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Carrefour du savoir Telfer

Les robots sociaux peuvent-ils améliorer la capacité des soins de longue durée et le mieux-être des personnes âgées?


Patte de chien tenant une main humaine

Partout dans le monde, les systèmes de santé sont confrontés à des défis majeurs en raison du vieillissement de la population, de la pénurie de professionnelles et professionnels et des besoins de plus en plus complexes. Les foyers de soins de longue durée sont essentiels au système de santé. Ils fournissent à des personnes âgées nécessitant des soins particuliers des services infirmiers 24 heures sur 24 qui répondent à leurs besoins quotidiens. Bien que 6,8 M$ aient été alloués au financement de 627 foyers de soins en Ontario, les analystes estiment qu’il faudrait un investissement supplémentaire de 1,8 M$ dans les effectifs (Centre canadien de politiques alternatives [en anglais], Budget des dépenses du ministère des Soins de longue durée), et des voix s’élèvent pour exiger une réponse urgente à cette crise (Effectifs des foyers de soins de longue durée).  Trop occupé à gérer les soins cliniques de base, le personnel des foyers de soins consacre moins de temps aux personnes âgées. 

Mirou Jaana

En raison des contraintes structurelles inhérentes à l’environnement des foyers de soins, les résidentes et résidents ont souvent peu d’occasions d’avoir des interactions enrichissantes, ont moins de contacts avec leurs proches et rencontrent des obstacles aux échanges à caractère social. Ils sont donc plus à risque de souffrir d’isolement et de solitude, un phénomène qui s’est accentué pendant la pandémie de COVID-19, lorsque les visites étaient interdites.

Or, l’isolement dû au manque d’activités sociales et à la solitude a été associé à des effets néfastes sur la santé des résidentes et résidents, comme la dépression, le déclin cognitif, une mobilité réduite et l’augmentation du taux de mortalité. Le personnel, qui travaille sans relâche, doit prioriser les soins cliniques et les besoins en matière de sécurité, ce qui lui laisse souvent peu de temps pour veiller au bien-être social et émotionnel des résidentes et résidents. L’écart entre les besoins sociaux et le manque de ressources met en évidence la nécessité de trouver de nouvelles solutions favorisant les interactions stimulantes dans les foyers de soins de longue durée.

La professeure Mirou Jaana a reçu une subvention Projet des Instituts de recherche en santé du Canada pour étudier cette question dans le cadre de son projet intitulé « Companions in Care: Benefits and Challenges of Social Robotics in Long-Term Care ».

L’utilisation des robots sociaux dans les soins de longue durée

Les robots sociaux, qui peuvent ressembler à des ours en peluche, à des bébés phoques, à des chiens ou même à des humains sont capables d’imiter les interactions humaines, et leur utilisation dans les soins de santé est une innovation prometteuse. Conçus pour interagir socialement avec authenticité tout en soutenant le travail des professionnelles et professionnels de la santé, ces robots peuvent aider à réduire le sentiment de solitude et à favoriser le bien-être émotionnel grâce à des conversations, de la musique, des jeux et des interactions personnalisées. 

Les travaux de la professeure Jaana et de son équipe portent sur la capacité de ces robots à influer sur la solitude et l’isolement vécus dans les foyers, non pas en remplacement des interactions entre les résidentes et résidents et le personnel, mais en tant que complément à ces interactions. Sur une période de quatre ans, l’équipe évaluera la faisabilité du déploiement de ces robots, les meilleures pratiques en la matière, ainsi que leur capacité à susciter l’engagement social et la réactivité, à réduire l’agitation et la dépression et à améliorer la qualité de vie dans les foyers.

Cette recherche ne considère pas les robots sociaux comme des substituts aux aides aux loisirs, aux préposées et préposés aux bénéficiaires, aux infirmières et infirmiers, et aux autres professionnelles et professionnels de la santé. Ils sont plutôt considérés comme des outils permettant d’améliorer les modèles de soins existants. En assumant des tâches de soutien et sociales, les robots peuvent alléger en partie la charge de travail non clinique imposée de plus en plus au personnel. Les professionnelles et professionnels de la santé peuvent ainsi consacrer leur temps et leur expertise là où les besoins sont les plus criants. Les robots sociaux agissent donc un peu comme des collaborateurs dans l’environnement de soins, sans nuire à la compassion humaine et au jugement clinique.

Enfin, l’étude tente de répondre à une question cruciale : comment fournir des soins de grande qualité, axés sur la personne, dans les foyers de soins de longue durée, malgré le manque de ressources et une demande en constante augmentation? En ciblant l’isolement social, qui a de profondes répercussions sur la santé des résidentes et résidents, les robots sociaux peuvent offrir une solution novatrice et évolutive pour améliorer la qualité de vie dans ces établissements. En collaborant étroitement avec les foyers pour appliquer les connaissances et diffuser les conclusions de la recherche dans l’ensemble du secteur, la professeure et son équipe contribueront à démontrer, en s’appuyant sur une quantité croissante de données, le rôle important que les innovations technologiques peuvent jouer dans l’allègement des pressions sur le système, l’amélioration des soins et le soutien aux professionnels de la santé œuvrant dans les foyers de soins. 

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