Maria McKay (MBA, École de gestion Telfer, 2012) excelle dans son domaine : elle est une mentore attentionnée et un véritable agent de changement pour ses clients du secteur public, pour les communautés noires, autochtones et de couleur, et plus encore. Maria est directrice principale, Ressources humaines et changement organisationnel, Services-conseils, chez KPMG. Elle a grandi dans un milieu où les divergences d’opinions et d’idées étaient encouragées et considérées comme une force. Tout au long de sa vie, elle s’est laissée guider par les valeurs de la promotion du bien, tant pour elle-même que pour son entourage, en défendant ce qui est juste et en encourageant les gens à faire de même. 

Maria a été adoptée dans sa petite enfance par deux personnes qu’elle considère comme ses alliés de toujours. « Je suis très chanceuse d’avoir été élevée par des parents attentionnés, humanistes », dit‑elle. Son défunt père, qui était pasteur de l’Église Unie, a su lui transmettre ses principes de justice sociale et d’inclusion. « Mon père a grandi à New Glasgow, et il m’a raconté cette expérience qu’il avait vécue dans son adolescence, à propos d’une femme noire qui refusait de quitter une zone réservée aux Blancs dans le cinéma de l’endroit, et du dégoût que lui avait inspiré la violence qui s’était ensuivie. Ce n’est qu’en 2016 que j’ai compris qui était cette femme extraordinaire, lorsque Tim Harper a écrit un article sur elle dans le Toronto Star, en proposant qu’elle figure sur notre nouveau billet de 10 $ (Viola Desmond); c’était la même histoire que mon père m’avait racontée quand j’étais enfant. Mon père aurait été absolument ravi de voir Mme Desmond sur notre nouveau billet! Cette expérience vécue dans sa jeunesse explique peut-être en partie pourquoi Martin Luther King et le mouvement des droits civiques aux États-Unis ont eu une si grande influence sur lui, et pourquoi il a choisi d’étudier à Boston, où mes parents m’ont rencontrée. » Malgré leurs espoirs, les parents de Maria étaient bien impuissants lorsqu’elle a vécu, dès la petite école, de nombreux épisodes douloureux d’exclusion et de racisme. C’est pourtant ce qui a amené Maria à observer le comportement humain sous de nombreux angles, et qui a éveillé son intérêt pour l’étude des groupes et des valeurs et normes organisationnelles, c’est‑à‑dire pour l’anthropologie culturelle. 

Après avoir obtenu, au Canada, un baccalauréat en anthropologie culturelle et en histoire, puis une maîtrise en bibliothéconomie et en science de l’information (MBSI), Maria est revenue sur la côte Est des États-Unis, plus précisément à Atlanta et à Boston. Elle a travaillé chez McKinsey & Company comme recherchiste et chez EY comme analyste du renseignement commercial stratégique. Ses solides aptitudes de recherche et d’analyse stratégiques, conjuguées à son goût du travail en équipe, la destinaient manifestement à une carrière de consultante en gestion. C’est du moins ce qu’en a pensé en 2011 Gregory Richards, directeur du MBA pour cadres de Telfer, lorsque Maria s’est montrée intéressée par le programme. 

MBA Telfer : une décision qui change une vie 

Maria a décidé de revenir au Canada et de faire sa maîtrise en administration des affaires (MBA) à Telfer. Nous pouvons en remercier Gregory Richards, alors professeur Cognos en gestion du rendement. « À l’époque, se rappelle‑t-il, nous recevions en entrevue toutes les personnes qui voulaient s’inscrire au MBA. Sans avoir été consultante comme telle, Maria avait pris de l’expérience chez McKinsey et chez EY. Après discussion avec elle, il nous est apparu qu’elle possédait les aptitudes d’analyse, de relations interpersonnelles et de résolution de problèmes nécessaires pour devenir une excellente consultante. Je pense que nous aurions pu lui demander pourquoi elle n’avait pas envisagé cette carrière auparavant, compte tenu de ses antécédents professionnels. » 

