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Carrefour du savoir Telfer

L’aide médicale à mourir : atténuer les tensions pour la pérennité du programme dans les soins de santé


un patient mourant alité, regardant le médecin

Ces dernières années, l’aide médicale à mourir (AMM) est devenue un enjeu majeur et suscite aujourd’hui la controverse dans le système de santé canadien. Cette pratique permet aux personnes admissibles d’obtenir de l’aide pour mettre fin à leurs jours en s’autoadministrant ou en se faisant administrer une substance létale. Toutefois, les modifications apportées en 2021 à la loi sur l’AMM, notamment l’introduction de la voie 2 et la suppression du critère de « décès raisonnablement prévisible », ont considérablement complexifié la procédure et créé de nouvelles tensions, en particulier parmi les professionnelles et professionnels de la santé.

Samia Chreim

Afin d’étudier comment les établissements hospitaliers et les professionnelles et professionnels de la santé s’adaptent aux nouvelles modalités introduites dans la voie 2 et les stratégies permettant d’assurer la durabilité des programmes d’AMM, la professeure Samia Chreim a obtenu deux subventions prestigieuses : la subvention d’engagement partenarial du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et la subvention de développement de la recherche de Telfer. Intitulé « Managing Tensions and Achieving Sustainability of Medical Assistance in Dying (MAiD) Programs », son projet s’attaque de front à ces enjeux.

Ce projet sera réalisé en partenariat avec le Réseau d’aide médicale à mourir de la région de Champlain, rattaché à L’Hôpital d’Ottawa, qui offre de l’information et des ressources sur l’AMM pour les patientes et patients, leurs familles et les prestataires de soins. Ce réseau jette des ponts entre les organisations du système de santé de la région d’Ottawa afin d’harmoniser l’information, les soins cliniques et la gestion de programmes. Il a pour mission de faciliter les démarches à la fois pour la patientèle et les professionnelles et professionnels de la santé grâce à un modèle de services intégrés axé sur des soins de qualité et centrés sur la personne. Dans le cadre de cette collaboration, la professeure Chreim entend trouver les moyens d’atténuer les tensions entourant les programmes d’AMM et d’en assurer la pérennité. Ses travaux visent à améliorer le processus décisionnel, à renforcer les systèmes de soutien, à optimiser les ressources et à protéger le bien-être des professionnelles et professionnels qui jouent un rôle dans l’AMM.

L’étude porte notamment sur la transformation rapide des rôles professionnels dans la foulée des modifications législatives. Habitué à des changements progressifs, le système de santé a dû cette fois s’adapter très vite, ce qui a créé des tensions chez les professionnelles et professionnels qui portent le fardeau émotionnel et moral de l’AMM. La loi a également entraîné la création d’un nouveau poste de coordination du programme d’AMM dans les établissements de santé pour la gestion de la complexité du processus, mais l’absence de lignes directrices claires sur ces nouvelles fonctions ajoute aux difficultés. L’équipe de recherche se penchera sur les défis du leadership collectif et la redéfinition des rôles professionnels dans ce domaine émotionnellement chargé et en pleine mutation. Les conclusions de l’étude éclaireront les décisions relatives aux modèles de leadership, à la dynamique des rôles et à la gestion des tensions dans les établissements de santé.

« Je m’intéresse à l’évolution des fonctions et des pratiques professionnelles, explique la professeure Chreim, mais aussi à la dynamique du leadership, que j’ai étudiée dans différents contextes organisationnels, y compris en milieu hospitalier. Avec ce projet, je conjuguerai ces deux champs d’intérêt dans un contexte complexe et en pleine évolution. »

La recherche, qui vise à examiner les pratiques d’AMM en milieu urbain et rural, sera réalisée avec la méthodologie de l’étude de cas qualitative, donc au moyen d’entrevues, d’observations et d’une analyse documentaire. Des entrevues semi-structurées seront menées auprès de professionnelles et professionnels et de leaders qui jouent un rôle dans l’AMM. L’équipe de recherche observera également des réunions portant sur l’AMM et analysera la documentation pertinente. Les données feront l’objet d’une analyse thématique, qui permettra de comparer les réalités dans divers milieux et d’éclairer à la fois la recherche et les améliorations concrètes à apporter dans le domaine.

Enfin, l’étude jettera un éclairage sur les points problématiques et les possibilités se rapportant aux services d’AMM, et proposera des stratégies pour atténuer les tensions et favoriser la prestation durable de soins de grande qualité. Les conclusions serviront aux professions de la santé, aux décisionnaires et au milieu de la recherche, et seront diffusées à un large auditoire dans le cadre de webinaires, de conférences et de communications aux médias.

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