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Par Rania Nasrallah-Massaad

Qianru Qi a récemment été recrutée comme professeure adjointe en finance à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa. Détentrice d’un doctorat de l’Université Purdue, elle a mené une carrière de recherche à l’Université de Fudan, à l’Université de New York et à l’Université Duke. Nous nous sommes entretenues avec elle pour en apprendre davantage sur ses intérêts pour la finance et l’innovation.

Pourquoi avoir choisi la recherche?

Lorsque je faisais ma maîtrise, en Allemagne, on m’a offert un assistanat de recherche à la Fraunhofer-Gesellschaft, la plus grande organisation de recherche en sciences appliquées du pays. J’ai participé à l’élaboration d’un logiciel de visualisation permettant de comparer virtuellement diverses stratégies de coupe d’un diamant. La première version permettait de visualiser un diamant d’un carat en 14 heures. Ça remonte à 15 ans, et les ordinateurs d’alors n’étaient pas très puissants. J’ai donc développé un nouvel algorithme qui réduisait le temps requis à 10 minutes. J’ai alors compris le véritable pouvoir de l’innovation, ce qui m’a donné l’irrépressible envie de trouver des solutions novatrices pour toujours faire avancer les choses et surmonter les défis, quels qu’ils soient.

Parlez-nous d’un aspect de votre travail que vous trouvez particulièrement stimulant.

Les traitements contre le cancer deviennent de plus en plus ciblés et personnalisés, et les médicaments, de plus en plus hors de prix. Certains peuvent coûter jusqu’à un million de dollars, ce qui oblige les patients à choisir entre leur santé et leurs conditions de vie. Une autre solution consiste à développer de nouvelles façons de prévenir le cancer. La biopsie liquide, une technique de prélèvement sanguin, est un bon exemple d’innovation en ce sens. Les patients n’auraient qu’à fournir un échantillon de sang à leur médecin chaque année pour permettre la détection et le traitement précoce d’un cancer, ce qui éviterait des conséquences graves. Le principal obstacle à la recherche dans ce cas, c’est que les scientifiques doivent suivre des gens en santé pendant de nombreuses années. L’établissement d’un ensemble de données coûte actuellement 1,5 milliard au gouvernement des États-Unis. Mon équipe et moi avons trouvé comment faire diminuer ce montant de 99 %.

Sur quel projet travaillez-vous en ce moment, et quelles en seront les retombées pour les entreprises canadiennes?

Nous prévoyons appliquer le cadre de financement mis au point pour réduire considérablement les coûts de recherche liée à la biopsie liquide à d’autres études réalisées ici, au Canada. Mes recherches actuelles en technologie financière (fintech) visent à rendre l’intelligence artificielle plus accessible. Pour être plus précise, tout le monde sait que les mégadonnées et l’intelligence artificielle peuvent aider à prendre de meilleures décisions d’affaires, mais ce n’est pas à la portée des petites entreprises. Le but est de développer des outils basés sur l’intelligence artificielle faciles à utiliser et adaptés aux besoins commerciaux et financiers. Ces outils offriraient les ressources nécessaires pour permettre aux entrepreneurs qui créent une petite entreprise de bien comprendre la concurrence dans leur environnement, aux régulateurs d’identifier rapidement les enjeux afin d’éviter la prochaine crise financière, et aux équipes de recherche de développer et de tester des théories qui transformeront les pratiques commerciales canadiennes.

© 2021 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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