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Doctorante à l’honneur – Hong Qiu

Hong Qiu a intégré le programme de doctorat en gestion de Telfer en 2016, après avoir obtenu une maîtrise en administration publique de l’Université Dalhousie en 2007 et occupé un poste d’analyste au gouvernement fédéral pendant près d’une décennie. Se spécialisant en entrepreneuriat, elle travaille sous la direction du professeur Mark Freel et de la professeure Samia Chreim. Nous nous sommes entretenus avec elle afin d’en savoir plus sur son intérêt pour la gestion des conflits pendant le processus d’innovation.

Pourquoi avez-vous choisi d’étudier l’entrepreneuriat? Votre choix a-t-il été motivé par des raisons personnelles?

J’ai choisi l’entrepreneuriat parce que je m’intéresse aux façons dont les organismes publics peuvent avoir davantage recours à l’innovation. En tant que fonctionnaire, j’ai été témoin des nombreux obstacles à l’innovation auxquels sont confrontés les organismes publics – les conflits d’intérêts entre les parties prenantes, par exemple. J’aimerais donc contribuer à rendre la fonction publique plus agile et innovante.  

Sur quoi porte votre recherche et comment contribuera-t-elle au domaine?

Ma thèse porte sur la façon dont les organismes abordent les tensions et les conflits, comme le contrôle ou la résistance et les conflits d’intérêts, en particulier en contexte d’innovation.

Mon premier projet s’intéressait à la gestion des conflits au sein des entreprises familiales, un domaine qui offre beaucoup de pistes de réflexion sur la gestion des conflits dans le secteur privé. Le fait que les entreprises familiales doivent trouver un équilibre entre les intérêts de la famille et de l’entreprise reflète la position dans laquelle se trouvent les organismes publics qui doivent créer de la valeur publique pour un vaste ensemble d’intervenants aux intérêts variés. 

Parlez-nous d’un de vos articles récemment publiés.

J’ai récemment publié une revue de la littérature intitulée « Managing Family-Related Conflicts in Family Business: A Review and Research Agenda » dans Family Business Review. Cette revue présente un nouveau cadre d’analyse des types de stratégies de gestion des conflits au sein des entreprises familiales.

On y découvre que le caractère généralisé des conflits relationnels et les liens hautement émotifs qui unissent la famille contribuent vraisemblablement au recours plus fréquent à la séparation et à l’intervention de tierces parties comme stratégies de gestion des conflits.  Cet article met de l’avant une approche méthodique des dynamiques conflictuelles, puisque l’orientation à long terme des entreprises familiales exige des chercheuses et chercheurs qu’ils fouillent au-delà du règlement de conflit familial ponctuel.

Quelles seront les retombées de votre recherche sur les entreprises canadiennes?

J’espère que ma recherche contribuera à modifier les perceptions stéréotypées qu’ont les gens des tensions et des conflits. En contexte d’innovation, si elles sont bien gérées, les tensions entre l’ancien et le nouveau – qu’il s’agisse de valeurs, d’intérêts ou de structures – peuvent être constructives et pousser encore plus loin l’innovation.

Ma recherche vise également à démontrer les avantages et les limites des différentes stratégies de gestion des tensions, ce qui peut être utile aux innovateurs et innovatrices. Par exemple, le fait d’ignorer ou de contourner les règles en place au début du processus d’innovation peut pousser à la surface les tensions sous-jacentes et constituer un premier pas vers une résolution collaborative de celles-ci.

Par Rania Nasrallah-Massaad