Passer au contenu principal
 
 
 
 

À quel moment les entreprises à capital fermé choisissent-elles d’adopter de nouvelles normes comptables? C’est la question que posaient récemment les professeurs Sylvain Durocher, de l’École Telfer, et Anne Fortin, de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG UQAM), dans une étude récente publiée dans l’Australian Accounting Review. Ils ont découvert à l’issue d’un sondage auprès de directeurs financiers d’entreprises canadiennes que les considérations de type coûts-bénéfices n’interviennent qu’en partie dans le choix du moment.

Contexte de l’étude

« Il est intéressant de se demander ce qui incite les entreprises à capital fermé à choisir d’adopter tôt ou le plus tard possible de telles normes compte tenu du fait que de nombreux pays songent à adopter un nouveau cadre comptable pour les entreprises à capital fermé », fait remarquer Sylvain Durocher, membre du groupe de comptabilité de l’École Telfer. On sait peu de choses sur la façon dont les entreprises à capital fermé décident de leurs conventions comptables et encore moins de la façon dont elles décident du moment d’adopter de  nouvelles normes comptables. « On peut cependant examiner la situation canadienne marquée par l’entrée en vigueur en 2011 des nouvelles Normes comptables pour les entreprises à capital fermé (NCECF), qui pouvaient être adoptées dès 2009. »

Sylvain Durocher mentionne que les utilisateurs des états financiers (principalement les prêteurs et les investisseurs en capital de risque dans le cas des entreprises à capital fermé) doivent composer avec de l’information financière non comparable en période de transition. Il leur serait donc utile, tout comme aux gestionnaires d’entreprises à capital fermé et aux normalisateurs comptables, d’avoir des données sur le comportement des entreprises en ce qui a trait à l’adoption de nouvelles normes comptables.

Accélérer ou différer?

L’étude révèle que les considérations coûts-avantages telles que les répercussions prévues sur les bénéfices et sur le niveau d’endettement ne sont pas les seuls facteurs dont tiennent compte les directeurs financiers dans leur choix du moment pour adopter de nouvelles normes. La notion de « perception de contrôle du comportement » intervient également. Par exemple, les gestionnaires qui connaissent bien les NCECF semblent choisir l’adoption tardive. Mais quand leurs entreprises adoptent généralement tôt les normes nouvellement promulguées, ils semblent opter pour une adoption précoce. L’ancienneté des gestionnaires, et l’existence au sein de l’entreprise de groupes de travail pour discuter de changements aux normes comptables sont aussi des facteurs propices à l’adoption précoce de celles-ci. À l’inverse, les gestionnaires semblent en différer l’adoption s’ils comptent appliquer l’exemption relative à l’évaluation à la juste valeur des immobilisations ou travaillent pour de plus grandes sociétés.

Il ressort également des résultats que les gestionnaires semblent se fier aux conseils du professionnel comptable externe en matière d’adoption des NCECF. Les discussions entre pairs dans les réseaux d’entreprises ou professionnels et les perceptions de l’industrie et du banquier sont aussi d’importants facteurs. Il y a également un lien entre la présence d’importantes opérations à l’étranger et la décision des gestionnaires de retarder l’adoption de nouvelles normes.

Il est fait mention de conséquences pratiques. Les normalisateurs comptables pourraient chercher à réaliser des essais sur le terrain avec des entreprises à capital fermé afin d’aider les entreprises à évaluer l’impact des normes proposées. Les gestionnaires d’entreprises à capital fermé pourraient élaborer des systèmes de collecte d’information sur les normes nouvellement promulguées (y compris leurs coûts et leurs avantages pour l’entreprise).

« Ce que les prêteurs et investisseurs en capital de risque peuvent retenir, c’est que l’adoption précoce est liée à une perception positive de l’impact sur les états financiers, ce qui pourrait être pris en compte dans la décision d’investissement. »

© 2019 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
Politiques  |  Urgences

alert icon
uoAlert