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Des chercheurs de l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa ont utilisé des approches avancées de l’analytique pour concevoir un nouveau modèle d’optimisation. Leur modèle vise à soutenir les organismes en santé à mieux coordonner les services dont ont besoins les patients âgés  à la suite d’une période d’hospitalisation et qui sont offerts à travers différents organismes de santé et communautaires.

Problèmes de coordination auxquels sont confrontés les organismes de santé au Canada

En 2009, plus de 50 000 patients ont été hospitalisés plus longtemps que nécessaire en raison de problèmes dans l’organisation des soins post-hospitaliers. Ces retards dans l’octroi du congé de l’hôpital correspondaient à 16 % du nombre total de jours d’hospitalisation  dans les hôpitaux de l’Ontario. En 2013, ce nombre tombait à 14 % et il est resté à ce niveau depuis. Les difficultés à organiser les services post-hospitaliers et les retards ainsi engendrés font augmenter le taux d’occupation des lits d’hôpitaux, l’engorgement des salles d’urgence et l’annulation de chirurgies.

Ces retards peuvent également compromettre la qualité des soins prodigués aux patients âgés lorsque ceux-ci n’ont plus besoin de soins hospitaliers et qu’ils devraient être transférés à leur domicile, dans une résidence ou dans un établissement de soins de longue durée. Toutefois, il est courant que ces patients restent à l’hôpital et continuent d’occuper inutilement un lit d’hôpital.

« Au Canada, les problèmes de coordination des services post-hospitaliers destinés à ce groupe de patients sont devenus un problème majeur et un obstacle à la gestion efficace des soins de santé », explique Jonathan Patrick, professeur titulaire à l’École Telfer.

Cependant, construire un plan d’intervention qui intègre l’ensemble des services de santé et  communautaires dont requiert un patient est plus difficile à faire qu’on peut le penser. En effet, toute augmentation de la demande d’un service peut entraîner une variation imprévue de la demande d’un autre. Considérant qu’il est crucial d’aborder cette problématique de façon intégrée, comment les différents organismes de santé et communautaires qui offrent des services de santé peuvent-ils mieux coordonner les soins aux patients âgés ?

Un nouvel outil pour les organismes de santé

Le Pr Patrick ainsi que Hadi Mohammadi Bidhandi, Pedram Noghani et Peyman Varshoei, membres de l’équipe de chercheurs de l’École Telfer, ont eu recours à l’analytique pour résoudre ce problème. L’équipe a développé un nouveau modèle d’optimisation qui permet non seulement de prédire la variation des temps d’attente d’un service de soins communautaires à un autre, mais aussi d’établir un plan de coordination optimisée qui aidera les organismes à atteindre leurs objectifs de rendement. Les chercheurs ont récemment publié leurs résultats de recherche, « Capacity planning for a network of community health services », dans l’European Journal of Operational Research.

« Notre modèle tient compte de la nature intégrée des différents services de soins offerts dans la communauté et il répartit la capacité à l’échelle du réseau afin d’assurer un meilleur accès aux soins appropriés au moment approprié », poursuit le Pr Patrick.

Les chercheurs ont testé leur nouveau modèle à l’aide de données d’une période de trois ans obtenues auprès du Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain, puis validé les résultats au moyen d’une simulation de services de soins communautaires :

« Les résultats de la simulation proposent un cadre très réaliste et aideront un jour les gestionnaires à adopter la nouvelle configuration », explique à son tour M. Varshoei, coauteur de l’article et étudiant au doctorat à l’École Telfer.

Incidence : aider les organismes de santé à améliorer les soins aux patients

Mettre en œuvre un nouveau modèle n’est pas facile, les chercheurs le comprennent très bien. Ça exigerait des changements spectaculaires à la façon dont les organismes de santé gèrent et planifient leurs activités. Néanmoins, le Pr Patrick insiste sur le fait que le modèle présente des avantages non négligeables.

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« Si on pouvait faire table rase, repartir à zéro et créer un système qui renforce la coordination des services en fonction de la circulation réelle des patients dans le réseau de la santé, nos travaux indiquent que des investissements dans les services communautaires permettraient de répondre à la demande de soins tout en réduisant le nombre de lits. Ainsi on aurait des soins de meilleure qualité à moindre coût, et ceci profiterait à la fois aux patients et aux organismes de santé », conclut le Pr Patrick.

Réflexions novatrices de l'École de Gestion Telfer

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