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Carrefour du savoir Telfer

Comment les étudiantes et étudiants de Telfer apprennent la durabilité au cœur de la communauté


Photo de groupe montrant des étudiantes, étudiants et membres du corps professoral à l’avant d’une salle de classe, tenant un grand chèque remis pour un premier prix dans le cadre d’un projet d’apprentissage expérientiel à l’École de gestion Telfer.

Par un matin de décembre au pavillon CRX, il ne s’agissait pas d’une simple présentation de fin de session. 

Ce qui s’est joué dans la salle était plus feutré, plus grave. Un de ces moments où l’apprentissage cesse d’être théorique pour prendre du poids. Les étudiantes et étudiants ne se tenaient pas là pour défendre une note, mais pour expliquer des choix. Pas pour résumer des lectures, mais pour rendre compte de personnes, de lieux et de compromis bien réels. 

Il s’agissait de la présentation finale du cours ADM4717, un cours fondé sur l’apprentissage expérientiel et l’engagement communautaire. Pour plusieurs personnes présentes, ce moment marquait un véritable basculement : passer d’un apprentissage sur la durabilité à un apprentissage dans la durabilité. 

De la salle de classe à la communauté 

Des étudiantes et étudiants assis à des tables écoutent attentivement des présentations de projets en salle de classe, avec un écran affichant l’ordre du jour en arrière-plan.

Soutenu par le Fonds d’apprentissage expérientiel (ExL) Dom Herrick, le projet a réuni 43 étudiantes et étudiants, répartis en huit équipes, autour d’un partenariat concret avec un organisme communautaire : Sustainable Eastern Ontario (SEO)

Le mandat semblait simple à première vue : analyser les défis de durabilité auxquels font face les quartiers francophones de l’Est ontarien et formuler des recommandations à la fois réalistes, actionnables et adaptées au terrain. 

Pour y parvenir, les équipes ont mené des visites de terrain, réalisé des entrevues avec des parties prenantes et effectué des diagnostics de quartier. Les étudiantes et étudiants ont exploré des enjeux allant de la gestion des déchets et de la mobilité à l’abordabilité du logement, l’accès aux espaces verts et l’emploi des jeunes. Ils ont travaillé avec des données incomplètes, jonglé avec des priorités parfois divergentes et découvert que le travail communautaire ne propose que rarement des réponses simples. 
Et c’était précisément là tout l’enjeu. 

Des priorités qui émergent du terrain 

À travers les différents projets, des priorités communes ont peu à peu pris forme. Plusieurs équipes se sont penchées sur les infrastructures du quotidien qui façonnent discrètement les modes de vie durables : l’accès au transport actif, la continuité des réseaux cyclables ou encore la fiabilité du transport en commun local. 

D’autres ont concentré leurs efforts sur la gestion des déchets et les pratiques circulaires, en proposant des initiatives de compostage communautaire et des systèmes de recyclage élargis, ancrés dans la participation citoyenne. Les questions d’inclusion sont revenues de façon récurrente, notamment en lien avec l’abordabilité du logement, les modèles d’habitation partagée et la cohésion sociale dans des quartiers soumis à de fortes pressions. 

Les espaces verts ont également occupé une place centrale, non seulement comme leviers environnementaux, mais aussi comme espaces sociaux : lieux de rafraîchissement face aux îlots de chaleur, de sécurité alimentaire et de reconstruction du lien communautaire. 

Dans leur ensemble, les propositions témoignaient d’une compréhension mature de la durabilité comme réalité vécue au quotidien, inscrite dans la mobilité, l’habitation, l’alimentation et les relations humaines, bien au-delà d’objectifs politiques abstraits. 

Apprendre par la responsabilité 

La Professeure Dorra Jlouli présente les principaux défis en durabilité à l’aide d’un schéma projeté, s’adressant à l’auditoire lors d’une présentation finale de cours.

Tout au long de la session, la professeure Dorra Jlouli a accompagné les équipes dans un processus à la fois structuré

et souple, offrant un encadrement attentif, remettant en question certaines hypothèses et adaptant le cours lui-même aux attentes et aux contraintes du partenaire communautaire. 

Cette approche s’inscrit dans une vision pédagogique plus large portée à Telfer, façonnée notamment par le travail fondateur de la professeure Daina Mazutis. Son leadership en matière d’intégration de la durabilité et de l’engagement communautaire dans le curriculum a contribué à créer les conditions nécessaires à l’émergence de cours comme celui-ci. 

Pour la professeure Jlouli, c’est précisément là que l’apprentissage expérientiel révèle toute sa valeur : “voir l’impact réel du travail étudiant, et la crédibilité que cela confère à leur apprentissage comme à l’université, rend cette approche particulièrement porteuse de sens.”

Quand l’engagement devient personnel 

Pour plusieurs étudiantes et étudiants, l’expérience a été profondément transformatrice. 

Une étudiante présente les principaux défis en durabilité à l’aide d’un schéma projeté, s’adressant à l’auditoire lors d’une présentation finale de cours.

Pour Mickaelle Angelo, cette transformation était avant tout humaine. Elle décrit le projet du Programme d’apprentissage par l’engagement communautaire (AEC), comme une expérience qui l’a aidée à grandir en apprenant à « écouter, prioriser et agir », soulignant à quel point la richesse humaine de l’équipe et les échanges avec la communauté ont rendu l’apprentissage « profondément concret » et l’expérience « aussi utile que marquante ». 

Une étudiante présente une analyse de quartier à l’aide d’une carte projetée, en pointant l’écran tout en expliquant des enjeux et priorités en matière de durabilité.



