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Margaret Dalziel Le gouvernement et les entreprises en ont-ils pour leur argent lorsqu'ils tentent de stimuler l'innovation par des programmes et des organisations comme les réseaux de recherche, les parcs scientifiques et les associations industrielles? Les répercussions de ces « intermédiaires en innovation » sont souvent très difficiles à définir, affirme Margaret Dalziel, professeure agrégée à l'École de gestion Telfer de l'Université d'Ottawa.

Le 17 novembre, lors d'un débat d'experts à l'occasion de la 3e Conférence sur les politiques scientifiques canadiennes à Ottawa, Mme Dalziel a constaté que même si l'on a adopté une nouvelle orientation relativement aux intermédiaires au cours des dernières années, et ce dans un contexte où les inquiétudes concernant la transparence et la responsabilisation sont accrues, les efforts visant à mesurer leurs impacts n'ont à ce jour donné que des résultats mitigés.

Selon Mme Dalziel, une experte de l'innovation et de l'entrepreneuriat dont les recherches portent sur la meilleure façon de mesurer les effets des intermédiaires en innovation, « les répercussions de ces intermédiaires peuvent être positives, négatives ou négligeables ». « Par exemple, une étude a démontré que le programme U.S. Small Business Innovation Research avait eu une incidence positive sur les revenus, l'emploi et le financement à risque, mais une autre étude n'a révélé aucun impact sur l'emploi ou l'investissement en R. et D. »

Dans les années 1990, les études de Sematech, un grand consortium de R. et D. aux États-Unis, ont révélé des répercussions positives sur l'infrastructure technologique et industrielle générique, mais aussi des impacts négatifs sur les dépenses en R. et D. Dans le même ordre d'idées, les chercheurs ont effectué différentes évaluations de l'impact des parcs scientifiques et des associations industrielles.

« Il est difficile de mesurer l'impact, et ce, pour plusieurs raisons », conclut Mme Daziel. Chaque entreprise est différente; il existe un décalage entre l'établissement de relations avec l'intermédiaire et les résultats obtenus par l'entreprise et il est difficile de différencier ce que l'on appelle les « effets de sélection » et des « effets de traitement ».

« Autrement dit, les relations avec l'intermédiaire X entraînent-elles un rendement élevé de l'entreprise ou l'intermédiaire X établit-il d'emblée des relations avec des entreprises hautement performantes? », demande Mme Dalziel. « En outre, les activités des intermédiaires en innovation ont une incidence sur les ressources et les capacités des entreprises, mais les données sur ces caractéristiques sont difficiles à obtenir. Si les données sur le rendement des entreprises sont utilisées pour mesurer l'impact d'un intermédiaire, il faut s'assurer de contrôler les autres facteurs qui ont une incidence sur le rendement de l'entreprise. »

Mme Dalziel affirme que le fait de mesurer ce qui est pertinent plutôt que ce qui fait l'affaire s'avérera important pour améliorer les évaluations. Les chercheurs doivent utiliser des données au niveau de l'entreprise, envisager plusieurs dimensions de l'impact et miser sur la capacité des dirigeants pour déterminer si l'intermédiaire a contribué ou non à un résultat particulier.

Elle a également énoncé une mise en garde, à savoir que la mesure du rendement ne devrait pas nuire à l'atteinte du rendement voulu, et elle a souligné la nécessité d'être efficace au moment de mesurer l'impact.

« Les chercheurs ont fait des progrès prometteurs dans l'amélioration des évaluations d'impacts et l'on envisage l'arrivée de mesures fiables, pertinentes et pratiques.

Liens connexes :

  • Politiques d'innovation dans la perspective de la Chine
  • Plus de détails à propos de la présentation de Margaret Dalziel à la Canadian Sciences Policy Conference en novembre 2011 [Ce lien n'est plus disponible]

© 2020 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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