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La pandémie de la COVID-19 a entraîné des fermetures, mené au confinement et à l’isolement, tout cela pour une grande cause : veiller autant que possible à la santé des Canadiens. Nous le faisons également pour éviter que le système de santé ne soit submergé par des hôpitaux surpeuplés et un manque de ressources.

Nos héros du milieu de la santé, notamment les médecins, les infirmiers(ières), les chirurgiens(iennes) et tout le personnel hospitalier, risquent d'être exposés à la COVID-19 chaque jour où ils se rendent au travail pour combattre le virus et prendre soin de ceux qui l'ont contracté.

Nous nous sommes entretenus avec la Dre Mylène Côté, une diplômée de la maîtrise en gestion des services de santé de Telfer (MGSS '17), qui fait partie de ceux qui travaillent en première ligne face à la pandémie de la COVID-19. La Dre Côté est médecin à l'hôpital Queensway Carleton et chargée de cours à la faculté de médecine de l'Université d'Ottawa.

Apprenez-en davantage sur son expérience à l'hôpital depuis l'éclosion de la COVID-19:
 

Alors que plusieurs traversent cette période dans le confort de leur foyer et s'installent dans leur nouvelle routine en distanciation sociale, pouvez-vous nous dire en quoi votre vie quotidienne a été transformée et quel a été le plus grand changement pour vous?

« Bien que je continue de travailler quotidiennement à m'occuper des patients malades qui doivent être admis à l'hôpital, la façon dont je prodigue les soins a énormément changé; il y a une peur constante. Je désinfecte tout ce que je touche : mon ordinateur, ma pagette, mon stéthoscope, etc. Non seulement nous essayons de respecter la distance recommandée avec nos collègues, mais nous faisons de même avec les patients. Je n'ai pas le même lien que j'ai l'habitude d'avoir avec eux.

J'ai aussi une routine très stricte pour mon retour à la maison. J'apporte des vêtements de rechange au travail et je les mets avant de monter dans ma voiture. Ensuite, quand j’arrive chez moi, je désinfecte les surfaces que j'ai touchées dans la voiture, puis quand je rentre dans la maison, je prends immédiatement une douche.

La plus grande adaptation a été d'accepter l'incertitude et le rythme rapide des changements; les directives et les pratiques de notre hôpital changent tous les jours. Nous prévoyons toujours une augmentation rapide du nombre de patients admis. Nous prévoyons le pire et espérons le meilleur ».
 

Quel a été l'impact sur votre équilibre entre vie professionnelle et vie privée?

« La pandémie a eu un impact énorme sur l’équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie privée. Mon mari, qui travaille actuellement de la maison, doit trouver le moyen de travailler tout en divertissant et en s’occupant de nos deux jeunes enfants. Nous travaillons tous les deux sur nos ordinateurs le soir, ce qui ne nous laisse pas beaucoup de temps pour nettoyer le désordre perpétuel ».
 

Lorsque la nouvelle a été annoncée pour la première fois, en février, que le coronavirus pourrait se propager à un niveau pandémique, quelles étaient les pensées qui vous traversaient l'esprit?

« Il y avait beaucoup de tension et d'anxiété. Nous avions tellement de questions et pas beaucoup de réponses. Pour faire face à l'incertitude, nous avons commencé à élaborer des stratégies d'atténuation des risques. Je dois admettre que mon département et les responsables à l’hôpital Queensway Carleton (QCH) ont fait un travail incroyable pour organiser, préparer et renforcer les effectifs de secours. Tout le monde s'est réuni pour aider à se préparer au pire ».
 

Comment l’hôpital Queensway Carleton a-t-il réagi à la nouvelle?

« Le QCH fait un travail formidable dans le cadre de cette pandémie. Dès le début, l'organisation a donné l'exemple au reste de la ville. De l'ouverture d'une unité de test de Covid-19 à la transformation d'un hôtel en chambres d'hôpital pour nos patients stables en attente de soins de longue durée.

Depuis le début, le QCH examine toutes les personnes qui viennent travailler et organise des réunions bimensuelles pour les médecins et l'équipe de direction afin de s'assurer que tout le monde soit maintenu à jour. Le QCH a été très innovant et proactif dans cette pandémie ».
 

En tant que médecin, il est clair que la crise de la COVID-19 a bouleversé beaucoup de choses pour vous et vos équipes. Comment avez-vous pu faire pivoter vos activités pour répondre à l'afflux de cas dans la région d'Ottawa?

« Parce que nous ne savions pas à quoi nous attendre, nous avons fait beaucoup de travail pour nous préparer au pire. C'est là que les compétences que j'ai acquises à la MGSS ont été utiles.

J'ai été chargée de recruter des médecins à l’externe. Nous craignions que si le nombre de patients devenait élevé et que nos médecins étaient infectés, nous allions manquer de médecins. Grâce à différents canaux de communication, j'ai pu recruter de nouveaux médecins, qui ont bénéficié de privilèges temporaires.

Nous avons également créé des horaires de remplacement au cas où un membre de notre équipe serait infecté ou devrait être testé. Nous avons également augmenté le nombre de médecins travaillant pendant le week-end.

Et enfin, nous avons créé un plan de capacité avec différents niveaux à mesure que le nombre de patients augmente.

Heureusement, le nombre total de patients admis a été plus faible que d'habitude, nous n'avons donc pas eu besoin de mettre en place toutes ces stratégies ».
 

En tant que médecin, responsable, mère, épouse et citoyenne concernée, de nombreux aspects de votre réalité sont directement liés à la COVID-19. Êtes-vous capable de vous détendre, de relaxer et de vous déconnecter de l'actualité quotidienne? Si oui, comment?

« Je pense qu'il est essentiel de se déconnecter de l'actualité quotidienne. Il est trop facile de passer beaucoup de temps à lire les nouvelles ou à regarder les médias sociaux qui ne font qu'alimenter la peur en nous. Quand je suis à la maison avec les enfants, j'éteins mon téléphone et je passe le plus de temps possible à jouer avec eux, à faire des casse-têtes, du bricolage, des Lego, etc.

J'essaie aussi d'utiliser mon vélo pour me rendre au travail, en fonction de la météo, ce qui m'aide vraiment à décompresser. Et enfin, j'aime bien méditer le soir, avant de me coucher, ce qui m'aide à mieux dormir. Sinon, mon esprit ne cesse de penser au lendemain ».


Qu'aimeriez-vous pouvoir dire à tous ceux d'entre nous qui attendent avec impatience de retrouver une nouvelle forme de vie normale?

« Soyez patients...

Je pense que "nouvelle forme de vie normale" est la formulation correcte; je ne pense pas que nous reviendrons à la normale que nous connaissions avant très longtemps. Il y aura très certainement de nouvelles vagues lorsque nous commencerons à lever les mesures de distanciation sociale, et je m'attends à ce que les choses empirent avant de s'améliorer, mais c'est juste mon sentiment.

Cependant, je pense aussi que de bonnes choses vont sortir de cette période malheureuse : des idées et des projets innovants sont mis en œuvre, les gens se lient davantage à leur famille et nous créons un sentiment de communauté plus fort ».

 

Merci à la Dre Côté pour ses idées et ses informations sur les mesures prises dans la ville d'Ottawa pendant cette pandémie. Nous la remercions, ainsi que tous les travailleurs de la santé, de risquer leur santé chaque jour pour soutenir les Canadiens touchés par la COVID-19.


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