Ce sentiment de reconnexion a également trouvé écho chez Nagham Fawaz, qui a parlé avec franchise d’un désengagement académique progressif au fil de ses études universitaires. “Le projet AEC a marqué pour moi un véritable point tournant. Grâce à une expérience pratique ancrée dans des enjeux communautaires réels, j’ai pu renouer avec ma motivation et retrouver un sentiment clair de cohérence et de sens dans mon parcours.” 

Travailler avec de véritables partenaires et composer avec des contraintes réelles a aussi transformé la manière dont les étudiantes et étudiants comprenaient la durabilité elle-même. Comme l’a souligné Yassine Lachgar, l’étude d’un cas vivant a mis en lumière le caractère non linéaire des défis en durabilité. “Il n’existe aucune approche universelle, mais plutôt des contextes uniques qui exigent des solutions sur mesure pour générer un impact durable”. Cette complexité, loin d’être abstraite, est devenue tangible à travers le dialogue et l’interaction. 

Deux étudiantes et étudiants présentent leur projet côte à côte, s’adressant à l’auditoire tandis qu’une diapositive sur la durabilité des bâtiments est projetée derrière eux.

Pour Kalkidan Wondem Meshesha, la transformation a été à la fois académique et personnelle. Elle décrit son passage d’une étudiante en finance centrée exclusivement sur la rentabilité à une leader capable d’intégrer durabilité et viabilité dans chaque décision. “Travailler avec des données réelles, mener des entrevues sur le terrain et élaborer un plan d’action chiffré pour le quartier Wateridge Village m’ont donné un sens concret aux concepts de gestion. Le fait de savoir que mon travail pouvait réellement contribuer à la construction d’un quartier plus durable et inclusif a rendu l’expérience particulièrement gratifiante et a favorisé l’émergence d’un leadership participatif ancré dans l’autonomisation communautaire.” 

D’autres témoignages allaient dans le même sens. Marie-Emmanuelle Diby a décrit le cours comme l’un des plus marquants de sa session, tant pour la richesse des apprentissages que pour son approche appliquée. “La collaboration avec un partenaire communautaire a renforcé mes compétences analytiques et de recherche, tandis que le projet final m'a permis de transformer des concepts théoriques en stratégies concrètes, approfondissant ainsi ma compréhension du leadership et de la durabilité.” 

Ces prises de conscience ont émergé à plusieurs reprises au fil des présentations. Non pas comme des discours préparés, mais comme des réalisations silencieuses : apprendre n’a pas la même portée lorsque cela compte pour quelqu’un au-delà de la salle de classe. 

Investir dans l’expérience 

Photo de groupe montrant des étudiantes, étudiants et membres du corps professoral à l’avant d’une salle de classe, tenant un grand chèque remis pour un troisième prix dans le cadre d’un projet d’apprentissage expérientiel à l’École de gestion Telfer.

L’initiative a été soutenue par une subvention de 6 500 $ du Fonds d’apprentissage expérientiel Dom Herrick, un investissement visant à enrichir l’expérience étudiante au-delà du cadre traditionnel du cours. De ce montant, 5 400 $ ont été consacrés à des prix remis à cinq équipes dont les projets se sont démarqués par leur rigueur et leur pertinence. Le reste des fonds a permis de soutenir une visite de terrain essentielle à l’ancrage des analyses dans la réalité vécue des communautés, ainsi que l’organisation de la présentation finale et de la cérémonie de reconnaissance, concluant le projet dans le même esprit d’engagement qui l’avait lancé. 

Il est important de souligner que cette initiative représente la phase II d’une trajectoire pédagogique plus vaste. L’objectif est clair : jeter les bases de phases futures qui renforceront l’intégration de l’apprentissage communautaire au sein du programme de baccalauréat en sciences commerciales, avec la perspective éventuelle d’un cours crédité entièrement consacré à ce type d’approche. 

En cohérence avec la vision de Telfer 

Ce projet s’inscrit pleinement dans l’engagement plus large de Telfer envers une formation en gestion responsable. Ses objectifs d’apprentissage sont alignés avec les priorités en matière de durabilité de l’Université d’Ottawa, les compétences institutionnelles et l’accent mis par Telfer sur un leadership éthique, ancré et socialement conscient. 

Mais au-delà de cet alignement sur papier, le projet révèle quelque chose de plus difficile à mesurer : la confiance. Les étudiantes et étudiants repartent non seulement avec de nouvelles connaissances, mais avec la conviction profonde qu’ils et elles peuvent contribuer de manière significative. 

Un apprentissage qui marque durablement 

Au terme de la matinée, les applaudissements ont rempli la salle, non pas pour des diapositives impeccables, mais pour un travail réfléchi, des limites assumées et une réelle volonté de composer avec la complexité. 

L’apprentissage expérientiel ne promet pas de certitudes. Ce qu’il offre, en revanche, c’est une perspective. La capacité d’écouter, de collaborer et d’agir avec humilité. 

Et c’est peut-être là son plus grand apport : former des personnes qui comprennent que le changement durable commence rarement par de grands gestes, mais par une attention portée à un quartier, à une conversation et aux personnes qui y vivent. 

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Takwa Youssef

Cet article fut rédigé par Takwa Youssef, coordonnatrice de l'Académie verte à Telfer.

En tant que coordonnatrice de l'Académie verte, Takwa joue un rôle clé dans le soutien à la mise en œuvre des programmes interdisciplinaires de l’académie. Elle supervise la logistique, la coordination des événements et la gestion des ressources, assurant l'exécution réussie des cours, ateliers, formations et recherches. Takwa établit des ponts entre les facultés, les services et les partenaires externes, cultivant la collaboration pour enrichir l'impact du programme. Elle gère la communication, les finances et l’administration, tout en contribuant à la vision à long terme de l’académie en renforçant les liens entre les disciplines et en soutenant sa croissance continue.

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