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Nous vivons dans un monde où bon nombre de personnes et de groupes vivent encore de la stigmatisation en raison de leur identité, de leur apparence, de leurs actions ou de leur origine. Parallèlement, notre société est aussi désespérément à la recherche de nouvelles façons d’être davantage à l’écoute des personnes et des groupes sous-représentés et marginalisés dans le but de lutter contre l’exclusion et de promouvoir un changement visant justement leur déstigmatisation. Et si l’étude de l’entrepreneuriat pouvait favoriser ce changement social?

L’Histoire compte de nombreux cas de personnes sous-représentées et marginalisées ayant utilisé l’entrepreneuriat pour se protéger de la stigmatisation et des sanctions, sans nécessairement chercher à faire évoluer la société. Mais on peut faire d’une pierre deux coups. Par exemple, des entrepreneures et entrepreneurs accompagnent des personnes mourantes et leurs proches dans leur transition, et espèrent ainsi atténuer la stigmatisation et les sentiments négatifs associés à la mort en tant que vécu social. Le fait de comprendre leurs expériences et leurs pratiques pourrait nous aider à lutter contre la stigmatisation en général.

Miser sur la stigmatisation en entrepreneuriat pour changer la société

Grâce à une Subvention Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, la professeure Madeline Toubiana et son équipe exploreront la façon dont ces entrepreneures et entrepreneurs utilisent la stigmatisation comme outil de changement social dans trois domaines très différents : l’industrie du sexe, les soins de fin de vie et la santé mentale. Durant les cinq années que durera le projet, l’équipe réalisera des entrevues avec des artistes de la scène néo-burlesque, des doulas de la mort et des visionnaires en matière de soins de fin de vie et de santé mentale, en plus d’observer leurs interactions avec leur clientèle et avec d’autres fournisseurs de services plus classiques dans les domaines du striptease, des pompes funèbres et des soins de santé mentale. Cette étude comparative novatrice permettra de mieux comprendre les interactions et les interdépendances entre les acteurs et les secteurs, et de générer de nouvelles connaissances sur le rôle de la stigmatisation et de l’entrepreneuriat dans le changement social.

Titre du projet : Stigma for social change? Exploring stigma-exploiting entrepreneurship as a pathway for social change

Lorsque nous lui avons demandé pourquoi elle souhaitait réaliser ce projet intitulé « Stigma for social change? Exploring stigma-exploiting entrepreneurship as a pathway for social change », professeure Toubiana a expliqué, « Au cours des dix dernières années, j’ai étudié les facteurs et les leviers de changement social, en m’intéressant en particulier à sa capacité d’atténuer ou d’éliminer la stigmatisation et ses répercussions. J’ai découvert que l’entrepreneuriat pouvait être un puissant outil pour les personnes socialement marginalisées et stigmatisées. C’est ce qui m’a amenée à me pencher sur le potentiel de l’entrepreneuriat pour éradiquer la stigmatisation. »

Une première étape vers la déstigmatisation

Ce projet de la professeure Toubiana pourrait bien transformer notre façon d’appréhender le processus de changement social, notamment en ce qui a trait à la déstigmatisation. En plus d’éclairer notre compréhension de la réalité des travailleuses et travailleurs stigmatisés, les connaissances générées ouvriront de nouvelles avenues pour les gens d’affaires, les décisionnaires et le public en général qui souhaitent participer au changement social, en misant sur la stigmatisation au lieu de la perpétuer. 

Par Marie-Eve Girard


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Madeline Toubiana est professeure agrégée et titulaire de la Chaire Desmarais en entrepreneuriat. Elle s’intéresse notamment à l’influence des émotions, de l’entrepreneuriat, de l’innovation et de la stigmatisation sur le changement social. Ses recherches mettent en lumière les pratiques entrepreneuriales des groupes sous-représentés en plus de promouvoir l’inclusivité en gestion, en donnant une voix aux personnes stigmatisées ou marginalisées traditionnellement tenues à l’écart du marché du travail. En savoir plus sur les recherches de la professeure Toubiana.


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