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By Lidiane Cunha

Écart entre les sexes en ce qui concerne l’accès au capital financier

Pour lancer une petite entreprise et lui permettre de croître, les entrepreneurs ont besoin de capital financier. À travers le monde, les écarts entre les sexes en ce qui a trait à l’accès au capital nuisent à de nombreuses entreprises appartenant à des femmes. Alors que les gouvernements cherchent à réaliser les Objectifs de développement durable des Nations Unies, certains misent sur des politiques et des programmes pour accroître l’accès des entrepreneures au capital. En 2018, par exemple, le gouvernement du Canada a affecté 20 millions de dollars au Fonds pour les femmes en entrepreneuriat. En 2019, il a lancé la Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat, apportant un financement supplémentaire ciblé de 10 millions de dollars.

« Malgré l’augmentation du nombre de politiques et de programmes gouvernementaux centrés sur les femmes, nous savons peu de choses sur la façon dont ces politiques se traduisent dans les faits », indique Barbara Orser, professeure titulaire à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa. « De plus, les programmes relatifs aux petites entreprises et à l’innovation sont rarement scrutés du point de vue de l’égalité entre les sexes », ajoute-t-elle.

Afin de comprendre les liens entre les politiques et les pratiques gouvernementales, les professeures Orser, Susan Coleman de l’Université de Hartford, Collette Henry de l’Université de Dundalk ainsi que leurs coauteures ont étudié les politiques et les pratiques visant à accroître l’accès des entrepreneures au capital au Canada, en Allemagne, en Irlande, en Norvège et aux États-Unis. Les auteures font connaître leurs conclusions dans l’article intitulé « Policy Support for Women Entrepreneurs’ Access to Financial Capital: Evidence from Canada, Germany, Ireland, Norway, and the United States », publié dans le Journal of Small Business Management.

Voici un aperçu des résultats de l’étude :

  • La plupart des politiques centrées sur les femmes n’ont été établies qu’au cours des dernières années.
  • Ces politiques font la promotion des recommandations centrées sur l’éducation et la formation des entrepreneures.
  • Malheureusement, les résultats visés en matière d’égalité des sexes, d’équité ou d’émancipation économique des femmes figurent rarement dans les politiques centrées sur les femmes.
  • Il reste des incohérences entre les politiques visant les femmes en entrepreneuriat et le financement affecté aux programmes destinés aux petites entreprises.
  • Dans l’ensemble des pays étudiés, les politiques sans programmes et, de même, les programmes sans politiques sous-jacentes sont confrontés à un certain nombre de risques, comme les changements de gouvernement et l’élimination du financement.
La professeure Orser

« Notre étude montre que la plupart des politiques visant à accroître l’accès des femmes au capital en sont aux premières étapes de leur évolution, tout comme la recherche stratégique centrée sur les entreprises des femmes. Si nous ne saisissons pas bien les lacunes et les retombées des politiques, nous ratons des occasions d’orienter efficacement les investissements pour soutenir la croissance des entreprises des femmes. En raison du manque de données probantes, l’opportunisme politique risque de l’emporter sur l’accroissement de l’accès au capital d’un éventail d’entrepreneures. » 

Professeure Barbara Orser

À propos du Global Women’s Entrepreneurship Policy Research Group

L’étude fait partie des travaux du Global Women’s Entrepreneurship Policy Research Group, un réseau international de chercheuses chevronnées provenant de plus de 30 pays qui scrutent les politiques et les programmes visant les entreprises des femmes. Créé en 2014, le groupe cherche à cibler les politiques ou les pratiques fondées sur des données probantes qui appuient les activités entrepreneuriales des femmes. En échangeant des connaissances et des données sur les politiques afin de publier des ouvrages collectifs, le groupe ajoute de la valeur à la recherche existante en plus de soutenir la conception de politiques.

Des travaux de recherche aux retombées des politiques

La professeure Orser est membre de groupes de réflexion qui conseillent le G20, un forum international réunissant les gouvernements et les gouverneurs de la banque centrale de 19 pays et de l’Union européenne. Le 11 mars 2020, la professeure Orser a rencontré l’honorable Anita Anand – des ministres fédérales – dans le cadre de séances d’information organisées par Startup Canada.

Pour en savoir plus sur cette étude collective :

Coleman, C., C. Henry, B.J. Orser, L. Foss et F. Welter. 2018. « Policy support for women entrepreneurs’ access to financial capital: A comparative analysis of Canada, Germany, Ireland, Norway and the U.S. », Journal of Small Business Management.

© 2020 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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