Passer au contenu principal
 
 
 
 

Ces dernières années, l’idée que les entreprises devraient peser les conséquences de leurs décisions et de leurs activités sur la société et adopter des pratiques responsables a fait son chemin.

Pour les entreprises, cela peut signifier de changer la façon dont elles font des affaires. Selon la Revue mondiale de l’investissement durable 2018 (en anglais seulement), les investissements relatifs à la responsabilité sociale des entreprises dans le monde ont connu une forte augmentation, soit 68 % depuis 2014. En fait, ils atteignent presque 30 billions de dollars.

Le professeur Harshit Rajaiya s’est vu octroyer par le Conseil de recherches en sciences humaines une subvention de développement Savoir pour étudier l’effet des initiatives de responsabilité sociale sur le rendement des sociétés privées. Grâce à ce financement, le professeur et son équipe examineront comment les activités de responsabilité sociale d’une entreprise agissent sur ses chances d’attirer des investissements en capital de risque ou de devenir une société cotée en bourse.

Le projet de recherche, intitulé « Comment la responsabilité sociale des entreprises influence-t-elle l’avenir financier et économique des sociétés privées? », vise aussi à établir s’il existe un lien entre la responsabilité sociale et l’évaluation des entreprises introduites en bourse, ainsi qu’à déterminer si les investisseuses et investisseurs en capital de risque ont l’impression que ces entreprises seront plus florissantes.

Avantages potentiels de la responsabilité sociale des entreprises

Évidemment, les sociétés qui se tournent vers des activités de responsabilité sociale jouissent d’une meilleure réputation. Mais comme responsabilité sociale rime avec coûts élevés, cette approche est-elle vraiment payante, surtout pour les entreprises privées?

La communauté de recherche s’intéresse depuis des années aux relations entre les pratiques responsables et les résultats financiers des sociétés, mais les conclusions sont divisées. Certaines études démontrent que la responsabilité sociale des entreprises hausse la valeur actionnariale, d’autres soulignent les dépenses inutiles qu’elle entraîne.

De plus, les recherches se sont jusqu’à maintenant davantage concentrées sur les sociétés cotées en bourse. L’influence de la responsabilité sociale sur les entreprises privées est encore méconnue. Celles qui optent pour de telles pratiques sont-elles plus attirantes pour les investisseuses et investisseurs providentiels et en capital de risque, et ont-elles conséquemment de meilleures chances de réussir?

On pourrait croire que le portrait est différent pour ces plus petites entreprises, souvent moins connues et confrontées à de plus grandes contraintes financières. En effet, la survie des entreprises privées est souvent tributaire du financement par actions des investisseuses et investisseurs en capital de risque et providentiels (investisseurs accrédités). De plus, comme elles sont plus petites et moins connues que les entreprises cotées en bourses, les sociétés privées sont peut-être plus vulnérables aux atteintes à leur réputation si on croit qu’elles agissent de manière irresponsable.

Appui aux décisions stratégiques des entreprises 

Les entreprises privées contribuent grandement à l’emploi, à l’innovation et aux ventes en Amérique du Nord. Par exemple, une étude sur les investissements privés et les marchés boursiers (en anglais seulement) démontre qu’en 2010, les sociétés privées américaines étaient responsables de 58,7 % du total des ventes. Mais pour fonctionner et croître, elles doivent souvent s’appuyer sur des investissements externes.

Le public s’attend de plus en plus à ce que les entreprises prennent des engagements sociaux et environnementaux et considèrent les préoccupations des actionnaires. Il en va donc de la réussite, voire de la survie, des entreprises privées de savoir si les investisseuses et investisseurs sont davantage attirés par l’adoption de pratiques responsables.

« Les directions d’entreprises privées apprendront peut-être de nos conclusions et penseront aux parties prenantes et aux actionnaires lors de prises de décisions financières stratégiques portant sur leur responsabilité sociale », pense professeur Rajaiya.

par Marie-Claude Allard


Professeur Harshit Rajaiya Harshit Rajaiya st professeur adjoint en finance à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa. Les travaux du professeur Rajaiya portent surtout sur la finance entrepreneuriale, les stratégies de financement et d’investissement en capital de risque, le rôle de la propriété intellectuelle dans le financement externe des sociétés fermées et ouvertes, la technologie financière et l’importance des évaluations en ligne des politiques financières des sociétés. Apprenez-en davantage sur ses travaux.


© 2021 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
Politiques  |  Urgences

alert icon
uoAlert