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Par Lidiane Cunha

François-Éric Racicot et William F. Rentz, professeurs à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa, ont corédigé l’article « Testing the new Fama and French factors with illiquidity: A panel data investigation », publié dans Finance. Leur article a été sélectionné pour recevoir un prix universitaire décerné par l’Association française des investisseurs institutionnels en décembre 2019. Les auteurs ont discuté de leurs idées avec Instit Invest, un magazine ciblant les investisseurs institutionnels en France. Nous avons rencontré les professeurs Racicot et Rentz pour en apprendre davantage sur les répercussions concrètes de leur étude.

Qu’est-ce que le modèle à cinq facteurs de Fama et French ?

En 1992, les professeurs Eugene Fama et Kenneth French de l’Université de Chicago ont élaboré un modèle d’évaluation des actifs financiers afin de décrire les rendements de portefeuille. Connu sous le nom de Modèle à trois facteurs de Fama et French, cet outil employait trois différents facteurs : la prime du risque du marché, la capitalisation boursière et le ratio valeur comptable/valeur de marché. Leur outil pouvait expliquer jusqu’à 95 % des rendements, alors que le modèle classique d’évaluation des actifs financiers en expliquait environ 70 %. Vingt-deux ans plus tard, Fama et French ont de nouveau adapté leur modèle en ajoutant deux nouveaux facteurs : la rentabilité et l’investissement.

Qu’apporte le nouveau modèle de Fama et French aux investisseurs ?

Étonnamment, le modèle à cinq facteurs de Fama et French suggère que les rendements les plus élevés peuvent provenir de petites entreprises de grande valeur et rentables qui n’investissent pas dans des initiatives de croissance coûteuses. Pourquoi ? Les entreprises dont la politique de placement est prudente sont plus susceptibles de générer des rendements supérieurs à long terme. En revanche, les entreprises qui sont plus dynamiques en matière d’investissements et qui prennent des risques dans de grands projets sont susceptibles de subir des pertes en bourse.

En quoi votre recherche améliore-t-elle le modèle de Fama et French ?

Nous avons testé ces cinq facteurs à l’aide d’un algorithme conçu par le professeur Racicot dans une étude antérieure. Nous avons ensuite décidé de diviser nos données en deux échantillons : des informations sur le marché avant et pendant la crise de 2007-2009. Enfin, nous avons intégré un nouveau facteur avant d’exécuter notre analyse, soit le manque de liquidités (aussi appelé l’illiquidité). Le manque de liquidités renvoie aux actions, aux obligations ou aux autres actifs qui ne peuvent pas être facilement achetés ou vendus sans perte substantielle de valeur. Nous avons décidé d’intégrer ce facteur, car nous nous attendions à ce que le manque de liquidités se démarque en période de croissance économique. Nos résultats ont étonnamment démontré que le manque de liquidités prenait plus d’importance en période de ralentissement économique. Ainsi, en ajoutant le manque de liquidités au modèle de Fama et French, nous pouvons mieux expliquer les rendements de portefeuille au cours d’une crise économique.

Que nous apprennent vos recherches sur les marchés mondiaux ?

Notre modèle peut expliquer les rendements de portefeuille sur des marchés diversifiés comme le marché américain. Cependant, lorsqu’il s’agit de marchés moins diversifiés, comme le marché canadien, nos résultats pourraient ne pas fonctionner. Nous travaillons actuellement sur une extension de ce cadre afin de pouvoir répondre aux questions concernant d’autres marchés.

D’après votre connaissance du sujet, quelles sont vos recommandations aux investisseurs et aux institutions financières du Canada ?

  • L’économie canadienne compte moins d’industries que les secteurs industriels américains étudiés dans le modèle de Fama et French; par conséquent, l’expansion au-delà des investissements canadiens peut accroître la diversification.
  • Les investisseurs institutionnels (p. ex., les fonds de retraite et de dotation) du Canada sont généralement exposés aux investissements intérieurs, mais peuvent être davantage exposés aux actions américaines.
  • Les investissements dans d’autres marchés deviennent de plus en plus importants et peuvent être utiles afin d’améliorer les rendements des investisseurs institutionnels.
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François-Éric Racicot est professeur titulaire à l’École de gestion Telfer. Apprenez-en davantage sur ses travaux.

Professeur Rentz

William F. Rentz est professeur adjoint à l’École de gestion Telfer. Apprenez-en davantage sur ses travaux.

Pour de plus amples renseignements sur cette étude :

Racicot, F.E., W.F. Rentz et R. Théoret. 2019. « Testing the new Fama and French factors with illiquidity: A panel data investigation », Finance, vol. 39, no 3, pp. 45-102.

© 2020 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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