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À quel moment doit-on créer un bureau de gestion du patrimoine familiale?

En 2022 et 2023, l’Institut de l’héritage des entreprises familiales de l’École de gestion Telfer et le Family Business Network s’associent pour présenter le forum NxG Legacy, une série de huit tables rondes répondant aux grandes questions de la relève familiale en affaires. Ces questions sont tirées du nouvel ouvrage Next Generation Legacies: 35 Questions That Next Generation Members in Enterprising Families Ask, cosigné par les professeurs Peter Jaskiewicz et Sabine Rau de l’École Telfer.


Il s’agit peut-être de l’expression la plus connue dans le domaine : quand on a vu bureau de gestion du patrimoine… on a vu un bureau de gestion du patrimoine. Chaque situation est unique, et les solutions doivent être taillées sur mesure pour répondre aux besoins de chaque famille. Or, comme en témoigne notre discussion avec deux personnes représentant des gestionnaires de fortune distincts, les points communs ne manquent pas, même lorsque les familles proviennent de secteurs et de pays différents.

Lors d’un récent forum NxG Legacy organisé par le Forum du Family Business Network (FBN) et animé par Peter Jaskiewicz et Sabine Rau, trois points importants ont émergé de la discussion entre les panélistes Nathalie Marcoux et Abdullah Alsayer, qui travaillent tous deux au sein de bureaux de gestion du patrimoine : l’importance d’avoir une vision à long terme, de savoir de quoi l’on parle et de prendre le temps de bien faire les choses.

Gestion et gouvernance des bureaux de gestion du patrimoine

Nathalie Marcoux est la vice-présidente aux finances de sa société de gestion privée Capinabel Inc, située à Montréal. La création d’un bureau de gestion du patrimoine s’est imposée lorsque TC Transcontinental, l’entreprise de son père, a commencé à générer de la richesse : c’est à la suite d’un événement de liquidités, quelques années après le lancement, que le besoin de structurer davantage les choses s’est fait sentir. « C’est à ce moment que nous avons décidé d’officialiser la chose », explique la responsable.

Le bureau de gestion du patrimoine de Nathalie Marcoux, parmi ses nombreux objectifs et cibles, tient surtout à préserver le capital à transmettre aux générations futures. « Je ne suis qu’une gestionnaire qui s’attache à faire fructifier ce capital pour la prochaine génération; et que cette dernière puisse bénéficier de l’avantage dont j’ai moi-même profité », précise-t-elle.

Une idée de longévité corroborée par Peter Jaskiewicz, qui la voit très souvent dans les objectifs évoqués : « La fortune familiale devrait être considérée comme un fonds de dotation, un legs naturel de l’ancienne génération aux générations suivantes. »

Schéma analogue pour Abdullah Alsayer, responsable du développement commercial et de la planification stratégique d’Al Dhow Holding, pour qui la création d’un bureau de gestion du patrimoine est aussi allée de soi. « Le tout est parti d’une conversation dans un cabinet de comptable. Il y avait du patrimoine; et nous nous sommes dit qu’il serait bon d’en faire quelque chose », explique-t-il.

La vision à long terme est aussi fondamentale pour le gestionnaire, qui a la pérennité comme principal objectif. Pour atteindre cet objectif, nous dit-il, la gouvernance doit être au centre des priorités, avant même qu’il soit question d’investissement. « Il s’agissait des deux fondements sur lesquels je voulais insister au sein du bureau de gestion du patrimoine ».

C’est dans la structure de gouvernance que la différence s’invite, nous précise Abdullah Alsayerm; elle doit être adaptée à chaque contexte familial : « La structure doit respecter la dynamique familiale […], et concilier les différents intérêts; il s’agit de se rassembler et de se mettre d’accord en famille sur la vision et la structure à adopter ».

La valeur des connaissances… et d’un repas!

Quels conseils pour démarrer son bureau de gestion du patrimoine? Au haut de l’échelle, Abdullah Alsayer place une bonne formation et le soutien extérieur (faire partie d’un réseau tel que FBN, par exemple) : « La chose la plus importante, selon moi, ce sont les connaissances; connaître à fond son sujet avant d’agir. » Et, ajoutant avec un sourire à son homologue d’entrevue : « Le réseau FBN m’a vraiment été utile; on y rencontre des personnes incroyables, comme Nathalie ».

