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Par Lidiane Cunha

Très peu de Canadiens et de Canadiennes connaissent les risques pour la santé associés au radon, mais, selon Santé Canada, l’exposition au radon est la principale cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs au pays. On estime que plus de 3 000 Canadiens meurent chaque année du cancer du poumon causé par l’exposition au radon. Le radon est un gaz radioactif qui se produit naturellement lorsque l’uranium dans le sol et la roche se décompose. Lorsqu’il est dilué dans l’air extérieur, ce polluant environnemental n’est pas préoccupant. Toutefois, lorsque le radon est libéré du sol dans les immeubles et les maisons, il peut constituer un risque pour la santé.

Ce qui est préoccupant, c’est la faible sensibilisation de la population à la présence potentielle de radon dans les maisons et aux risques pour la santé associés à ce polluant. Malgré les multiples efforts déployés par le Programme national sur le radon de Santé Canada pour sensibiliser davantage le public, seulement 6 % des ménages canadiens effectuent des tests de détection du radon.

Les résidents d’Ottawa et de Gatineau peuvent être exposés à une concentration accrue de radon en raison de l’emplacement géographique de la région, de longs hivers et de la conception des bâtiments. Selim Khan, alors candidat au doctorat à la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa, et Samia Chreim, sa cosuperviseure et professeure titulaire à l’École de gestion Telfer, ont étudié la perception des résidents d’Ottawa et de Gatineau des risques pour la santé liés à l’exposition au radon. Ils ont cherché à déterminer ce qui encourage les résidents à tester leur maison, et ce qui les en empêche, et à quel moment ils ressentent le besoin d’adopter des mesures de prévention appropriées. Les chercheurs ont présenté leurs résultats dans l’article intitulé « Residents’ Perceptions of Radon Health Risks: A Qualitative Study », publié dans la revue BMC Public Health.

Voici quelques constatations d’intérêt :

Moyens utilisés par les résidents d’Ottawa et de Gatineau pour se renseigner sur le radon

Les résidents qui ont participé à l’étude ont obtenu des renseignements sur le radon de diverses sources, notamment par les médias, leur formation ou leur profession, leur réseau social et lors d’activités de rénovation domiciliaire. Toutefois, leur compréhension des risques pour la santé variait, et les connaissances retenues par certains résidents étaient insuffisantes pour protéger adéquatement leur santé.

Ce qui encourage les résidents à faire diminuer les risques pour la santé associés au radon

Selim Khan et Samia Chreim ont constaté que les résidents qui comprennent les risques pour la santé sont susceptibles de prendre des mesures de protection lorsqu’ils s’inquiètent pour leur santé. Les résidents qui expriment des préoccupations au sujet de la santé des membres de leur famille, en particulier de leurs enfants, sont également susceptibles de faire diminuer les risques associés au radon. D’autres facteurs influencent également la décision des résidents de prendre des mesures, notamment le fait de disposer des ressources financières nécessaires ou de connaître des personnes qui ont contracté un cancer du poumon.

Ce qui empêche les résidents d’atténuer ces risques

Les principaux obstacles auxquels font face les résidents interrogés étaient le manque de sensibilisation aux risques pour la santé, les coûts, le fait d’être locataire et les préoccupations au sujet de la valeur moindre de leur propriété si des tests sont effectués et que les concentrations de radon sont jugées élevées.

Mesures que pourrait prendre le gouvernement selon les résidents

Les résidents estiment que les organismes publics devraient jouer un rôle majeur dans la diffusion plus efficace de l’information. Les résidents ont également mentionné plusieurs mesures gouvernementales qui pourraient encourager la population à agir. L’une de ces mesures consisterait à offrir gratuitement à la population des trousses de détection du radon. Les résidents indiquent également qu’il est important que le gouvernement rédige des règlements touchant les codes du bâtiment et la divulgation des concentrations de radon dans le cadre de transactions immobilières.

Recommandations des chercheurs pour améliorer la diffusion de l’information et les mesures de protection

L’étude de Selim Khan et de la professeure Chreim suggère que la compréhension des perceptions et des expériences des résidents peut aider les chercheurs et les autorités sanitaires à cerner les facteurs qui encouragent la population à risque à se renseigner sur les risques pour la santé et à prendre des mesures.

Les chercheurs mentionnent que les autorités doivent utiliser des interventions plus complètes et plus diversifiées. Il s’agit notamment de communiquer avec la population à risque par divers canaux médiatiques et de tenir compte des aspects cognitifs et émotionnels liés à la perception du risque des résidents. Les chercheurs suggèrent également que des mesures incitatives réalistes et une réglementation plus stricte pourraient être nécessaires.


La professeure Chreim

Samia Chreim est professeure titulaire et professeure Ian Telfer en études des organisations à l’École de gestion Telfer. Ses recherches dans portent sur la dynamique du changement à différents niveaux, sur la collaboration intraorganisationnelle et interorganisationnelle, et sur le leadership. Apprenez-en davantage sur ses travaux.


© 2020 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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