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Samir Saadi De nos jours, des niveaux de sophistication et de complexité élevés sont de mise pour la finance d'entreprise. Or, les cadres considèrent souvent les outils des experts en finance du monde universitaire comme étant « trop complexes » ou « trop difficiles à mettre en œuvre par une entreprise ». Selon Samir Saadi, professeur adjoint de finance à l'École de gestion Telfer, en raison de cet indéniable écart, il importe maintenant plus que jamais que les chercheurs transmettent les connaissances d'une manière « pragmatique » pour l'industrie. « Lorsque les outils de finances utilisés en contexte universitaire sont laissés de côté en raison de leur manque de pertinence pour l'industrie, il en résulte souvent des occasions manquées de tirer profit d'innovations potentiellement utiles, puisqu'il existe un lien réel entre les enseignements tirés de la recherche, les apprentissages des étudiants en classe et les connaissances et les compétences dont les professionnels des finances se serviront dans l'exercice de leurs fonctions. »

Ancien chercheur invité à la Stern School of Business, New York University et à l'INSEAD, en France, Samir Saadi mène des recherches sur des sujets axés sur les finances d'entreprise tels que les fusions et les acquisitions, le choix des investissements, la politique relative aux dividendes et les PAPE, et se penche sur la façon dont ces domaines chevauchent la gouvernance des entreprises et l'éthique en affaires. Titulaire d’un doctorat en finance de l'Université Queen’s en 2012, il a enseigné à l'Université Queen's, au Collège militaire royal et à l'Institut universitaire de technologie de l'Ontario. Il a également agi à titre d'expert-conseil pour plusieurs entreprises. Pour M. Saadi, qui a obtenu son MBA à l'École de gestion Telfer et qui a travaillé au sein de celle-ci à titre d'associé en recherche, son entrée en fonction en juillet de cette année est un peu comme un retour en bercail.

En donnant des cours en finances qui s'inscrivent dans les programmes de MBA et de MBA pour cadres pendant la session d'hiver, M. Saadi mettra en relief la façon dont la recherche en finances peut améliorer la pratique. Au sujet des défis que pose le transfert de connaissances, M. Saadi déclare qu'il a fallu des décennies pour que l'industrie adopte l'utilisation de la « valeur actualisée nette » et pour que la technique devienne routine dans l'analyse des projets de choix des investissements. Il semblerait que les cadres hésitent tout autant à adopter les plus récentes méthodes d'analyse financière (p. ex. analyse par les options réelles [AOR]), en dépit l'attention accordée à ces dernières.

M. Saadi explique que les « options réelles » désignent les possibilités qui émergent une fois qu'une entreprise lance un projet, par exemple l'option d'accroître ou l'option de reporter un investissement, options qui ne peuvent être reflétées dans une analyse financière normalisée. L'AOR peut contribuer à surmonter ces limites et, ainsi, à faire une évaluation plus exacte. Cette approche « permet aux entreprises de composer avec des niveaux élevés d'incertitude au sujet du potentiel de hausse ou du risque de perte d'un investissement, offrant ainsi un niveau élevé de flexibilité ».

Ce n'est pas la conception ou la fonctionnalité de la technique qui empêche les entreprises de l'utiliser, mais le manque de connaissances. À titre de coauteur, M. Saadi a rédigé une étude des points de vue des dirigeants concernant les options réelles dans un grand échantillon d'entreprises canadiennes. Cette étude a révélé que seulement 36 des 214 répondants (16,8 %) ont déclaré utiliser ces options. Il ajoute que les résultats de l'étude, qui ont souvent été cités dans des manuels financiers depuis la publication de l'étude en 2011, mettent en évidence un domaine parmi plusieurs dans lequel il faut plus d'expertise – « non seulement de la part des analystes financiers, mais également de la part des cadres supérieurs ».

M. Saadi rappelle à ses étudiants des programmes MBA et MBA pour cadres que, comme avec toute technique, il peut y avoir des raisons valables d'utiliser ou non une approche axée sur les options réelles dans un cas particulier. « Cependant, lorsque vous ne connaissez pas les outils, lorsque vous ne tenez pas compte de cette approche chaque fois que vous analysez des projets, vous ne pouvez pas pleinement saisir toutes les possibilités qui découlent de ces choix. »

© 2019 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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