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À l’ère de l’intelligence artificielle, les organismes de placement importants, les fonds de couverture et certains investisseurs recourent également à de puissants algorithmes pour automatiser d’importants volumes d’ordres d’opération à très grande vitesse. Les négociateurs qui utilisent cette plateforme de négociation automatisée, appelée négociation à haute fréquence, peuvent exécuter des commandes dans le marché boursier en millisecondes, ou millièmes de seconde — alors qu’il faudrait en moyenne à un doigt humain 150 000 microsecondes pour cliquer sur la souris.

Toutefois, on sait très peu de choses sur la façon dont cette forme automatisée de négociation influe sur les marchés financiers et les entreprises. Alors que certains chercheurs pensent que les activités de négociation à haute fréquence rendent le marché plus efficient, d’autres nous mettent en garde contre les dangers qu’ils présentent. On croit que la négociation à haute fréquence augmente les pertes des investisseurs et déclenche d’importants krachs financiers. Mais ce n’est pas tout. Lorsqu’une opération financière s’exécute plusieurs fois en une fraction de seconde, la transparence et l’éthique sont menacées. Les chercheurs et les praticiens soupçonnent depuis longtemps que les spéculateurs très actifs agissent de façon opportuniste.

Puisque les négociateurs à haute fréquence achètent et revendent des actions plusieurs fois par jour, ils peuvent en augmenter artificiellement le cours et réaliser d’importants bénéfices à la revente. Toutefois, leur jeu ne profite pas aux autres joueurs, car au moment où les entreprises rachètent leurs propres actions dans le marché, les cours sont susceptibles d’être plus élevés. Par conséquent, ces entreprises verseront un dividende moindre à leurs actionnaires.

Pour mieux saisir l’incidence des opérations à haute fréquence, on a accordé une subvention de recherche de l’École de gestion Telfer (SMRG) au professeur agrégé Ali Akyol. Plus précisément, il examinera si les négociateurs à haute fréquence font croître artificiellement les cours et si les entreprises qui rachètent leurs actions risquent de payer un prix élevé.

Qui tirera parti de ces travaux ?

Professeur Aykol

« Lorsqu’une entreprise rachète ses actions dans le marché, une augmentation du cours signifie qu’elle doit payer plus cher. Si l’on constate que les spéculateurs très actifs coûtent de l’argent aux entreprises et à leurs actionnaires, les conclusions de ce projet pourront contribuer au débat sur la réglementation de la négociation à haute fréquence. Les entreprises sont tenues de suivre des règles strictes lorsqu’elles rachètent leurs actions et, de ce point de vue, l’étude montrera si et dans quelle mesure ces règles archaïques leur nuisent. »

-Ali Akyol

En savoir plus sur les travaux du professeur Akyol


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