MBA Games 2012 Maria explique comment elle a choisi de faire son MBA à l’Université d’Ottawa : « Greg Richards y est pour beaucoup. Je voulais étudier avec un expert en stratégie et en gestion du rendement, et mon grand frère me l’a fortement recommandé. Je n’avais pas eu beaucoup de professeurs noirs non plus, seulement deux lorsque j’étais étudiante de premier cycle à l’Université de Toronto. Je n’en ai eu aucun durant mon MBSI, mais la Faculté m’a beaucoup soutenue jusqu’à mon projet final, une bibliographie exhaustive qui décrivait en détail le vécu de bibliothécaires noirs américains. J’ai beaucoup appris de tous mes professeurs à Telfer, et particulièrement de Gregory Richards et de Gerard Brathwaite-Sturgeon, qui est un spécialiste du comportement organisationnel et des ressources humaines. En fin de compte, Greg avait vu juste : j’ai très bien réussi dans mon cours de consultante. » 

Fier mentor et enseignant, le Pr Richards a vu Maria exceller dans le programme. « Par son travail, dit‑il, elle a montré qu’elle pouvait non seulement résoudre des problèmes, mais aussi collaborer même avec des personnes qu’elle trouvait parfois difficiles. Il est bon de voir qu’elle est devenue une consultante accomplie après son diplôme. » 

Maria compte maintenant près de 20 années d’expérience professionnelle. Elle aide des particuliers et des organisations à cerner les résultats qu’ils désirent et à déterminer comment obtenir de la valeur par des changements structurels de culture et de modèle opératoire. Dans un spectre d’appartenance qui accueille la diversité et l’inclusion, elle prône l’équité, la justice et la lutte contre le racisme. Par-dessus tout, Maria a la passion de servir les autres et elle est reconnue pour son sens de l’éthique et l’aide qu’elle apporte aux étudiants, à ses pairs et aux nouveaux arrivants au Canada. Sa contribution au programme de mentorat du MBA Telfer après l’obtention de son diplôme n’est une surprise pour personne.  

La passion du mentorat et de l’encadrement 

Maria fait partie du programme de mentorat du MBA Telfer, conçu pour permettre aux étudiants d’interagir avec un professionnel chevronné pour construire leur réseau et obtenir des conseils professionnels. « Un programme comme le mentorat du MBA Telfer ne pourrait pas fonctionner sans des gens comme Maria, s’exclame Caroline Hannah, gestionnaire du réseau de relations au Centre des carrières Telfer. Maria était une mentore avant même de se joindre à nous, alors cela lui est venu naturellement. Tout au long de son MBA, et par la suite, elle ne demandait pas mieux que de prendre un café et de discuter avec des étudiants, parce qu’elle aimait tisser des liens et servir de guide. C’est la passion du mentorat. » 

Maria Mentorat Il est vrai que Maria a un fort penchant pour le mentorat. « Je suis toujours à l’affût de quelqu’un qui a besoin que je l’aide à titre de mentore ou de coach, déclare‑t‑elle, que ce soit un client, une collègue, un ami, un étranger dans l’avion, une collègue d’école. Si quelqu’un me demande mon aide, que ce soit pour une fois ou plusieurs fois, j’essaie de dire oui si c’est logique et que j’ai quelque chose de valable à offrir. J’essaie de rehausser la confiance des autres, en particulier des femmes et des personnes de couleur, tandis qu’elles cultivent leurs sentiments d’efficacité et d’estime personnelles tout en se construisant un réseau professionnel. » 

Les mentorées de Maria commencent par s’imaginer le but visé en faisant un exercice appelé « la vie que je veux », puis elles accordent leurs aspirations personnelles et professionnelles avec l’état futur souhaité. Maria les aide à se fixer des objectifs et à les atteindre, discute avec elles de philosophies concernant les pratiques de gestion, l’intégration travail-vie personnelle et la réussite professionnelle. La relation peut évoluer à partir de là, selon les besoins exprimés par chaque mentorée. 

« Une chef d’entreprise avisée m’a expliqué la différence qu’elle voyait entre un mentor et un coach. Lorsque vous êtes mentor, les autres apprennent par « osmose » directe ou indirecte lorsque vous racontez vos propres expériences en espérant qu’elles leur serviront d’inspiration. En tant que coach, vous essayez d’établir des conditions telles que les autres puissent voir ce qui serait possible et ce qui serait différent s’ils y mettaient leur propre énergie et leurs propres efforts, puis vous les aidez à élaborer leur propre plan. Ensuite, c’est à eux de voir jusqu’à quel point ils veulent pratiquer leur métier et quels efforts ils sont prêts à y mettre, ou quels sacrifices ils sont prêts à faire pour préparer leur vie future. Alors, je suis tantôt une mentore et tantôt une coach », d’expliquer Maria. 

