’accent mis par le professeur Kouamé sur les dimensions émotionnelles de la réglementation des marchés aidera les responsables concernés à mieux comprendre en quoi consistent ces capacités.
Ses travaux contribueront également à enrichir les connaissances sur la gestion de la réglementation ainsi que celles, émergentes, sur les émotions dans la sphère de la gestion stratégique. Les conclusions qu’il tirera de ses recherches seront également utiles aux responsables de la réglementation de même qu’aux gens d’affaires.
Cette étude s’intègre dans le programme de recherche plus large du professeur Kouamé sur le rôle de l’émotion dans le domaine de la gestion stratégique. Pour plus d’information à ce sujet, consultez son article sur les conséquences d’une querelle de famille sur Rogers Communication (en anglais).

