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Dans le monde de l’entrepreneuriat, on sait que le taux d’échec des jeunes entreprises est élevé : selon Statistique Canada, « 20 % des jeunes entreprises font faillite à leur première année, et quelque 60 %, dans les trois premières années ». L’entrepreneuriat ne représente donc souvent qu’un ou plusieurs passages dans une vie professionnelle, et non un cheminement de carrière continu. Les répercussions de ces expériences sur le reste du parcours d’une personne, sur son succès et sur son bien-être restent toutefois peu connues. Or, c’est justement pour étudier le cheminement de carrière des entrepreneuses et entrepreneurs, et examiner l’influence des cycles d’expérience entrepreneuriale sur leurs situations et comportements futurs que Hien Tran et Mark Freel ont reçu une subvention Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines.

Titre du projet : Understanding the consequences of entrepreneurship as an episodic phenomenon (Comprendre les conséquences de l’entrepreneuriat en tant que phénomène épisodique)

Pourquoi la professeure Tran s’intéresse-t-elle à ce domaine de recherche? « Il est bien connu que les initiatives entrepreneuriales ont une courte durée et que l’entrepreneuriat constitue seulement un ou des épisodes dans la carrière d’une personne. Dans ce contexte, on doit absolument savoir ce qui arrive aux gens qui ont un jour fermé boutique, question de comprendre tant leur retour en affaires que l’entièreté du processus entrepreneurial afin d’orienter les choix de carrière et les politiques de soutien à l’entrepreneuriat. »

Selon le professeur Freel, « la plupart des études sur l’entrepreneuriat s’intéressent au fait de se lancer en affaires ou de diriger une entreprise, et plus particulièrement à la capacité de saisir les occasions, de trouver des ressources, d’innover, etc. Pourtant, les échecs sont nombreux et l’expérience entrepreneuriale de bon nombre de personnes se décline au passé. Notre but est d’explorer le revers de la médaille et de proposer une histoire différente du récit classique axé sur la longévité qui abonde dans la littérature, pour mieux comprendre les conséquences de l’entrepreneuriat sur les individus ».      

Les expériences d’entrepreneuriat et leurs résultats

Les petites entreprises ont été particulièrement éprouvées par les confinements découlant de la pandémie. De nombreux propriétaires n’ont pu qu’espérer survivre au fil des cycles de confinement et de réouverture, et beaucoup de petites entreprises canadiennes se sont vues obligées de fermer leurs portes pour une durée indéterminée. Même des entreprises établies depuis longtemps dans de petites localités n’ont pas eu d’autre choix que de mettre la clé sous le tapis après des décennies de service. Les conséquences de cette expérience pandémique sur les gens en affaires et leur avenir restent toutefois floues.

Certaines personnes se remettent de l’échec, relèvent la tête et se relancent dans l’aventure entrepreneuriale. Si l’entrepreneuriat constitue un parcours non linéaire jalonné de périodes de travail et de chômage, chaque expérience, à n’en pas douter, produit des effets sur les entrepreneuses et les entrepreneurs. La professeure Tran et le professeur Freel utiliseront donc les données de Statistique Canada pour étudier la durée des conséquences financières, psychologiques et sociales des expériences entrepreneuriales, de même que leurs effets sur la suite du parcours professionnel, le bien-être, la vie de famille et la vie sociale des gens d’affaires.

« Je m’attends à découvrir qu’un épisode entrepreneurial peut avoir des répercussions durables sur les revenus et l’employabilité d’une personne. Je perçois également que les avantages pécuniaires ou autres, comme le succès professionnel, la satisfaction personnelle et le bonheur perçu, sont déterminés par une longue carrière à son compte. Et comme le bonheur est contagieux, je pense que les effets positifs devraient se répercuter sur la famille, le réseau social et le milieu de vie », résume la professeure Tran.

Retombées de la recherche

Les données tirées de cette étude contribueront à l’enrichissement des connaissances dans le domaine de l’entrepreneuriat et aideront à mieux comprendre l’expérience entrepreneuriale individuelle. Elles nous permettront aussi de tracer un portrait global des facteurs qui influencent la décision de se lancer de nouveau en affaires après un échec, et des effets de ces expériences sur le cheminement de carrière et le bilan personnel. Enfin, elles pourraient influer sur les politiques et services gouvernementaux visant à améliorer la formation scolaire et professionnelle, de même que sur les initiatives destinées à soutenir les projets d’entreprise et à favoriser leur succès.

Par Rania Nasrallah-Massaad


Hien Tran

Hien Tran est professeure agrégée à l’École de gestion Telfer dans le domaine de la stratégie et de l’entrepreneuriat.  Ses recherches en cours portent sur l’innovation et l’entrepreneuriat dans les pays en transition, et sur la façon dont le transfert des connaissances en entrepreneuriat peut faciliter les activités commerciales entre les marchés développés et les marchés émergents.  En savoir plus sur son travail.

Mark Freel

Mark Freel est le professeur RBC Groupe Financier en commercialisation de l’innovation. Rédacteur associé au Journal of Small Business Management, il est aussi titulaire d’une chaire de professeur invité au Département d’entrepreneuriat et de stratégie de l’École de gestion de l’Université de Lancaster. Ses recherches, qui portent sur le rôle de l’entrepreneuriat dans le développement économique et commercial, sont financées par des conseils subventionnaires et des gouvernements.  En savoir plus sur son travail.


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