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Par Rania Nasrallah-Massaad

La pandémie de COVID-19 nous a notamment fait réaliser la faiblesse de nos chaînes d’approvisionnement en cas de crise. La fermeture des frontières et l’incertitude financière a compliqué la tâche des gouvernements qui cherchaient à s’approvisionner en nourriture et en autres produits de première nécessité. Personne n’oubliera la panique initiale qui a engendré une pénurie de papier hygiénique, entraînant des expéditions dignes des ruées vers l’or du 19e siècle dans les Costco, Walmart et autres grandes surfaces. Dès le début du premier confinement, les publications et les mèmes montrant d’impressionnantes réserves de papier hygiénique – ou des solutions de rechange créatives – sont devenus viraux. Cette image illustre bien notre sentiment d’impuissance. La vue des tablettes d’épicerie vides était terrifiante, d’autant que nous n’avions aucune idée de la suite : une véritable vision apocalyptique.

Cette pandémie arrive en pleine crise climatique mondiale, laquelle met en péril notre sécurité alimentaire, entre autres choses. En raison du changement climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplient, ce qui fragilise les chaînes d’approvisionnement et entraîne des défis socioéconomiques considérables. On peut lire sur le site des Nations unies que « l’urgence climatique est une course […] que l’on peut encore gagner [à condition de] transformer nos sociétés en profondeur – changer notre manière de produire des denrées alimentaires, d’utiliser les terres, de transporter les biens et de faire tourner notre économie. » Or, c’est en nous penchant sur les fragilités exposées par les crises passées que nous pourrons augmenter la résilience de notre chaîne d’approvisionnement et aider les entreprises et les gouvernements à réagir et à se relever en cas de catastrophe, y compris lors des phénomènes météorologiques extrêmes.

En quoi consiste le projet de recherche?

La professeure Sara Hajmohammad a reçu une Subvention Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines pour étudier la façon d’accroître la résilience d’une chaîne d’approvisionnement en prévision d’éventuels phénomènes météorologiques extrêmes. Elle examinera les faiblesses révélées par les crises antérieures pour élaborer un modèle visant à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement. Ses recherches porteront sur divers maillons du système, des fournisseurs aux consommateurs en passant par les opérations des entreprises.

Titre du projet : Accroître la résilience des chaînes d’approvisionnement face aux phénomènes météorologiques extrêmes

Lorsqu’on lui demande ce qui l’interpelle dans ce projet, la scientifique répond : «  je m’intéresse à la résilience des chaînes d’approvisionnement depuis une décennie. Bien que le changement climatique semble inévitable, les entreprises et leurs chaînes d’approvisionnement ne sont pas prêtes à composer avec les conséquences socioéconomiques complexes qui en découlent. La pandémie a mis au jour leur absence de préoccupation et de préparation ainsi que leurs réactions improvisées face à des événements aussi inédits. Les leçons apprises de la COVID-19 étant encore fraîches à leur esprit, le moment me semble idéal pour que les gestionnaires revoient la résilience de leurs activités et de leurs processus d’approvisionnements. Ce projet porte particulièrement sur les chaînes d’approvisionnement alimentaire, essentielles à la société et très susceptibles d’être affectées par les phénomènes météorologiques extrêmes. Les résultats seront cependant généralisables et applicables à d’autres contextes ».

Qui bénéficiera de ce projet de recherche?

Ces travaux mettront en lumière des façons pour les entreprises de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement et de minimiser les conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes en améliorant leur capacité à se préparer, à réagir et à se relever. Le savoir généré aussi de nouvelles perspectives de recherche sur la résilience de chaînes d’approvisionnement face à des événements hautement imprévisibles, qu’il s’agisse de phénomènes météorologiques extrêmes ou encore de pandémies. Ces nouvelles connaissances aideront également le secteur alimentaire et d’autres secteurs à comprendre la menace qui pèse sur leurs chaînes d’approvisionnements en raison du changement climatique et à transformer leurs pratiques en conséquence. Enfin, les modèles développés pourront servir à la mise en place par les organisations et les décisionnaires de nouvelles réglementations et de mesures incitatives visant à accroître la résilience collective.


Sara Hajmohammad

 

Sara Hajmohammad est professeure agrégée en gestion des opérations et des projets à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa depuis juillet 2019. Auparavant, elle était professeure en gestion de la chaîne d’approvisionnement à l’Asper School of Business de l’Université du Manitoba.  En savoir plus sur son travail.

© 2021 École de gestion Telfer, Université d'Ottawa
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