Elle aime ce qu’elle fait à Telfer, y compris aider des étudiants à se lancer dans leur carrière. « Il y a une partie de mon travail qui consiste à former les nouveaux arrivants en communication, pour qu’ils apprennent à faire des affaires au Canada et à transposer des expériences interculturelles. C’est ainsi que j’ai pu aider des étudiants à prendre contact avec des employeurs et à se décider devant des offres d’emploi, ajoute Maria. Je suis honorée de pouvoir faire cela, de voir des gens me faire assez confiance pour que je les pousse à réfléchir à leur propre avenir. J’en suis reconnaissante, et tellement contente que Caroline Hannah m’ait accueillie à bras ouverts. » 

Se tenir debout pour aider les autres 

BLM young man holding a sign À considérer sa belle carrière de consultante et les dizaines de mentorés qui en ont profité, on pourrait penser que Maria a toujours trouvé facile d’aider les autres et de défendre leurs intérêts. Pendant ses études de premier cycle, elle a manifesté sur le campus et lutté contre la discrimination au sein d’un groupe appelé « United Coalition Against Racism ». Mais ce n’est que lors des événements tragiques entourant le décès de l’américain George Floyd en mai 2020 qu’elle a redécouvert ses racines activistes et le courage de s’élever encore davantage contre l’injustice raciale sur la place publique. 

« Un des dirigeants de mon cabinet m’a dit en juin dernier que je n’avais plus à m’inquiéter d’être étiquetée comme une “femme noire en colère” lorsque je soulevais des enjeux importants, qu’il me suffisait d’être moi-même, dit Maria. Je croyais sincèrement qu’il me faudrait attendre ma retraite avant de pouvoir exprimer des opinions fortes sur le racisme, le sectarisme, la misogynie, le capacitisme, et appuyer vigoureusement les mouvements Black Lives MatterIndigenous Lives Matter, LGBTQIA2+ et les mouvements pour la santé mentale, entre autres, parce que je ne pensais pas que la société en général écouterait. Ce que j’ai compris au cours de la dernière année, c’est qu’il y a énormément de gens dans le monde qui sont aussi prêts au changement que moi et que si je parle au nom des principes d’honnêteté, d’authenticité, d’intégrité et d’amour pour mes frères humains, je n’ai rien à craindre à dire la vérité dans n’importe quelle arène, privée ou publique. » 

Chez KPMG, Maria est membre active du Black Professional Network et alliée au National Indigenous People’s Network. Elle est aussi un chef de file en gestion du changement qui veut aider les organisations à se préparer au travail de l’avenir, « inclusif par définition ». « Les transitions à l’entreprise numérique qui étaient prévues ou en cours avant la pandémie sont nécessaires pour moderniser l’exécution du travail, permettre aux travailleurs d’exercer leur emploi de façon plus sécuritaire et faciliter le passage à grande échelle au travail hybride et à distance, de dire Maria. Cependant, lorsque nous faisons appel à l’automatisation et à l’intelligence artificielle pour opérer des changements, bon nombre des travailleurs les plus menacés sont les femmes et les membres des communautés noires, autochtones et de couleur. Si notre devise est de ne laisser personne derrière, alors nous devons évaluer l’incidence des technologies émergentes sur les travailleurs selon la race, l’âge, le sexe et le lieu avant de changer quoi que ce soit, et ensuite ouvrir une voie de l’avenir qui convienne à toutes les personnes, surtout compte tenu de l’incidence différente de la COVID selon la race et le sexe. »   

D’après Maria, on ne peut pas apporter des changements dans sa vie ou sa carrière sans le soutien des autres, et c’est pourquoi elle s’investit autant dans le mentorat et l’encadrement. Bien qu’elle ait traversé de nombreuses périodes difficiles au cours de sa vie, elle a toujours pu compter sur des gens pour prendre sa défense et lui venir en aide, alors elle trouve naturel de donner au suivant. C’est pourquoi aussi elle essaie de vivre selon l’adage qui dit (origine exacte inconnue) : « Nous ne sommes pas sur terre pour voir à travers l’autre, mais pour nous aider l’un l’autre à passer à travers. » Et Maria de conclure : « Un des plus grands privilèges de ma vie est de voir des gens me confier leurs espoirs et leurs aspirations. Les mots sont impuissants à dire combien il peut être gratifiant d’aider les autres à articuler leur propre vision de l’avenir et à planifier les étapes nécessaires pour y parvenir, puis de les encourager ensuite sur le chemin de leur rêve. »