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Un nouveau professeur : Suhaib Riaz

L’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa a récemment accueilli un nouveau professeur adjoint, Suhaib Riaz. Ce dernier cumule une dizaine d’années d’expérience en enseignement et en recherche. Nous avons interviewé le professeur Riaz pour en savoir plus au sujet de ses intérêts de recherche, qui portent sur les grands enjeux qui revêtent actuellement et revêtiront dans l’avenir une importance mondiale, comme les inégalités économiques. Le professeur s’intéresse aux impacts des pratiques organisationnelles et de gestion sur ces grands enjeux.

Pourquoi vous intéressez-vous aux grands enjeux?

Les grands enjeux sont des phénomènes à grande échelle qui ont souvent de profondes incidences sur la vie des gens. Prenons un exemple récent : en 2008, la crise financière mondiale a entraîné l’effondrement du marché immobilier, une flambée du taux de chômage, et bon nombre d’autres problèmes économiques et sociaux. Dans ce cas précis, le grand enjeu était le dysfonctionnement du système financier, que l’on considérait en grande partie comme allant de soi. Mais comment tout cela est-il arrivé?

Vous avez abordé le grand enjeu du dysfonctionnement du système financier dans plusieurs articles, notamment dans « Rhetoric of epistemic authority: Defending field positions during the financial crisis ». Pouvez-vous nous en parler davantage?

Mes travaux ont permis de lever le voile sur certaines lacunes du système. D’abord, j’ai étudié la façon dont le succès de grandes sociétés du milieu financier avait mené à l’acceptation incontestée et à l’absence de remise en question des règlements, des normes et de la culture à leur égard. À partir de là, je me suis intéressé à la façon dont certains professionnels de haut niveau ont utilisé stratégiquement une rhétorique pour se prévaloir d’une expertise et se poser comme des figures d’autorité dans le secteur, ce qui a sapé toutes les initiatives sérieuses de réforme du système.

Qu’est-ce qui vous a amené à étudier d’autres grands enjeux?

Pendant mes recherches sur les causes et les conséquences de la crise, le mouvement Occupy Wall Street commençait à faire parler de lui. Pour mieux comprendre leurs motivations, j’ai discuté avec des protestataires qui occupaient le Copley Square à Boston, et je me suis aperçu que certaines de leurs préoccupations coïncidaient avec mes intérêts. Ainsi, il est allé de soi que j’entreprenne d’explorer en profondeur les inégalités en tant que caractéristique essentielle du système socioéconomique. Ces aspects n’avaient jamais été abordés par d’autres chercheurs en gestion à l’époque.

Ces grands enjeux sont-ils interreliés?

Oui, bien sûr. On le constate facilement en étudiant comment l’endettement insoutenable (une pratique qui a joué un rôle central dans la crise financière) a été utilisé pour gommer les inégalités économiques sous-jacentes. Tant que la population pouvait continuer à consommer, ce n’était pas bien grave en apparence qu’il y ait des laissés pour compte en ce qui a trait au revenu et à la richesse. Cependant, dans les années qui ont suivi la crise, les angoisses liées aux inégalités, à l’insécurité économique et au manque de mobilité socioéconomique ont ouvert la porte aux populistes, qui ont exploité ces angoisses pour encourager la polarisation politique.

Qui bénéficiera de vos recherches sur les grands enjeux?

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Tout le monde est concerné. Je suis résolu à transmettre ces idées aux responsables des affaires publiques et aux professionnels du milieu. Ces grands enjeux interreliés — système financier dysfonctionnel, inégalités, polarisation politique — constituent une seule crise qui ne disparaîtra pas. Je continuerai à découvrir de nouveaux angles dans ma quête pour comprendre ces grands enjeux et des façons de les aborder.

 

© 2020 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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