Passer au contenu principal
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Carrefour du savoir Telfer

À Telfer, le Mois de l’histoire des Noirs se traduit par un engagement permanent


Le doyen Stéphane Brutus, vêtu d’un costume bleu, arbore un sourire

Pour marquer les 30 ans du Mois de l’histoire des Noirs au Canada, le doyen de l’École de gestion Telfer, Stéphane Brutus, nous fait part de ses réflexions sur l’importance de cette célébration.


Ce mois de février est l’occasion de souligner l’excellence noire et la contribution des membres de la communauté universitaire, diplômée et philanthrope noire aux réussites de notre établissement. En quelques mots, que signifie le Mois de l’histoire des Noirs pour la communauté de Telfer?

Le Mois de l’histoire des Noirs est pour moi l’occasion de prendre du recul pour contempler tout ce que nous avons accompli à Telfer—et c’est une grande source d’inspiration. Pour avoir visité de nombreuses écoles de gestion au Canada, je peux vous assurer que la nôtre est vraiment à part.

Je suis fier de dire que la moitié de notre équipe de direction est noire. Philippe, notre directeur administratif et véritable superstar, est originaire du Burkina Faso. Greg Richards, notre vice-doyen des programmes professionnels de deuxième cycle, incarne la sagesse de son pays insulaire de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Mon propre père, qui a quitté Haïti pour s’établir au Canada, m’a insufflé les valeurs que je défends en tant que doyen.

La diversité n’est pas une fin en soi; c’est un moyen de créer un terreau fertile à l’excellence. Notre population étudiante en est le reflet. Les corridors résonnent de conversations en différentes langues, qui expriment des perspectives des quatre coins du monde et créent une atmosphère électrisante nourrie par les échanges d’idées diversifiées entre les plus brillants esprits.

Le Mois de l’histoire des Noirs nous rappelle qu’au-delà des couleurs, cet arc-en-ciel de talents nous procure un avantage concurrentiel. À leur entrée dans les sphères décisionnelles du monde entier, nos diplômées et diplômés possèdent plus qu’une formation : ils ont une expérience d’apprentissage et de travail auprès de personnes qui portent une vision différente de la leur. Dans une économie mondiale, c’est plus qu’un atout. C’est essentiel.

Bien sûr, février est l’occasion de célébrer l’excellence noire à Telfer. Mais c’est aussi l’occasion de reconnaître que l’ensemble de la communauté de Telfer est la preuve vivante que la promesse du Canada d’offrir des chances égales à toutes et à tous n’est pas un simple slogan, mais une stratégie d’affaires remarquablement efficace.

Telfer a reçu des dons pour financer des bourses destinées à des étudiantes et étudiants noirs, autochtones ou racisés. Ces bourses et les autres initiatives de soutien contribuent-elles à éliminer les obstacles systémiques qui persistent dans l’enseignement postsecondaire?

Je répondrai sans ménagement : contrairement au talent, les possibilités ne sont pas réparties équitablement. La bourse d’admission Wes-Hall, la bourse KPMG pour étudiantes et étudiants en comptabilité, le Fonds pour l’EDI de l’Association étudiante de Telfer et la bourse Marlene-King-Patrick ne sont pas des initiatives de façade, mais des investissements stratégiques dans le potentiel sous-exploité.

Le calcul est simple : en plus de payer les droits de scolarité, les membres des communautés marginalisées qui ont du potentiel sont souvent les premiers de leur famille à accéder aux études supérieures et portent un fardeau financier qui nuit à leurs études, sans compter le stress subtil, mais bien réel, d’évoluer dans un milieu qui n’est pas représentatif du leur.

Nos bourses ciblées rompent ce cercle vicieux. Quand on supprime les obstacles financiers, ces étudiantes et étudiants peuvent atteindre l’excellence dans leurs études. Et lorsqu’on crée des cohortes diversifiées, des réseaux de mentorat se tissent naturellement et durent parfois toute une vie. De plus, quand les futures étudiantes et futurs étudiants voient des personnes diplômées qui leur ressemblent, le message est clair : vous aussi, vous avez votre place ici.

« Quand les futures étudiantes et futurs étudiants voient des personnes diplômées qui leur ressemblent, le message est clair : vous aussi, vous avez votre place ici. »

— Stéphane Brutus, doyen de l’École de gestion Telfer

Mais ce qui me rend le plus heureux, c’est que chaque étude, chaque travail de recherche et chaque exemple de réussite prouve que les équipes diversifiées produisent de meilleurs résultats que les équipes homogènes. Supprimer les obstacles financiers pour les étudiantes et étudiants sous-représentés, c’est donc la chose la plus intelligente à faire. Ainsi, dans nos salles de classe, nous formons le plus large spectre de talents que recèle le pays, et au bout du compte, ce sont les entreprises canadiennes qui en profiteront.

D’après vous, que devraient faire les écoles de gestion comme Telfer pour améliorer l’accès, la représentation et le leadership pour les communautés noires du Canada et du monde entier?

Les écoles de gestion occupent une place particulière, qui chevauche l’université, les bassins de talent et les milieux communautaires. Cette position leur confère à la fois une responsabilité et une formidable occasion de façonner le modèle de leadership de demain.

Pensez-y : chaque PDG, chaque entrepreneuse et entrepreneur et chaque responsable de politiques qui trace l’avenir économique du pays est passé par une école de gestion ou travaille avec des personnes qui en sont diplômées. Si nous faisons en sorte que notre communauté diplômée représente toute la diversité des talents, nous pouvons changer de nombreuses vies, mais aussi la couleur du leadership canadien, au sens propre et figuré.

Mais c’est dans nos réseaux que la magie opère. Nos liens avec nos diplômées et diplômés, nos partenaires et les communautés tissent une toile qui s’étend largement au-delà de nos murs. Les étudiantes et étudiants des cycles supérieurs qui mentorent les plus jeunes, les entreprises qui créent des stages pour des talents sous-représentés, les personnes diplômées qui ouvrent des portes fermées depuis longtemps, tous ces gens sont les artisans du changement systémique.

Nous faisons plus que former la relève : nous traçons la voie d’un leadership inclusif. Et, si nous réussissons, plus personne ne se demandera dans vingt ans si les entreprises canadiennes sont suffisamment diversifiées; on se demandera comment Telfer a pu innover au point de créer un tel avantage concurrentiel.


Articles connexes

Prochain article ›

Des participants du Sprint d'innovation Prévenir l'itinérance chez les jeunes célèbrent 48 heures de collaboration intense.
Un sprint d’innovation pour lutter contre l’itinérance chez les jeunes

© 2026 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
Politiques  |  Urgences

alert icon
uoAlert