Développer ses connaissances, et plus que tout, sa littératie financière, est aussi pour Nathalie Marcoux au fondement du démarrage, qui conseille de se former aux bases de la finance et des investissements. « Nul besoin de tout savoir de A à Z, il s’agit juste d’en savoir assez pour être capable de poser les bonnes questions. » Pour la vice-présidente, poser des questions est la seule façon de trouver des façons nouvelles et optimales pour administrer son bureau de gestion du patrimoine : « C’est ainsi que l’on trouve les bonnes personnes avec qui travailler. »

Dans ce même esprit, Nathalie Marcoux nous livre une belle astuce : chaque fois qu’elle rencontre quelqu’un qu’elle ne connaît pas d’un bureau de gestion du patrimoine, elle l’invite à dîner! C’est alors l’occasion de lui demander « Quel est votre fonctionnement? », « À quoi travaillez-vous en ce moment? », ou encore « Comment préparez-vous la relève? ». Ces conversations permettent non seulement d’élargir sa vision des choses, mais aussi de nouer des relations essentielles dans le milieu.

Le temps, votre meilleur allié

Pour Nathalie Marcoux comme pour Abdullah Alsayer, la création d’un bureau de gestion du patrimoine est une entreprise qui prend du temps et ne peut être précipitée. Rassembler la famille pour articuler une vision commune et élaborer une structure sont des tâches des plus délicates, qui prennent plusieurs années. « Tout a commencé par une conversation lors d’une partie de pêche avec mon père, il y a cinq ou six ans. Et ce n’est qu’avant la pandémie, il y a deux ans, que nous en avons finalisé le squelette ». Il s’agit aussi, pour Abdullah Alsayer, d’un processus continu : « On a prévu d’y travailler encore, d’y apporter des améliorations au fur et à mesure »

Le temps est également un enjeu de taille pour la société de Nathalie Marcoux, mais la patience est de mise. Après l’événement de liquidité de l’entreprise familiale, elle a ainsi prévenu son père qu’une année entière serait nécessaire avant tout investissement : « Choisir les bonnes personnes, ça prend du temps. Il faut multiplier les rencontres, déterminer ses objectifs et prendre aussi le temps de décider où investir son capital. »

Prendre le temps de trouver les bonnes personnes – voilà un aspect important que Sabine Rau a découvert dans ses recherches doctorales : « Les familles sans approche professionnelle qui ne consultent pas de spécialistes en gestion financières plutôt qu’en gestion d’entreprise perdent près de la moitié de leur patrimoine dans la première année! » met-elle en garde.

Cette affirmation fait écho à la réponse d’Abdullah Alsayer lorsqu’on lui demande si son bureau de gestion du patrimoine est davantage axé sur la famille ou les affaires. » « Ce sont les affaires qui priment, c’est clair! » L’objectif final est d’ailleurs de n’avoir plus aucun membre de la famille au sein du bureau de gestion du patrimoine », explique-t-il. Et d’ajouter : « J’en suis à l’origine, parce qu’il y avait besoin de cet élan, de cette passion au début pour le faire décoller. Mais à dire vrai, je ne tiens pas à ce que la famille soit impliquée, si ce n’est au niveau de la direction ou de la planification stratégique. Très très axé sur les affaires, en effet! Mon objectif, comme celui de ma famille d’ailleurs, est de constituer une organisation entièrement professionnelle. »

S’informer et s’inspirer

Pour en apprendre plus sur le monde de l’entreprise familiale au travers des anecdotes et des conseils de leurs membres, suivez la page du Carrefour du savoir Telfer sur le site de FELI!

La prochaine table ronde publique du forum NxG Legacy se tiendra le 15 septembre 2022. Inscrivez-vous dès maintenant!

Entre temps, vous pouvez e apprendre davantage sur les sujets de discussions présentées lors de précédents forums NxG Legacy :

Découvrez comment l’École de gestion Telfer cultive la prochaine génération de leaders : consultez le site de l’Institut de l’héritage des entreprises familiales et inscrivez-vous à son infolettre.

Au sujet de l'auteur

À titre de responsable des communications au sein de l'Institut de l'héritage des entreprises familiales (FELI) de l'École de gestion Telfer (Université d'Ottawa), Katrina travaille en étroite collaboration avec le directeur et les collaborateurs de FELI afin de promouvoir les buts et objectifs de l'Institut.<br/> <br/> As Communications and Liaison Manager at the Family Enterprise Legacy Institute (FELI) at the Telfer School of Management (University of Ottawa) Katrina works closely with FELI's Director and contributors to further the aims and goals of the Institute.

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