Passer au contenu principal
 
 
 
 

François Chiocchio La plupart des étudiants qui arrivent à l’université ont déjà fait l’expérience du travail d’équipe, mais c’est ici qu’ils saisiront véritablement ce qu’est la collaboration. François Chiocchio, professeur agrégé en gestion des ressources humaines et comportement organisationnel, s’intéresse particulièrement aux caractéristiques des équipes gagnantes. Nouveau membre du corps professoral de l’École de gestion Telfer, il a une perspective unique sur ce qui rend le travail d’équipe si ardu et sur les moyens de développer ses compétences en la matière.

Pourquoi est-il si important que les étudiants apprennent à travailler en équipe?

Nous vivons dans un monde « connecté », et que ça nous plaise ou non, nous sommes appelés à être connectés de manière encore plus intense et de plus en plus de façons. Les étudiants doivent comprendre cela et s’y préparer. Pour établir de meilleures relations, les étudiants doivent comprendre et développer les qualités, les compétences et les comportements nécessaires à une collaboration réussie.

Pourquoi les projets de collaboration sont-ils si utiles?

Les projets de classe sont de bons moyens de s’exercer au travail d’équipe. Un projet reproduit l’ambiguïté et la complexité du monde réel. Dans une classe, il est possible de contrôler certains éléments inconnus, mais dans l’ensemble, les projets sont ambigus et complexes, exactement comme dans la vraie vie.

Pourquoi les projets réalisés en groupe mènent-ils parfois à des conflits?

Les étudiants ont tellement à apprendre que lorsqu’un conflit survient, le conflit a tendance à prendre des proportions spectaculaires. Il n’est pas rare que des étudiants demandent l’expulsion d’un membre de leur équipe dans les deux premières semaines d’un projet, même si ce n’est pas vraiment une solution viable dans la vraie vie. Au travail, nous savons qu’il est impossible de choisir les membres de notre équipe; l’exclusion n’est donc pas une solution. Mais toutes les équipes – d’étudiants ou de professionnels – ont des lacunes en gestion de conflits.

Les projets de groupe sont parfois des creusets de créativité, de fierté et d’engagement. Il est parfois utile de se concentrer sur les aspects positifs en situation de gestion de conflit.

En aidant les gens à collaborer, on réduit le nombre de conflits. C’est l’une des conclusions de mes études sur le travail d’équipe dans le milieu des soins de santé et dans des contextes interprofessionnels.

Et qu’en est-il des conflits par rapport au rendement individuel?

Les « paresseux sociaux », ou les personnes qui ont tendance à ne pas faire d’efforts au sein d’une équipe, n’ont pas toujours l’intention au départ de se laisser porter par l’équipe. Il arrive souvent qu’elles soient exclues par les autres membres pour diverses raisons. Les auteurs de l’exclusion préfèrent mettre cela sur le compte de la paresse sociale, mais en fait, ils contribuent eux-mêmes au problème.

C’est une situation complexe que la plupart des gens – et non seulement les étudiants – ne savent pas gérer.

Que conseillez-vous aux personnes qui doivent travailler en équipe?

Même les personnes qui n’aiment pas le travail d’équipe et préfèrent travailler individuellement peuvent développer leurs compétences et s’améliorer. D’autres personnes aiment le travail d’équipe, mais n’y sont pas très bonnes. Dans les deux cas, il est important de ne pas laisser son mode de travail préféré nuire à la situation. Les bons travailleurs d’équipe apprennent à s’adapter, et ceux qui sont perçus ainsi par leurs collaborateurs font tous deux choses : d’abord, ils s’engagent publiquement à réaliser une tâche et ils le font; ensuite, s’ils s’aperçoivent qu’ils ne peuvent respecter leur engagement, ils le disent ouvertement et adoptent une attitude proactive pour la suite.

Consultez l'article original sur le site de la Gazette [Ce lien n'est plus disponible]


© 2020 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
Politiques  |  Urgences

alert icon
uoAlert