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Doctorante à l’honneur – Marwa Soliman

Marwa Soliman a commencé son doctorat en gestion à Telfer en 2016 après sa maîtrise en comptabilité à l’Université de Memphis. Elle se spécialise en comptabilité, sous la direction du professeur Walid Ben Amar. Durant ses études, elle a reçu la Bourse doctorale Lilian-et-Swee-Chua-Goh, en plus d’être l’une des premières lauréates de la Bourse de recherche doctorale en comptabilité Daniel-Zéghal. Nous nous sommes entretenus avec elle pour en apprendre davantage au sujet de ses recherches sur la divulgation textuelle.

Pourquoi avez-vous choisi d’étudier en comptabilité?

La comptabilité n’était pas dans mes plans, mais cette matière m’a beaucoup plu en deuxième année de baccalauréat et je me suis dit que je pouvais exceller dans ce domaine. J’ai aussi eu la formidable occasion d’enseigner la comptabilité au sortir du premier cycle, ce qui a approfondi ma compréhension et mon amour de la matière. Voilà ce qui m’a menée au doctorat en comptabilité.

Sur quoi porte votre recherche et comment contribuera-t-elle au domaine?

Je m’intéresse aux notes complémentaires des états financiers. Comme on s’en doute, les documents comptables mettent surtout de l’avant du contenu quantitatif; toutefois, le contenu explicatif des notes complémentaires, qui représentent en moyenne 80 % d’un rapport annuel, a des répercussions économiques importantes. Mes recherches visent à mieux comprendre les motifs de la direction derrière les choix linguistiques. J’ai pu montrer que la direction compliquait intentionnellement l’information en cas de risque politique pour l’entreprise, et que les gestionnaires qui adhèrent au principe de responsabilité sociale des entreprises ont tendance à produire des notes complémentaires claires. En ce moment, j’essaie de déterminer si le profil des PDG influence la rédaction de ces notes. 

Vous avez présenté votre travail au congrès annuel de deux associations professionnelles; sur quoi vos présentations portaient-elles?

J’ai récemment fait une présentation au congrès annuel de l’Association américaine de comptabilité (AAA) et de l’Association canadienne des professeurs de comptabilité (ACPC). Il y était question des effets de l’incertitude politique sur les notes complémentaires. Mes résultats suggèrent que les gestionnaires utilisent ces notes pour dissimuler des prévisions potentiellement pessimistes. La direction tente de satisfaire la demande croissante d’information venant de l’externe tout en détournant l’attention des mauvaises nouvelles attendues. À l’aide de conference call transcripts, je montre que les entreprises qui évoluent dans un contexte d’incertitude politique ont davantage tendance à utiliser un style rédactionnel flou et ambigu, et à transmettre des réponses toutes faites aux analystes.

En quoi les entreprises canadiennes profiteront-elles de vos recherches? 

Mes travaux mettent en lumière l’utilité des notes complémentaires pour clarifier ou obscurcir l’information communiquée aux acteurs du marché. Ils permettent à l’ensemble des investisseurs, aux conseils d’administration et aux normalisateurs de mieux comprendre comment la direction peut utiliser les notes complémentaires pour travestir les états financiers d’une entreprise.

Par Rania Nasrallah-Massaad