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Le 10 février 2015, des membres du Carrefour pour la transformation des systèmes de santé Telfer (CTSST) ont participé, à l’École de gestion Telfer, à une table ronde intitulée « Transforming Healthcare: Realities and Opportunities, A Clinical Perspective ». Le Dr James W.T. Chan, le Dr Michael Fung-Kee-Fung et le Dr Mark Walker, tous trois de L’Hôpital d’Ottawa (L’HO) et de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, se sont réunis. Une trentaine d’étudiants des programmes de maîtrise ès sciences en systèmes de santé et de maîtrise en gestion des services de santé et d’autres participants intéressés étaient présents.

Le Dr  Mark Walker, du Département d’obstétrique, de gynécologie et de soins aux nouveau-nés de L’HO a ouvert la discussion en évoquant la grande disparité des taux de césariennes qui prévalait en Ontario il y a quelques années. Il avait alors lancé une initiative provinciale de collecte de données sur les nouveau-nés et les mères, qui a entraîné le développement du Better Outcomes Registry and Network (BORN) (Registre et réseau des bons résultats dès la naissance). Le Dr Walker a présenté un tableau de bord et des chiffres montrant comment les mesures volontaires ont permis d’améliorer provincialement non seulement les taux de césariennes, mais également une foule d’indicateurs de la qualité concernant les nouveau-nés et les mères obtenus grâce aux mégadonnées. Il a insisté sur la nécessité de « gérer proactivement le changement » et souligné l’importance du rôle que joue la culture professionnelle dans cette transformation.

Le Dr Michael Fung-Kee-Fung, du Programme de chirurgie oncologique à L’HO, a quant à lui parlé du travail en transformation du cancer du poumon qu’il a lancé dans la région (RLISS de Champlain). Selon les données disponibles, la période d’attente entre l’obtention d’une radiographie anormale et la décision de traiter le résultat comme s’il pouvait s’agir d’un cancer était souvent trop longue. Ce délai nuisait gravement à la capacité de traiter efficacement le cancer du poumon. Le Dr Michael Fung-Kee-Fung expliquait qu’il est compliqué de traiter le cancer du poumon en raison du grand nombre de spécialités et de cloisonnements cliniques qui interviennent dans le cheminement du patient du soupçon aux soins palliatifs en passant par le diagnostic et le traitement. C’est du constat de ces défis auxquels en étaient arrivés à la fois les cliniciens et les administrateurs qu’est né le programme de transformation du cancer. Ceci intègre à la fois les éléments que sont le remaniement des processus, les méthodologies de collaboration et les technologies habilitantes. Ce changement émanant des cliniciens s’est fait au moyen du modèle de pratique à Ottawa, lequel a permis de faciliter le remaniement des processus, de simplifier des activités et de réduire jusqu’à maintenant de 45 % le temps d’attente, qu’on prévoit réduire d’encore 10 %. Il s’agit là d’une bonne nouvelle pour les personnes atteintes de cette forme agressive de cancer et d’un bon exemple de transformation concertée des pratiques de santé par la communauté médicale (clinique et administrative).

Le troisième panéliste, le Dr James W.T. Chan, de la Division de la médecine générale interne à L’HO, a mis l’accent sur les innovations locales. Il a parlé de la nécessité pour les cliniciens de documenter leurs pratiques et leurs activités pour le ministère aux fins de la reddition de comptes et par souci de sécurité et de professionnalisme. À l’heure actuelle, les médecins utilisent des « cartes bleues d’hôpital » pour saisir l’identité du patient afin de pouvoir la vérifier au moment de consigner des notes au dossier papier et de passer des commandes et durant les consultations. Bien que le système soit bien établi, l’on est à examiner la possibilité d’en accroître l’utilité, l’exactitude et la sécurité, expliquait le Dr Chan. Son service a demandé à un développeur tiers d’applications mobiles de créer une application iPad pouvant faire la même chose, mais mieux, que le système des cartes bleues. Mais des obstacles organisationnels plus importants que prévu ont fini par signer l’arrêt prématuré d’une étude pilote à laquelle devaient participer six médecins. Le Dr Chan a fait part d’un certain nombre de leçons apprises, dont la nécessité de communiquer et celle de mieux conjuguer les innovations de première ligne et les priorités organisationnelles. Il estimait également qu’il faut l’appui des hautes instances et un changement de mentalité pour que les efforts déployés par les médecins et les autres fournisseurs de services de santé pour innover et rester à l’avant-garde soient couronnés de succès.

Le thème commun de la table ronde était l’importance d’exploiter l’incroyable potentiel innovateur des professionnels de la santé de première ligne afin d’assurer la transformation des soins de santé. Les éléments cruciaux de ce processus sont la gestion du changement organisationnel, l’utilisation efficace des données et l’emploi de stratégies de communication.

L’auditoire, très attentif et engagé, a formulé de nombreuses questions et observations judicieuses sur la transformation des soins de santé et les changements de culture professionnelle susceptibles de l’assurer.

Un très grand merci aux participants, James, Mark et Michael, d’avoir organisé et tenu la table ronde. Le CTSST est heureux de l’immense succès de l’événement et se réjouit à l’idée d’en tenir de nombreux autres!


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