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Samir Saadi Les chercheurs en finance suivent avec intérêt l’exploration croissante des messages dans les médias sociaux à des fins commerciales. Samir Saadi, professeur adjoint en finance, pense qu’il pourrait très bien s’agir des nouvelles feuilles de thé de l’humeur des marchés qui permettraient aux investisseurs de choisir avec plus de confiance de nouvelles entrées en bourse et d’éviter les nouveaux titres surévalués. Les gestionnaires aussi pourraient en profiter. « Chaque année, de nouvelles sociétés cotées en bourse laissent des milliards de dollars "sur la table" en sous-évaluant leurs titres et versent des millions de dollars en commissions de placement vu l’incertitude engendrée par leurs évaluations », explique le professeur Saadi, à qui le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada a récemment accordé une subvention de 74 718 $ pour la réalisation de son étude, intitulée « Social media, investor sentiment, and initial public offerings ». Celui-ci estime que l’efficacité et la fiabilité croissantes des moyens utilisés pour exploiter les médias sociaux en raison de leur pouvoir de prédiction « pourraient faire économiser des millions de dollars aux gestionnaires en réduisant le risque de sous-évaluation des capitaux ainsi qu’en augmentant leur pouvoir de négociation face aux souscripteurs ».

L’intérêt du milieu universitaire et de l’industrie pour le forage des réseaux sociaux s’accélère depuis cinq ans. Ce qui a vu le jour comme un moyen peut-être utile de comprendre les interactions sociales et l’échange d’information s’est transformé en une discipline bien établie de recherche sur le pouvoir prédictif des médias sociaux et son application dans une foule de domaines. L’une des nouvelles tendances de la recherche sur les marchés de capitaux, par exemple, est d’étudier les liens entre les médias sociaux et l’évolution globale des marchés boursiers. « Mais la plupart des études empiriques sur la finance n’en sont pas encore rendues à l’étape de forer les données des médias sociaux », explique le professeur Saadi.

Ce n’est pas faute de s’intéresser aux médias sociaux ou par ignorance de leur pouvoir. En effet, le secteur des PAPE/marchés financiers reconnaît l’utilité prédictive de s’intéresser aux 645 millions d’utilisateurs de Twitter (en janvier 2012), aux 240 millions de gazouillis quotidiens et aux plus de 33 milliards d’éléments de contenu qui s’échangent chaque semaine sur Facebook. Non, ce que l’industrie n’a pas, c’est une mesure fiable de l’opinion des investisseurs. Mais la montée des réseaux sociaux et les percées en génie informatique commencent à faire poindre « une nouvelle frontière, dit le professeur Saadi, grâce à la mise au point d’évaluations évolutives et rapides fiables de l’opinion publique ».

Le professeur Saadi et son équipe proposent une nouvelle mesure de l’humeur des marchés dans la foulée de recherches récentes selon lesquelles les médias sociaux peuvent refléter fidèlement l’opinion publique. L’équipe de recherche tentera également de déterminer, question importante, si l’humeur des marchés influe sur les décisions d’investissement post-PAPE et sur le rendement des titres à long terme.

Les nouvelles technologies mettent de nouveaux ensembles de données à portée d’étude, ce qui ouvre aux chercheurs qui s’intéressent aux premiers appels publics à l’épargne de même qu’aux sociétés et aux investisseurs d’immenses avenues à explorer. Samir estime que le grand gagnant de ce dernier groupe pourrait être l’investisseur particulier. Lorsqu’une nouvelle société cotée en bourse déçoit à long terme, l’investisseur particulier a tendance à y perdre davantage au change que le grand investisseur, fait-il remarquer. Mais ledit investisseur particulier pourrait choisir d’investir dans les nouvelles entrées en bourse avec plus d’assurance en lisant dans les feuilles de thé de l’humeur des marchés.

© 2019 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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