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Des recherches fondées sur les leçons tirées de grands projets canadiens

Une femme et un homme discutent d'un projet sur un chantier de construction

Le Canada et bien d’autres pays sont à l’aube d’une vague de projets de grande envergure déclenchée par la nécessité de moderniser les infrastructures, l’incessante transformation numérique de la société et l’urgence climatique. Assurer la réussite des grands projets devient donc d’autant plus important.

Les projets récents comme le système de paie Phénix et le train léger d’Ottawa nous rappellent que l’échec engendre coûts, pertes et misères pour les gestionnaires de projet, les entrepreneurs, les propriétaires et les parties prenantes.

Stephane Tywoniak, professeur agrégé à l’École de gestion Telfer, a obtenu une subvention de développement Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines en vue de mener, sous l’angle du pragmatisme, une série d’études de cas pilotes sur des projets de grande envergure au Canada. À partir de cette théorie, il proposera un cadre pour l’analyse des comportements qui sous-tendent les grands projets.

Aller au-delà des théories restrictives actuelles

L’étude du professeur Tywoniak, intitulée Towards a major project behaviour theory, vise à transcender les théories qui dominent actuellement la recherche portant sur les projets à grande échelle et qui expliquent leur échec ou leur réussite par des mécanismes simples.

Selon la « théorie de l’erreur de planification » de Flyvjberg, les projets échouent parce que les décisions des gestionnaires souffrent d’un excès d’optimisme. Selon la « théorie de la main cachée » de Hirschman, les projets sont fructueux malgré le fait qu’ils aient été approuvés à la lumière de plans trop optimistes, parce que les gestionnaires parviennent à trouver des solutions créatives. Ces deux théories sont révélatrices, mais ni l’une ni l’autre ne permettent de comprendre pleinement les processus qui influencent l’issue des projets.

Le professeur Tywoniak souhaiterait trouver une solution à cette situation des plus insatisfaisantes. Au lieu de chercher à attribuer l’échec ou la réussite des grands projets à un facteur ou à un autre, son étude vise à découvrir les modes de comportement qui les caractérisent et les facteurs qui les influencent.

Un grand projet n’est pas une simple mise à niveau technologique, comme quand le système d’exploitation de notre ordinateur se met à jour le lundi matin; il entraîne une transformation en profondeur de l’organisation. Le projet Phénix, par exemple, devait permettre d’économiser des millions de dollars en consolidant la gestion de la paie de quelque 300 000 fonctionnaires relevant d’une centaine d’organisations dans un système intégré centralisé. Or, pour que les grands projets soient fructueux, il faut relever de multiples défis et concilier les attentes parfois contradictoires de diverses parties prenantes.

À qui profitera cette étude?

Le professeur Tywoniak adopte une approche plus globale pour étudier la gestion de projets.

Ce qui ressortira de cette étude pourrait être fort utile aux responsables de grands projets et servir de référence pour les bonnes pratiques. Les résultats pourraient également avoir une incidence sur les politiques publiques, notamment en ce qui concerne le démarrage et la gestion des projets de grande envergure. Des recommandations pourraient aussi être formulées afin d’aider les leaders des gouvernements et des industries à prendre des décisions plus éclairées quant à la planification et à la gestion des projets.

par Lidiane Cunha


Professeur Stephane TywoniakStephane Tywoniak est professeur agrégé de gestion de projets complexes à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa. Il s’intéresse principalement aux interactions stratégiques entre les entreprises et la société dans le cadre de projets ou de programmes complexes ainsi qu’à la prise de décisions stratégiques. En savoir plus sur les recherches de Stephane Tywoniak.