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Par Lidiane Cunha

La pandémie de COVID-19 pousse les organisations publiques et privées à se montrer à la hauteur des obstacles à surmonter, tant dans les petites localités que les grands systèmes internationaux. Les fonctionnaires, les dirigeants d’organisations et d’entreprises et bon nombre d’autres parties prenantes agissent rapidement pour ramener la société à une « nouvelle normalité ».  Mais plutôt que de se limiter à régler les problèmes, « ils devraient réfléchir sérieusement aux leçons que l’on aura apprises à la dure pendant ce processus, et se poser des questions sur l’éthique de tout cela », explique Suhaib Riaz, professeur agrégé de l’École de gestion Telfer.

Défis

Dans un numéro spécial en ligne qu’il a préparé pour le Journal of Business Ethics (en anglais), le professeur Riaz souligne la nécessité d’une réflexion approfondie. Les organisations tentent de s’attaquer aux problèmes immédiats et aux enjeux sociétaux sous-jacents qui perdureront au-delà de la crise actuelle. Toutefois, il ne sera peut-être pas si facile de guérir les cicatrices laissées par la pandémie dans nos systèmes socioéconomiques, écologiques et de production, tous connectés à l’échelle mondiale. Parmi les grands défis que les dirigeants de tous les secteurs auront à relever, mentionnons :

  • Des connaissances incertaines : Pendant que nous prenons des décisions et que nous nous demandons de quelle façon revenir à la « normalité d’avant », la situation peut dégénérer à tout instant. L’incertitude est grande : ce que nous savons sur le virus et le vaccin potentiel évolue constamment, et il est impossible de prévoir avec précision dans quelle mesure les gens respecteront les normes imposées ou volontaires.
  • Un déplacement des communautés formées autour d’un lieu : La dynamique des milieux de travail s’est considérablement transformée en raison des mesures de distanciation physique imposées aux employeurs et aux employés. Il en va de même pour les réseaux de soutien de l’« ancienne normalité » comme le voisinage ou les écoles.
  • Une hausse des inégalités hommes-femmes : La vie des femmes est encore plus perturbée qu’elle ne l’a jamais été. La pandémie les oblige en effet à assumer plus de responsabilités professionnelles et domestiques que leurs homologues masculins.
  • L’injustice sociale : La crise a creusé les écarts sociaux et économiques, et marginalisé encore davantage les groupes les plus vulnérables de notre société.

Conseils aux dirigeants de gouvernements et d’organisations

Le professeur Riaz explique que les dirigeants ne devraient pas adopter de mesures économiques sans se préoccuper de l’aspect éthique. Il souligne l’importance de mettre la santé et le bien-être de nos communautés au premier plan, puis de construire nos institutions autour de ces deux piliers fondamentaux. Voici quelques autres recommandations pour un leadership fort et éthique.

Les dirigeants des gouvernements et des organisations devraient :

  • établir des partenariats solides et faire participer de nombreuses parties prenantes à la quête de solutions;
  • inviter les plus vulnérables à participer au débat et à mettre leur expérience à profit; la crise actuelle exacerbe les problèmes de certains groupes plus que d’autres;
  • tirer parti de leur position d’influence pour prendre des décisions, mais seulement après avoir mis en place un mécanisme leur permettant de vérifier d’abord l’aspect éthique de ces décisions.

« Les dirigeants devraient commencer à édifier des institutions nationales et mondiales pour le long terme qui pourront remédier efficacement à l’ensemble des conséquences de la crise et aux problèmes sous-jacents complexes qu’elle a fait ressortir », conclut le professeur Riaz.

Pour plus détails, on lira le commentaire du professeur Riaz dans ce numéro spécial en ligne.


Le professeur Riaz

Suhaib Riaz est professeur agrégé à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa. Ses travaux de recherche portent sur les grands enjeux mondiaux actuels et futurs comme les inégalités, les crises socioéconomiques et politiques et la financiarisation. Renseignez-vous sur ses recherches.


© 2019 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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