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Selon une étude récente de l’École de gestion Telfer, des conseils d’administration bien réseautés et influents peuvent aider les entreprises à relever les grands défis mondiaux. Une diplômée de l’École souligne que l’information et l’influence sont des atouts précieux des conseils d’administration, mais que la diversité des compétences et des expériences de leurs membres n’est pas à négliger.

La responsabilité sociale et la gouvernance des entreprises

De nos jours, les entreprises sont tenues d’afficher des résultats financiers spectaculaires. Et nombreuses sont celles qui cherchent à mieux traiter leurs effectifs, à être plus écologiques ou à faire le bien dans leur collectivité. C’est dans de telles approches à long terme que s’incarne la « responsabilité sociale des entreprises » (RSE).

En quoi les conseils d’administration aident-ils les cadres à affirmer la responsabilité sociale des entreprises? Lamia Chourou, professeure agrégée à l’École de gestion Telfer, s’est récemment penchée sur la question. Son étude suggère que l’aptitude des membres de conseils d’administration à améliorer la RSE dépend de leur influence et de leur réseau.

Souvent, les entreprises nommeront des administratrices ou administrateurs sans attache qui siègent à plus d’un conseil, parce que ces personnes jouissent d’une solide réputation et de ressources exceptionnelles. Ainsi, l’étude a révélé qu’un conseil d’administration influent et bien réseauté serait plus habilité à apporter son soutien stratégique aux équipes de direction, et, ainsi, à influencer positivement les résultats financiers des entreprises. Mais en va-t-il de même pour la responsabilité sociale? La question mérite d’être fouillée.

Un conseil branché pour un impact social accru

La professeure Chourou et ses collaborateurs internationaux ont cherché à établir si les contacts des membres de conseils d’administration ont des répercussions positives sur la responsabilité sociale des entreprises. Dans cet esprit, on a voulu savoir comment 2 820 entreprises américaines cotées en bourse ont abordé les grands enjeux de nos sociétés de 2002 et 2013 en prenant soin de leurs effectifs, en appliquant leurs normes de qualité et en réduisant leur impact environnemental.

Le travail de l’équipe a permis d’établir que les conseils ayant accès aux ressources d’un réseau d’administratrices et d’administrateurs profitent de perspectives inestimables et en tirent une saine RSE. Ces ressources leur confèrent en outre de l’influence auprès des équipes de direction et amènent une meilleure conciliation de la mission première de l’entreprise avec l’adoption d’initiatives en faveur de la responsabilité sociale.

« Par leurs contacts, les membres de conseils peuvent se donner un avantage informationnel permettant une meilleure harmonisation stratégique des priorités, des objectifs et de l’approche, en vue de servir l’intérêt commun », explique la professeure Chourou.

Selon Tanya Gracie, titulaire d’un MBA pour cadres (2017) de l’École de gestion Telfer et directrice de la stratégie de Central 1 Credit Union, en s’intéressant aux « conseils bien réseautés », il faut aussi se poser la question suivante : « La recherche et la nomination de membres influents et bien entourés dans les conseils d’administration favorisent-elles à la fois l’atteinte d’objectifs commerciaux et la responsabilité sociale? »

Une diversité incontournable

L’étude de Lamia Chourou porte à conclure que la diversité des contacts de membres de conseils peut faciliter l’échange d’information et aider les cadres à concrétiser l’engagement social toujours plus attendu des entreprises. En fait, l’équipe de recherche a découvert que les profils suivants peuvent grandement favoriser l’adoption de pratiques socialement responsables dans certains secteurs :

  • membre de conseil indépendant de l’une des 25 sociétés américaines au meilleur bilan philanthropique;
  • administratrice indépendante au sein d’autres sociétés;
  • membre de conseil indépendant au sein d’une industrie non polluante;
  • membre de conseil indépendant dans un secteur syndiqué;
  • membre de conseil indépendant dans un secteur très actif en recherche et développement.

L’avantage informationnel et l’influence sont précieux, mais il ne s’agit pas là des seuls catalyseurs de changement dans le monde des affaires canadien. Tanya Gracie rappelle que la diversité des expériences et des compétences entre aussi en ligne de compte. « Les conseils d’administration doivent regrouper des personnes issues d’horizons variés et possédant des bagages diversifiés, qui, collectivement, ont une vision globale de l’organisation », précise-t-elle.

Le conseil d’administration de la Commission de la capitale nationale, dont fait partie Tanya Gracie, a été formé dans le cadre du processus de nomination par le gouverneur en conseil. Ce processus a fait l’objet d’une actualisation en 2016, de façon à être plus ouvert, transparent et fondé sur le mérite. Selon Tanya Gracie, « les pratiques de bonne gouvernance sont en constante évolution. De nos jours, nombreuses sont les organisations qui recourent à de nouveaux outils et procédés pour accroître la diversité des conseils d’administration, ce qui rejaillit sur leur stratégie, leur gestion du risque et leur rendement, mais aussi sur leur engagement social. »

Recommandations pratiques aux entreprises

Tanya Gracie entrevoit une belle évolution en matière de respect de l’environnement, de responsabilité sociale et de gouvernance des entreprises; elle propose néanmoins quelques orientations en ce sens :

  • Dans les processus de nomination et d’élection des membres des conseils d’administration, accorder une importance égale aux compétences en matière de responsabilité sociale et à celles s’appliquant aux aspects financier, juridique et technologique.
  • Intégrer à la formation des conseils et de leurs membres la question de la responsabilité sociale des entreprises.
  • Offrir aux administratrices et administrateurs des possibilités de formation sur la diversification de leur réseau. Certains programmes, par exemple, encouragent le réseautage avec des personnes cumulant une expérience variable au sein de conseils d’entreprises et de secteurs différents.
  • Voir à évaluer, chez les membres de conseils et chefs de direction, la compréhension générale des initiatives en matière RSE – et l’importance qu’ils y accordent. Jauger par ailleurs l’engagement de l’entreprise à l’égard de telles initiatives et les résultats obtenus en ce sens.

Pour en savoir plus sur l’étude, lisez l’article complet (en anglais) :

Amin, A., Chourou, L., Kamal, S., Malik, M. et Zhao, Y. 2020. It’s who you know that counts: Board connectedness and CSR performance. Journal of Corporate Finance, 64.

Professeure Chourou

Lamia Chourou est professeure agrégée et Boursière CPA Ontario en comptabilité à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent sur les marchés financiers et plus particulièrement sur la divulgation de renseignements par les sociétés, la qualité des rapports financiers et les prévisions des analystes.

Tanya Grace

Tanya Gracie, (EMBA '17) est directrice de la stratégie de Central 1 Credit Union.

© 2021 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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