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Une nouvelle professeure

L’École de gestion Telfer a récemment accueilli une nouvelle professeure agrégée, Hien Thu Tran. Nous l’avons interviewée pour en savoir plus sur ses travaux de recherche qui portent sur l’innovation et l’entrepreneuriat, en particulier dans les pays en transition.

Quels sont vos intérêts de recherche?

Mes travaux sont véritablement interdisciplinaires, puisque j’ai mené des études sur l’innovation, l’entrepreneuriat, la gestion et l’économie industrielle. Je m’intéresse surtout aux facteurs qui alimentent la survie, l’innovation et la prospérité des entreprises.

Dans votre article « Institutional quality and market selection in the transition to market economy » (Qualité institutionnelle et sélection du marché dans les pays en transition vers une économie libérale), paru récemment dans le prestigieux Journal of Business Venturing, vous vous penchez sur les facteurs externes qui façonnent les entreprises dans les pays en transition. Pourquoi vous intéressez-vous aux pays en transition?

Les pays dont il est question sont en transition entre une économie planifiée centralisée et une économie de marché. Au cours de ce processus, ils tendent à ouvrir leur marché, à promouvoir les entreprises internationales et à faire du commerce avec les autres pays. La plupart d’entre eux deviennent des marchés émergents. Nous avons peu étudié les pays en transition; c’est pourquoi ceux-ci offrent un contexte particulier et utile pour élargir nos connaissances au-delà ce que nous savons déjà au sujet des pays développés.

Sur le plan personnel, j’ai décidé d’étudier les pays en transition parce que je suis originaire du Vietnam, un pays qui a entamé sa transition à la fin des années 1980, mais qui n’est entré dans les marchés émergents qu’au début du XXIe siècle.

Qu’advient-il des jeunes entreprises des pays en transition?

J’ai observé une tendance fréquente : les jeunes entreprises dynamiques, innovatrices et productives, et dont les propriétaires ont une scolarité poussée, sont plus susceptibles d’échouer dans un pays en transition que dans une économie développée.

Dans une économie de libre marché, c’est la loi du plus fort qui s’applique. Ce n’est pas le cas dans les économies en transition, où d’autres facteurs peuvent bloquer même les nouvelles entreprises les plus solides. Ces dernières affichent un meilleur rendement et sont plus innovatrices que les sociétés qui sont sur le marché depuis un certain temps.

Pourquoi les nouvelles entreprises tendent-elles à se casser les dents dans ce contexte?

Dans mon étude, j’ai examiné plusieurs facteurs qui ont contribué à l’échec précoce de nouvelles entreprises. Il y a des forces institutionnelles qui empêchent les pays en transition d’adopter un système libéral et qui ne favorisent pas la croissance ni l’essor des nouvelles entreprises. Cette situation est peut-être attribuable au fait que les institutions ont des incidences négatives sur la capacité des entreprises à prospérer.

Quelles sont les difficultés auxquelles se butent les jeunes entreprises?

En étudiant la façon dont les institutions amènent parfois les jeunes entreprises dynamiques et innovatrices à disparaître, j’ai été en mesure de cerner une liste d’indicateurs qui ont des incidences sur les chances de succès ou les risques d’échec de ces entreprises.

Par exemple, si le système administratif d’un pays est corrompu, inefficace ou opaque, une jeune entreprise est plus susceptible d’échouer qu’une société établie, que cette dernière soit publique ou privée. Le coût d’entrée pour une nouvelle entreprise, l’orientation des politiques, la formation de la main-d’œuvre et la réglementation jouent également un rôle important pour encourager ou freiner la saine concurrence entre les entreprises nouvelles et établies.

Que conseillez-vous aux responsables des politiques?

Pour que les nouvelles entreprises puissent survivre et demeurer productives, les responsables des politiques doivent améliorer la transparence et l’efficacité des régimes administratif et juridique du pays. Ils doivent également veiller à ce que ces régimes s’appliquent équitablement à toutes les entreprises.


Pour en savoir plus sur les recherches de la professeure Tran sur le sujet, consultez son article complet ici.

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