Veuillez noter que cet événement se déroulera uniquement en anglais.
Les récents modèles de valorisation des actifs suggèrent qu’un portefeuille BMG (Brown-Minus-Green) devrait générer un rendement attendu positif en compensation des risques climatiques et des risques de transition encourus. Pourtant, les rendements BMG réellement observés sont mitigés. Nous croyons que la principale variable d’état manquante est la dispersion des prévisions des investisseuses et investisseurs concernant les dommages économiques des changements climatiques. Nous mesurons de manière empirique cette dispersion sur les marchés financiers à l’aide des prévisions de résultats préparées par les analystes pour des entreprises brunes et vertes appariées. Alors que la dispersion était faible avant l’Accord de Paris, elle fluctue beaucoup plus depuis et, plus important encore, elle permet de prédire les rendements BMG. À partir de ces constats, nous élaborons un modèle dans lequel les motivations des investisseuses et investisseurs sont purement pécuniaires. Ainsi, s’ils admettent l’existence des dommages climatiques, ils ne s’entendent pas sur leur ampleur. Les changements climatiques affectent négativement le rendement futur, et l’hétérogénéité des anticipations des investisseuses et investisseurs à cet égard génère des transactions spéculatives ainsi qu’une allocation des ressources perçue comme sous-optimale. Pour obtenir un équilibre, il faut recourir à une représentation à deux facteurs (risque financier et risque climatique) enrichie de composantes de valorisation liées au caractère subjectif des prévisions. L’introduction d’un plafond d’émissions endogène, déterminé par un processus politique, crée un lien entre le désaccord et le risque de transition. Nous montrons que le rendement attendu du portefeuille BMG dépend de la dispersion des prévisions et de la pression politique : les primes BMG peuvent ainsi être positives, nulles ou négatives, et une accélération suffisante des dommages climatiques garantit une prime de rendement BMG uniformément positive.
À propos du conférencier
Yrjö Koskinen est professeur BMO de finance durable et de finance de transition à la Haskayne School of Business (HSB) et directeur de la recherche à l’Institute for Sustainable Finance de la Smith School of Business (Université Queen’s). Il a été doyen associé de la recherche et de l’impact commercial de la HSB de 2017 à 2022. Il a auparavant enseigné à la Stockholm School of Economics, à la Questrom School of Business de l’Université de Boston et à la Wharton School de l’Université de la Pennsylvanie. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université d’Helsinki et d’un doctorat en gestion (finance) de l’INSEAD. Avant d’amorcer sa carrière universitaire, il a travaillé comme journaliste financier et gestionnaire d’actifs et comme économiste à la Banque de Finlande.
Le professeur Koskinen préside actuellement le comité directeur du Canadian Sustainable Finance Network. Il est aussi membre de la Nordic Initiative in Corporate Economics et fait partie de l’équipe de recherche de l’European Corporate Governance Institute. Il a été coprésident de la Northern Finance Association.
Les principaux intérêts de recherche du professeur Koskinen sont la finance durable, le financement climatique, la finance d’entreprise et la gouvernance. Ses travaux ont été publiés dans les plus grandes revues de finance et de gestion : Journal of Financial Economics, Review of Financial Studies, Management Science, Journal of Financial and Quantitative Analysis, Review of Finance, etc. Il a reçu le Standard Life Investments Finance Prize pour ses recherches sur la responsabilité sociale des entreprises et le risque d’entreprise.