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Magda Donia de l’École de gestion Telfer et Thomas O’Neill de l’Université de Calgary réaliseront une recherche sur la façon dont les équipes de travail virtuelles peuvent améliorer leur rendement en intégrant la rétroaction des pairs. Le projet, intitulé « La rétroaction des pairs dans les équipes virtuelles », bénéficie d’une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Des études ont montré que la rétroaction informelle et non verbale contribue grandement à souder les équipes en suscitant entre les membres la coopération nécessaire pour qu’ils puissent travailler ensemble. Or, c’est là un élément notablement absent dans les équipes de travail virtuelles d’aujourd’hui, selon Mme Donia, professeure adjointe en comportement organisationnel. « Dans des rapports en face à face, a-t-elle expliqué, les membres d’une équipe profitent de conversations au quotidien et ils ont la possibilité d’interpréter les expressions des autres, mais les rapports virtuels laissent peu de place aux rétroactions faites naturellement. »

Pour vérifier leur hypothèse qu’un système de rétroaction des pairs bien conçu, axé sur la coopération, pourrait encourager des comportements de coopération et donc améliorer le rendement des équipes virtuelles (ou EV), les chercheurs recruteront des participants étudiants dans le cadre d’une étude expérimentale où seront constituées plusieurs centaines de petites équipes. Ils se verront attribuer différents niveaux de « virtualité » pour leurs communications et l’exécution de leurs tâches. À mi-chemin durant les exercices, les participants auront l’occasion à la fois d’offrir de la rétroaction à leurs pairs et d’en recevoir, concernant les comportements en équipe, et ce, en utilisant un système en ligne d’évaluation des pairs. Un groupe témoin qui fera les exercices sans rétroactions permettra d’établir une base de comparaison. Les données seront recueillies au Virtual Team Performance, Innovation, and Collaboration Laboratory (Laboratoire sur le rendement, l’innovation et la collaboration dans les équipes virtuelles) de l’Université de Calgary.

Par ailleurs, Magda Donia a fait remarquer que des équipes spéciales expérimentales ne présentent pas les mêmes caractéristiques que des équipes de travail « intactes », comme celles de normes préétablies, de différences de statut entre les membres, de rôles et responsabilités bien définis, ou encore d’un intérêt confirmé à long terme quant aux résultats du groupe. Ainsi, dans les phases 2 et 3 de l’étude, les chercheurs comptent mettre à l’essai le système de rétroaction des pairs sur la coopération et le rendement auprès de différents types d’équipes de travail « intactes », dont des équipes réelles d’employés.

Les EV sont omniprésentes dans le monde du travail actuel, toutes ayant recours, à des degrés divers, à des modes de communication virtuelle tels que la messagerie instantanée, le courrier électronique et les téléconférences, mais l’efficacité des équipes virtuelles par rapport aux équipes traditionnelles a été mise en doute. « Plusieurs études indiquent que les EV ont un rendement inférieur à celui des équipes qui travaillent dans des rapports en face à face, a expliqué Mme Donia, car la coopération, au cœur de la question, ne s’y développe pas spontanément. Pour cette raison, dans les équipes virtuelles, il y a moins d’échanges d’information, moins d’analyses critiques de différents points de vue, moins de résolutions efficaces des conflits, et moins de mises à profit des connaissances spécialisées des membres de l’équipe. »

Est-ce que l’évaluation des pairs peut contrebalancer ce « déficit » de coopération? Il est intéressant de penser qu’un exercice bien conçu de rétroaction des pairs puisse servir en quelque sorte d’incubateur au développement de compétences comportementales dans une équipe qui ne s’est pas encore soudée, suggère Magda Donia. C’est en somme l’idée qu’en réfléchissant à leur propre contribution à l’équipe et à celle des autres et en prenant connaissance de différents points de vue sur ce qui fonctionne bien et sur ce qui fonctionne moins bien, les gens sont mieux outillés pour accomplir leurs tâches. C’est un forum où puiser plus d’information. »


© 2020 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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