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Par Lidiane Cunha

Une évolution des placements dans un important marché de produits de base au Canada et dans le monde

Le pétrole est l’un des produits de base qui fait l’objet du plus grand nombre d’échanges internationaux, et c’est la marchandise la plus exportée par le Canada. « C’est d’ailleurs dans le secteur pétrolier qu’on observe la plus forte proportion de placements indiciels sur les marchés des produits de base », explique Fabio Moneta, professeur agrégé à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa.

Pour comprendre l’impact des placements indiciels dans le marché pétrolier, il faut d’abord s’intéresser à deux stratégies de placement : la gestion active et la gestion passive. La gestion d’un portefeuille est considérée comme étant active lorsque l’investisseur achète et vend des fonds pour réaliser des rendements supérieurs au rendement moyen du marché, par exemple celui d’indices de référence comme le TSX, le S&P 500 et le Dow Jones. Dans une stratégie de gestion passive, l’investisseur se contente de suivre le rendement d’un indice de référence.

La gestion passive est devenue une stratégie populaire au fil des ans, représentant 37 % des actifs des fonds communs de placement (FCP) et des fonds négociés en bourse (FNB) aux États-Unis en 2017, contre seulement 3 % en 1995. Les investisseurs qui achètent, vendent et négocient des fonds d’hydrocarbures et d’autres produits de base ne semblent pas échapper à cette tendance. Ils se fient de plus en plus aux indices de référence dans leurs opérations boursières. « Le premier FNB de produits de base a été lancé en 2004, mais les investisseurs ont maintenant accès à plus de 90 fonds du genre », ajoute le professeur Moneta.

Compte tenu des coûts associés à l’entreposage physique des marchandises, ces FNB n’achètent pas directement des actifs. Ils négocient plutôt des contrats à terme, un marché qui a vu le jour à Chicago en 1864. Il s’agit de contrats standardisés d’achat ou de vente d’un bien à un prix et à une échéance fixés d’avance. Les contrats à terme jouent un rôle important sur le marché des produits de base, en permettant notamment aux producteurs et aux consommateurs de produits de base de réduire le risque de fluctuation des prix en vue d’une opération à venir.

En quoi consiste le projet?

Les nouvelles pratiques dont il est question ici représentent une percée majeure sur le plan économique. Elles contribuent à accroître le capital financier investi dans les produits de base, un processus que les chercheurs et les experts de la finance appellent la « financiarisation des produits de base ». Mais quelles sont les répercussions de ce phénomène sur les marchés des produits de base comme celui du pétrole?

C’est l’une des grandes questions au cœur du projet de recherche du professeur Moneta, qui se penchera sur l’influence de la gestion passive et de la financiarisation sur les marchés à terme du pétrole et d’autres produits de base. Pour mener ces travaux, le chercheur a reçu une subvention de développement Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines.

Titre du projet: Oil Investing and the Financialization of Commodities

À qui profitera cette étude?

Ce projet sera utile aux investisseurs, aux financiers et aux organismes de réglementation du marché. Les découvertes du professeur Moneta pourraient aussi servir aux producteurs et aux consommateurs de produits de base. Enfin, une meilleure connaissance des pratiques de placement sur le marché pétrolier pourrait revêtir une grande importance pour la population canadienne :

« En ce moment, le Canada est fortement tributaire des marchés des produits de base, surtout de celui du pétrole. Ces nouveaux phénomènes financiers doivent être décortiqués, car leurs effets se font sentir sur l’économie canadienne. »

Le professeur Moneta se propose par ailleurs de répondre à d’autres questions importantes liées à son sujet de recherche. « Les marchés à terme contribuent à fixer les prix et envoient des signaux de prix concernant la demande et l’offre globales de produits de base », précise le chercheur. Les investisseurs et les experts financiers utilisent ces estimations pour prendre d’importantes décisions de placement qui se répercutent sur les marchés. « Il est donc crucial d’examiner la financiarisation des produits de base et les autres forces non fondamentales qui agissent sur les marchés à terme », conclut-il.


Renseignez-vous sur les subventions de développement Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines.

© 2020 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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