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Tiemei Sarah Li La pratique d’établir des filiales commerciales et des sociétés affilées dans divers pays évoque des questions importantes qui restent en suspens. Comment ces activités internationales influencent-elles l'évaluation des actifs de ces entreprises? La professeur TieMei (Sarah) Li fait partie d’une nouvelle génération de chercheurs qui s’intéressent à ces questions. Elle mène sa recherche sur un contexte international particulier : Centres financiers extraterritoriaux, ou CFEs.

« Mieux comprendre les effets de l'activité des entreprises dans des contextes internationaux, c’est encore plus important pendant une période de crise financière persistante, » dit Li, professeure en comptabilité qui s’est jointe à l’École Telfer en 2011 après avoir obtenu son doctorat à l’Université de Concordia. Les CFEs ont fait l'objet d'un examen approfondi par des organisations telles que le FMI et les pays du G20 visent également à accroître la coopération mondiale en vue de réduire l’évasion fiscale et le détournement des actifs par les sociétés étrangères.

Dans une étude récente, Li et son cochercheur démontrent que les entreprises qui sont constituées en vertu d’une CFE et/ou situées dans ces pays sont plus souvent associées à des flux d’information plus faibles par rapport aux entreprises non-CFE. Autrement dit, on capitalise moins d’information dans les prix d’actions des entreprises CFEs. « Nos résultats confirment l’opinion sur laquelle un environnement favorable à l'évasion fiscale, c’est-à-dire ayant des institutions moins fortes, etc., prévoit des prix d'action qui sont moins informatifs. »

« Les CFEs nous permettent d’examiner tous les aspects liés au financement des sociétés multinationales dans une perspective très intéressante » dit Li, qui a travaillé pendant presque dix dans pour l’une des plus grandes banques chinoises, dans le domaine de l’investissement bancaire. Elle prévoit étudier la qualité de la comptabilité des compagnies qui pratiquent l’évasion fiscale dans certaines juridictions. À ce sujet, il existe certaines preuves que les entreprises rentables ayant de filiales aux CFEs sont plus susceptibles de gérer leurs résultats financiers que d’autres entreprises qui n’en ont pas.

Anciennes règles, nouvelles réalités

La comptabilité financière n’a pas évolué conformément à la complexité des activités commerciales et aux structures plus diffuses des entreprises globales, ce qui lance un défi important aux chercheurs. D’ailleurs, l'évolution de la littérature indique que ça pourrait changer.

Li remarque que des chercheurs ont démontré que le concept d'entreprise a subi des changements profonds dans cette ère de la mondialisation. En outre, d’autres chercheurs examinent comment valoriser les activités d’évasion fiscale des entreprises de façon plus compréhensive sur le marché. « Les réalités mondiales nous obligent à redéfinir en quoi consiste une société commerciale. Cela contribue également au débat sur les moyens par lesquels les activités économiques internationales peuvent (ou devraient) établir ou fausser la valeur », ajoute-t-elle.

« Il s'agit d'un défi de taille que d’expliquer l'impact de l'activité économique générée par des entreprises CFEs, vu sa nature complexe. Mais cela constitue une étape nécessaire afin d'adapter la comptabilité financière face aux réalités du 21e siècle. »


© 2020 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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